dimanche , 21 juillet 2019

Législatives au Togo: une forte mobilisation et des tensions

Les Togolais sont appelés aux urnes ce jeudi 25 juillet pour élire leur Parlement. Des législatives retardées pendant des mois à cause de manifestations hostiles au gouvernement. Bien que divisée, l’opposition tente de défier la famille Gnassingbé qui tient les rênes du pays depuis plus de 40 ans. Un vote qui suscite une forte mobilisation, mais aussi quelques tensions. Une radio proche de l’opposition a été fermée en fin de matinée.

Comme dans la banlieue nord de Lomé, le vote a débuté à l’heure dans la plupart des centres du pays. Peu après l’ouverture des bureaux, de longues files d’attente se sont formées. La mobilisation à la mi-journée était importante pour ce scrutin qui revêt de grands enjeux pour tous les partis politiques. Logiquement, il requiert une vigilance accrue.

Opérations de vote dans un lycée de Lomé, Togo, le 25 juillet 2013.
RFI / Olivier Rogez

A l’intérieur du pays, ce matin déjà, précisément au CEG Bassar–Est, plusieurs électeurs, selon le Parti écologique, se sont présentés avec des cartes d’électeur, mais n’avaient pas leur nom sur la liste, ce qui a suscité des suspicions.

Craintes de fraudes

Il y a une tension palpable à Lomé. Beaucoup d’énervement dans certains bureaux de vote. Par exemple au lycée de Bè-Plage, des électeurs ont réagi avec véhémence quand ils ont constaté des défauts d’impression sur les bulletins uniques. Les électeurs redoutaient l’annulation de certains bulletins. Et il a fallu que la Commission électorale envoie un délégué, pour rassurer la foule et calmer les esprits.

Au bureau du collège des Etoiles, ce sont des membres du parti au pouvoir, le parti Unir, venus superviser leurs délégués qui ont étaient pris à partie par la foule.

Tout cela traduit l’état d’esprit des habitants qui redoutent des fraudes. Des habitants qui se veulent vigilants. Pour l’heure, la Force de sécurisation des élections, la Fosel, qui compte plus de 6 000 hommes joue les médiateurs et tente d’apaiser les esprits quand ils s’échauffent.

Une radio d’opposition fermée

En fin de matinée, la gendarmerie a investi une radio privée, Radio Légende, une radio proche de l’opposition. Celle-ci diffusait depuis ce matin des informations sur le déroulement du scrutin. Des centaines de jeunes excités se sont massés devant la radio pour tenter de faire partir les gendarmes. Quelques coups de matraque ont été distribués.

C’est une élection de grand enjeu pour laquelle tous les partis, y compris le parti au pouvoir, jouent leur avenir, avec au loin l’échéance présidentielle de 2015. A la Commission électorale nationale indépendante, on assure que tout est mis en œuvre pour garantir la transparence de ce scrutin. Les bureaux de vote fermeront à 16 heures, temps universel (18 heures, heure de Paris).

RFI

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