samedi , 19 octobre 2019

Egypte : ambiance festive dans l’attente de la « bataille »

Les festivités de l’Aïd-el-Fitr, pour la fin du ramadan, risquent de tourner court, jeudi 8 août, en Egypte, où des milliers de partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi défient l’appel du gouvernement intérimaire à se disperser au plus vite.

Des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants ont commencé à manifester, participant à une grande prière qui marque officiellement la fin du mois de jeûne sur les places Rabaa Al-Adawiya et Nahda de la capitale égyptienne, occupées depuis le 3 juillet.

Les manifestants ont ensuite convergé dans une ambiance festive vers un campement des Frères musulmans dans le nord-est du Caire. L’appel des pro-Morsi à défiler est relayé d’autres régions, comme à Alexandrie, la deuxième ville du pays, et à Qena, dans le Sud.

La veille, le gouvernement a menacé une nouvelle fois de les disperser par la force, affirmant s’être retenu jusqu’alors en raison du « caractère sacré du ramadan ». Il a donné son feu vert au ministère de l’intérieur pour « nettoyer » les deux lieux. Mais jeudi, ni l’armée, ni la police mettaient à exécution leurs menaces d’un démantèlement par la force.

IMPASSE POLITIQUE

La menace d’un nouveau bain de sang fait suite à l’échec des négociations entre les deux parties, officialisé mercredi, malgré un ballet diplomatique ininterrompu depuis plus d’une semaine pour trouver un accord. La présidence, mise en place par l’armée après la destitution de Mohamed Morsi, « rend responsable les Frères musulmans de l’échec de ces efforts ». Les derniers diplomates américains et européens dépêchés sur place ont d’ailleurs déjà quitté Le Caire.

Entre les deux camps, c’est le blocage total : les partisans de M. Morsi réclament son retour avant toute discussion ; le nouveau gouvernement, dominé par le ministre de la défense et chef d’état-major, Abdel Fattah Al-Sissi, demande en préalable à la confrérie d’accepter sa feuille de route organisant une transition de six mois qui doit doter le pays d’une nouvelle Constitution, d’un nouveau Parlement et d’un nouveau président.

Les heurts ont déjà fait plus de 250 morts depuis la fin de juin, l’écrasante majorité étant des manifestants pro-Morsi. Les Frères musulmans, dont les principaux cadres sont emprisonnés ou en fuite, redoutent d’être à nouveau interdits comme sous l’ère Moubarak.


Lemonde.fr

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