mardi , 13 avril 2021

Fondio Ibrahim, Directeur de l’IMEEC : « Nous sommes les meilleurs en comptabilité »

Situé dans le quartier résidentiel Kipé, commune de Ratoma, l’Institut de Management d’Études  Économiques et Comptables (IMEEC) propose des cours de comptabilité et gestion. Avec un taux d’insertion des diplômés avoisinant 85%, les dirigeants de cet Institut l’affirment haut et for : « Nous sommes en position de force ». Le secret de cette réussite, selon les décideurs de l’IMEEC, se trouve dans le travail, la rigueur, le sérieux, le tout adossé à un cadre de travail idéal et un système d’enseignement parfaitement adapté au contexte africain. Kaloumpresse.com a rencontré le directeur de l’IMEEC Fondio Ibrahim. Entretien.

Kaloumpresse.com : Qu’est ce qui a motivé l’ouverture de l’IMEEC en Guinée ?

Fondio Ibrahim : Nous sommes partis d’un constat. On s’est rendu compte que très peu d’universités ou même d’écoles professionnelles offraient une formation de qualité aux étudiants. Nous avons la chance d’être chapeauté par un expert comptable qui lui, recrute des jeunes sortants d’universités et de grandes écoles. Quand les gens viennent, ils se rendent compte que le niveau ne répond pas aux attentes. Mieux que ça, il y a eu entre 2006 et 2007 beaucoup d’entreprises en Guinée qui recrutaient des jeunes, surtout des gestionnaires. Il se trouvait que sur place, on ne pouvait pas trouver mieux. Ceux qu’on recrutait avaient séjourné en Europe, au Maroc etc. On a donc voulu se positionner de telle sorte qu’on puisse offrir une formation de qualité.

Dites-nous, l’IMEEC a été crée en quelle année ?

On a ouvert l’IMEEC en 2007 pour faire profiter aux jeunes qui s’y inscrivaient une formation de qualité adaptée aux réalités actuelles. Au départ, nous avons dit qu’on va ouvrir un Institut qui est reconnu à l’international. C’est dans ce sens que nous avons ouvert INTEC. Nous sommes le représentant de l’INTEC en Guinée. C’est un Institut français. Le plus  grand centre de comptabilité en matière de formation dans le monde francophone. Il est existe dans plusieurs pays africains dont la Guinée, le Sénégal, le Mali, la Côte d’Ivoire et ailleurs. Nous faisons partie de ce réseau. INTEC offre des cours d’enseignement à distance et pour ceux qui préparent le diplôme d’expertise comptable. Les étudiants s’y inscrivent, mais les examens se  font dans les centres associés et les copies sont corrigées à Paris et on ramène les résultats.

 

Comment les concours se déroulent-ils ?

Dans les centres on est juste un intermédiaire entre Paris et les étudiants inscrits. On fait des appuis en terme de cours, puisqu’on reçoit tous les supports de cours. On leur fait le suivi pour la protection de leur examen. Mais, c’est chapeauté par l’Ambassade de France. Le sujet arrive de Paris et c’est l’ambassadeur de France qui les conserve jusqu’à la veille des examens et les sujets sont mis à notre disposition. Les surveillants de ces examens ne sont pas les professeurs de cet institut. C’est chapeauté par  le lycée français Albert Camus et quelques autres lycées tels que le lycée Sainte Marie qui nous prête main forte pour qu’on puisse avoir un examen assez crédible en termes d’évaluation des étudiants. Ça c’est l’aspect INTEC.

Revenons à l’IMEEC dont vous êtes le Directeur. Qu’est-ce-qui le différencie des autres centres de formation en Guinée ?

Nous avons crée l’IMEEC sur l’inspiration de INTEC. Mais adapté au contexte africain et guinéen. Ceci permet aux étudiants d’être dotés de diplômes  guinéens qui a une certaine valeur, une certaine côte.  On est resté sur un principe qui est jusqu’aujourd’hui appliqué. C’est la qualité. On voudrait faire de l’IMEEC une université moderne. On ne voudrait pas avoir des étudiants qui vont douter des diplômes IMEEC, sachant qu’ils n’ont pas le niveau.
Donc, on fait un vrai filtrage en termes de passage d’une année à une autre. C’est pourquoi lorsque je vous donne les chiffres des sortants, ça va vous sembler un peu bizarre. Il y a un filtrage qui se fait afin de permettre à ces jeunes, non pas de posséder un diplôme, mais de posséder une connaissance. Et comme on le dit souvent chez nous, le diplôme est une conséquence, ce n’est pas un objectif. L’objectif pour nous, c’est la qualité et la formation.

