mardi , 23 juillet 2019

Législatives : Matoto ou la hantise d’une défaite des  » grands partis »

Le siège de la Mairie de Matoto, abritant la Commission administrative de centralisation des votes ( CACV) cristallisait toutes les tensions politiques en Guinée lundi 14 octobre, à la veille de la fête musulmane de la Tabaski.

Lassée visiblement par le retard pris dans la publication des résultats de Matoto, l’une des plus grandes circonscriptions électorales du pays, la communauté internationale  hausse le ton. Exigeant un dead line à la CENI pour rendre publics les résultats des 800 bureaux de vote de la commune.

«  Les Représentants de la Communauté internationale membres du Comité de Suivi expriment leur préoccupation par rapport aux retards pris dans la publication des résultats provisoires des élections législatives du 28 septembre 2013 et appellent la CENI à tout mettre en œuvre pour finaliser la totalisation des résultats provisoires du scrutin en vue de leur publication dans les meilleurs délais et en tout état de cause avant la fête de l’Aid al-Adha (Tabaski) » pouvait-on lire dans un communiqué publié dimanche 13 octobre.

Selon les observateurs, ce délai est difficile à tenir à partir du moment où tout a été repris au commencement à Matoto. Le décompte porte sur 1600 procès-verbaux de bureaux de vote.

Réagissant dans un autre communiqué, la  commission électorale informait de la reprise,  dimanche 13 octobre, du décompte des voix à la CACV de Matoto où au bas mot 1800 copies des procès-verbaux doivent être (re)traités.

« La CENI informe l’ensemble des acteurs du processus électoral que suite aux démarches qu’elle a entreprises auprès de la Cour suprême et des partis politiques intéressés, que les travaux de centralisation des votes ont effectivement repris ce jour 13 octobre à la circonscription électorale de Matoto » annonce-t-elle.

Le climat de suspicion et d’accusations entre les représentants du RPG Arc-en-ciel ( parti au pouvoir) et ceux de l’opposition, n’avait guère trouvé son épilogue ni avec l’élévation de ton du comité de suivi de l’accord du 3 juillet, ni avec l’annonce de ces mesures prises par la Ceni.

C’est l’une des mesures prises par l’institution électorale qui avait été d’ailleurs frontalement attaquée par les leaders de l’opposition, réunis le même dimanche au siège du président de l’UFR, Sydia Touré à la Minière.

« ( …) le Président de la CENI, en désignant un superviseur en la personne de Sény CAMARA, a ouvertement violé l’article 85 du Code électoral qui détermine la composition de cette commission.

En plus de la modification illégale de la composition de la CACV, l’ordre de mission de Monsieur Sény CAMARA est une usurpation flagrante des prérogatives reconnues au Président de la commission de centralisation des votes » se démarquait-elle de cette décision.

Matoto où 440 000 citoyens sont inscrits sur les listes électorales, est l’arbre qui cache la forêt. Cette circonscription est devenue le symbole imparable de la crise postélectorale qui couve en Guinée, depuis la fermeture des bureaux de vote, le 28 septembre dernier, date de la tenue des élections législatives.

C’est l’opposition républicaine qui avait ouvert la boite de pandore, juste quelques heures après. Ses principaux leaders dont Cellou Dalein Diallo de l’UFDG, Sydia Touré de l’UFR, Jean Marie Doré de l’UPG et Lansana Kouyaté du PEDN ont tous fait état de «  fraudes massives » orchestrées par le parti au pouvoir et ses «  affidés » dans l’administration, lors de ce scrutin et appelait à une «  annulation pure et simple » de ces législatives.

Les représentants de la Communauté internationale, ayant observé ledit scrutin, ont de leur côté indexé huit circonscriptions électorales sur 38 du pays dans lesquelles des « irrégularités » et  «  manquements » ont été constatés, affectant ainsi les suffrages exprimés dans ces localités.

Publiant au compte-gouttes les résultats provisoires, la Ceni a presque fait le croquis de la composition de la future assemblée nationale. Matoto, où reste concentré un grand nombre d’électorat, a vite fait raviver la tension et l’appétit des partis politiques en lice. Les deux bords politiques – opposition et mouvance présidentielle- ont tous franchi le rubicond en s’annonçant victorieux à Matoto.

Guineetime

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*