lundi , 18 novembre 2019

Gestion du contentieux électoral : une patate chaude entre les mains de la CENI

Prise entre une communauté internationale qui dit avoir vu des anomalies dans 8 circonscriptions électorales, une opposition qui demande l’annulation du vote pour cause d’irrégularités et une mouvance présidentielle qui parle déjà de recours devant la Cour suprême, la Commission électorale guinéenne aborde désormais un virage décisif.

Sans avoir fini avec la publication des résultats provisoires des élections législatives du 28 Septembre, la CENI, fait face déjà à un autre défi. La gestion du contentieux électoral. Les protagonistes et les observateurs s’accordent à dire que le scrutin, entaché d’irrégularités dans certains milieux, méritent désormais une attention particulière de la Commission électorale.

La communauté internationale, sans pour autant être trop pessimiste, recommande à l’institution de circonscrire les préoccupations des différentes parties et d’en faire état dans le document de transmission des résultats provisoires à la Cour Suprême. Dans une déclaration datée du 8 octobre, les représentants de la communauté internationale exhortent aussi la CENI  à dresser un rapport circonstancié sur chacun de ces cas d’irrégularités et les transmette à la Cour Suprême dans le délai le plus court possible après la proclamation des résultats provisoires et en tout état de cause avant l’expiration du délai prévu par le Code électoral pour le dépôt des recours.

A ces recommandations, viennent s’ajouter les exigences de l’opposition radicale qui, elle, n’entend plus négocier autour d’un vote qu’elle croit émaillé de fraudes impardonnables et non négociables.

 

Même le pouvoir croit désormais en une sincérité partielle des élections. Le RPG Arc-en-ciel dénonce de son côté (plutôt classique) des manquements constatés dans les zones gagnées par l’opposition et qui sont de nature à « détourner la crédibilité du scrutin dans ces zones, mais surtout au détriment de nous mouvance présidentielle ». Le porte-parole du gouvernement, Albert Damantang Camara, précise qu’il sont parfaitement en phase aussi bien avec la communauté internationale qu’avec l’opposition pour ne pas accepter que des résultats soient détournés de leur objectif.

En dehors des attaques concernant les fiefs de l’adversaire, le contentieux électoral touche aussi des circonscriptions  où l’opposition et la mouvance ont gagné mais où chacun dit avoir bénéficié d’un score minimaliste. C’est le cas du RPG Arc-en-ciel, qui, bien que jubilant après sa victoire à la proportionnelle et à l’uninominale à N’Zérékoré, ne comprend pas l’annulation d’au moins 100 bureaux de vote sur 400 dans cette circonscription. « Ces anomalies nous concernent au même titre que tous les autres. Nous en sommes les premières victimes et nous entendons également exercer toutes les voies de recours pour que la loi soit dite », promet Albert Damantang Camara. « Nous restons confiants dans l’ensemble du processus. Nous souhaitons que très vite, la CENI, par ses rapports, permettent à la Cour suprême de décider et que les votes des Guinéens  soient respectés aussi bien dans la forme que dans le fond », ajoute-t-il.

Les critiques et recommandations fusent de partout. Les attentes sont grandes. Et il revient à la CENI de faire preuve de tact et de bonne foi dans la gestion de ces irrégularités. Il faudra ensuite les transmettre à la Cour suprême dans leur moindre détail, sans omission aucune.

 

Elie Ougna

+224 622 85 68 59

contact@kaloumpresse.com

——————————

Note : Photo – Bakary Fofana, Président de la CENI.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*