Votre système en place donne-t-il des résultats probants ?

Oui. A titre illustratif, on a un taux d’insertion de nos diplômés qui est de l’ordre de 85 pour cent. Notre particularité est le fait qu’on n’est pas dispersé. On n’enseigne pas plusieurs filières. On n’a pas pour le moment obtenu l’autorisation pour faire le Master et on respecte aussi le règlement fixé par le ministère de l’Enseignement Supérieure et de la Recherche scientifique qui régit notre université. Donc, on ne peut pas pour le moment aller au-delà de la licence de comptabilité et de gestion. Nous sommes des comptables et on reste dans notre domaine de compétence. Mais avec INTEC de Paris, on va jusqu’à l’expertise comptable. C’est-à-dire BAC + 3 Licence, Bac + 5 Master et Bac + 5 en Doctorat. Il y a aussi des formations complémentaires qu’on appelle certificat de spécialisation pour des personnes qui veulent se spécialiser dans des domaines précis de la gestion.

J’ai dis à tous ceux qui sont ici que le jour où nous ne serons pas capable de les former, nous les remettrons leur argent et on va s’excuser. Mais tant que nous nous entrain de prendre leur argent, c’est parce que nous pensons être capables de le faire. Je sais que nous sommes capables pour le moment. Il y a aussi un aspect très important. Quand un étudiant sort de chez nous, il est directement opérationnel. En 1ère et 2ème année, ils ont des bases. On ne peut pas faire de la comptabilité en faisant de la théorie seulement. La comptabilité c’est la pratique pure. En 3ème année, nous avons conçu un logiciel de comptabilité et les étudiants sont réunis en groupes de travail de trois personnes. Ils ont des ordinateurs, des pièces comptables et un responsable des écritures qui est le chef du groupe. Si le travail est bien fait, ils sont notés conséquemment. Dans le cas contraire, on corrige. Ce qui fait que quand ils vont dans une entreprise, ils savent c’est quoi une pièce comptable. Ils savent la différence entre une facture, un reçu, un bordereau ou un chèque. Et ils savent faire l’écriture comptable en entreprise quelque soit le logiciel.

Comment étudier à l’Institut de Management d’études  Économiques et Comptables et quel est la durée du cycle ?

Pour étudier à l’IMEEC, il faut avoir le Baccalauréat. Tous les détenteurs du Bac peuvent faire la comptabilité. Normalement le cycle est de 3 ans. Mais un étudiant qui n’a pas validé ses cours en 1ère Année reprend la classe.

Quelles sont vos relations avec l’État en ce qui concerne les boursiers ?

L’IMEEC fait partie des universités autorisées à recevoir des boursiers de l’État. Il y en a qui sont en cours maintenant. En 2007, nous avions refusé de prendre des boursiers de l’Etat, par manque d’expérience. On avait peur de recevoir des gros effectifs qui risquerait de nous poser des problèmes de contrôle compte tenu de notre rigueur. Ce n’est qu’en 2008 que nous avons commencé à prendre les boursiers de l’Etat, parce qu’on avait pris de nouveaux locaux, recruté des enseignants expérimentés pour nous permettre de nous accompagner dans notre aventure avec un objectif précis.

Plusieurs universités proposent le même domaine d’enseignement en Guinée. N’avez-vous pas peur de la concurrence ?

La concurrence permet d’avoir la qualité. Celui qui est dans un système d’entreprise sans concurrents va faire du n’importe quoi. Même si on a le monopole, il faut qu’on se donne un concurrent fictif à qui on va donner tous les moyens possibles, mieux que nous, pour pouvoir arriver à se demander comment le démonter. La concurrence ne nous dérange pas du tout, nous savons que cette concurrence existe. Mais comme on le dit souvent, plus on est nombreux plus on s’amuse. Dans ce cadre c’est le terrain qui dicte la règle. Et sur le terrain où sont nos étudiants ? Que font nos étudiants sur le terrain ? Voilà pour nous où s’arrête cette histoire de dire on est les plus forts. On a que la comptabilité et gestion des entreprises, et la formation rigoureuse que cela impose. D’ailleurs nous ne sommes pas les plus forts mais nous sommes les meilleurs en comptabilité.

 

Monsieur Fondio Ibrahim, merci

 

C’est à moi de vous remercier.

 

Propos recueillis par Ougna Elie Camara

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