mardi , 23 octobre 2018

Deux nouveaux groupes d’extrême droite dissous en France

Le gouvernement a annoncé mercredi la dissolution de deux nouvelles organisations d’extrême droite, l’Oeuvre française et les Jeunesses nationalistes, quinze jours après celle de trois structures d’un même groupuscule.

Le processus de dissolution avait été lancé après la mort début juin à Paris d’un jeune militant antifasciste, Clément Méric, lors d’une rixe avec des sympathisants des Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR).

Le 10 juillet, le Conseil des ministres avait déjà prononcé la dissolution de Troisième Voie, organisation fondée par Serge Ayoub, de son association Envie de rêver et de son mouvement de jeunesse, les JNR.

Au lendemain de la mort de Clément Méric, de nombreux dirigeants et partis de gauche avaient appelé le gouvernement à prendre des mesures énergiques contre les groupes les plus extrémistes.

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, avait dit lui-même vouloir « tailler en pièces » les groupes d’extrême droite.

Les cinq structures visées présentent les caractéristiques de milices privées incitant à la haine, a expliqué le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls.

« Il n’y a pas de place dans notre pays pour la haine, la xénophobie, l’antisémitisme, les actes anti-musulmans. Ce sont, après les dissolutions déjà intervenues, des moments très importants », a-t-il dit à l’issue du conseil des ministres.

Manuel Valls a souligné que l’Oeuvre française, très liée aux Jeunesses nationalistes, était organisée en « milice privée » avec « des camps de formation paramilitaires » et que certains de ses membres faisaient le salut hitlérien.

La dissolution d’organisations doit répondre à des critères parfois difficiles à définir. L’article L212-1 du code de la sécurité intérieure, issu d’une loi de 1936 sur les groupes de combat et les milices privées, en prévoit sept.

Sont notamment concernées les associations provoquant des « manifestations armées dans la rue », ayant pour objectif « d’attenter par la force à la forme républicaine du gouvernement » ou provoquant « à la haine ou à la violence envers une personne en raison de ses origines, son ethnie, sa race ou religion ».

Pour nombre de spécialistes de l’extrême droite, la dissolution ne constitue pas une solution à long terme.

« On sait très bien que chaque fois qu’on dissout un groupe violent, il renaît sous un autre nom », expliquait récemment Nonna Mayer, politologue spécialiste de l’extrême droite rattachée au Cevipof.

Reuters

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*