samedi , 15 décembre 2018

Guinée : l’impatience des victimes de la répression du 28 septembre 2009

Les associations des victimes de la répression meurtrière des militants de l’opposition par les forces de l’ordre dans un stade de Conakry le 29 septembre 2009 ont déploré à Conakry, lundi, la lenteur avec laquelle l’enquête visant à démasquer et à punir les auteurs se déroule.

Le collectif des organisations non gouvernementales qui militent pour que justice soit rendue aux victimes qui a déploré un manque de volonté chez les autorités guinéennes, a invité le bureau du procureur de la Cour pénale internationale à rester saisi du dossier et de ne pas se laisser berner par quelques actes posés par la Guinée.

La principale association des victimes, Avipa en abrégé, s’est félicitée dans un premier temps de l’inculpation, depuis les faits, de neuf présumés coupables. Mais elle a vite fait de déplorer un « manque de fermeté des autorités politiques ». Ce qui, selon elle, handicapent sérieusement le travail du pool des jugent d’instruction.

 

Selon l’enquête menée par les Nations-Unies, au moins 150 personnes ont été tuées et environ 100 femmes violées au cours d’un rassemblement des militants de l’opposition dans le plus grand stade de Conakry, le 28 septembre 2009. Le groupe manifestait contre la dictature et le maintien au pouvoir du chef de la junte militaire d’alors, le Capaitaine Moussa Dadis Camara.

 

Le collectif des ONG  a appelé aujourd’hui à une volonté politique afin que justice soit faite et que la situation des nombreux disparus soit tirée au clair.

« Eu égard à la diligence avec laquelle des dossiers plus récents que celui du 28 septembre ont été traités, on est amené à se demander si la lenteur dans le cas du dossier du 28 Septembre reflète réellement l’engagement du chef de l’Etat de mettre fin à l’impunité en Guinée », a déclaré Asmaou Diallo, présidente de l’association Avipa, à l’occasion de la commémoration de l’an 4 de ces violences.

 

« Nous avons le devoir, nous Guinéens de nous battre et d’engager une pression forte pour que cette affaire connaisse une issue », a ajouté Abdoul Gadiri Diallo, membre de l’Organisation guinéenne des droits de l’homme.

 

Me Hamidou Barry, avocat des victimes, a indiqué qu’il faut une réelle volonté politique pour que les anciens dignitaires de la junte qui ont trouvé grâce auprès de l’actuel président soit jugé et leurs responsabilités située. « En principe, une fois que ces hauts responsables sont impliqués, il n’ y a pas d’interrogatoire au fond. Il n’ y a pas de confrontation. Nous prenons le cas de Claude Pivi. Le 27 juin, ce monsieur a été inculpé par le pool des juges. Il a été interrogé le 4 juillet. Mais il a dit qu’il ne se présente plus. Et il n’est pas venu », a dit l’avocat. « Il faut qu’on rende justice et qu’on évite qu’il y ait une justice sélective ».

 

Mamady Fofana

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