mardi , 20 novembre 2018

Kissosso : Six accidents en trois jours, police et riverains pas d’accord sur les causes

Un camion remorque en provenance de l’intérieur du pays a heurté dimanche 25 août le trottoir avant de se renverser (en sens littéral du terme) sur route à Kissosso dans la commune de Matoto en banlieue de Conakry, faisant  deux morts et plusieurs blessés.

L’accident s’est produit aux environs de minuit. Et les enquêtes sont en cours pour en connaître les causes réelles. Mais déjà, les premières informations indiquent que le chauffeur titulaire après être descendu à Entag, avait remis le camion à son apprenti qui devait débarquer certaines marchandises au marché de Matoto. Celui-ci, sous le choc affirme avoir provoqué l’accident parce qu’il tentait d’éviter un piéton.

Cet drame vient s’ajouter à une longue liste d’accidents enregistrés dans ce pont qui relie les quartiers Kissosso et Entag. En moins de dix jours, les informations rapportent six cas d’accidents graves ayant causé des pertes en vie humaine et plusieurs blessés.

 

Les riverains se disent traumatisés par les scènes d’horreur qu’offrent les accidents devenus très fréquents au même endroit. Si bien qu’à l’image de Aly Mara, plusieurs citoyens pointent un doigt accusateurs sur des forces surnaturelles. « En trois jours six accidents ont été enregistrés avec des cas de mort et de blessés. Nous pensons que ce sont des diables qui sont à l’origine de tous ces sangs versés », explique-t-il. « Les diables sont mécontents, tous les chauffeurs disent avoir tenté d’éviter un passant. L’ancien régime égorgeait des bœufs ici, mais depuis que cette route a été réhabilitée rien n’a été fait. C’est ce qui provoque  ces accidents », ajoute Mara, soutenu par d’autres voisins.

La police quant à elle a une toute autre explication à ces phénomènes. Pour elle, les chauffeurs abordent la descente avec une vitesse dépassant parfois la limite. « Ce qui amplifient les accidents ici, c’est que c’est un virage. Les chauffeurs ne contrôlant pas les panneaux de signalisation, arrivent généralement à cette descente avec excès de vitesse. Souvent, d’autres sont sous l’effet de l’alcool et le pont n’est pas aussi protégé’’, commente  Lamah Ouo-Ouo Gilbert, Commissaire divisionnaire à la Police routière d’Entag.

La police pointe également du doigt l’absence de balises d’éclairage sur l’ouvrage de franchissement. Selon nos sources, ces balises ont été emportées par des ferrailleurs.

Aujourd’hui à Kissosso, la police a beau apporter ces explications, les habitants, lassés de venir au secours des accidentés, ne souhaitent plus qu’une chose : « Que le gouvernement organise une journée de sacrifice pour demander la clémence des Djinns’’.

Zézé Enema Guilavogui
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