samedi , 15 décembre 2018

N’Zérékoré: 58 corps identifiés, situation humanitaire sérieuse

Le gouvernement guinéen a indiqué que 58 corps de victimes des violences inter-ethniques dans le sud-est de la Guinée avaient été identifiés avec l’aide de la Croix-Rouge, qui a parlé vendredi d’une situation humanitaire sérieuse sur place en dépit du retour au calme.

Le calme est revenu dans le centre de N’Zérékoré, plus grande ville de la Guinée forestière où l’armée a été déployée. Nous avons, avec l’aide de la Croix-Rouge, identifié 58 corps, a indiqué le porte-parole du gouvernement guinéen, le ministre Albert Damantang Camara à quelques journalistes dont un de l’AFP jeudi soir.

Selon lui, le travail d’identification a été difficile.

Dans un communiqué diffusé vendredi, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a indiqué que plusieurs dizaines de blessés, ainsi qu’une dizaine de morts ont été évacués par ses volontaires dans la région vers l’hôpital régional de N’Zérékoré et la morgue à la suite des affrontements.

Même si le calme est revenu depuis hier (jeudi) et qu’il n’y a plus d’affrontements, la situation humanitaire est sérieuse, a déclaré Jean-Jacques Tshamala Mbuyi, chef de la délégation du CICR en Guinée.

D’après l’organisation humanitaire, deux équipes du CICR aidées de volontaires de la Croix-Rouge guinéenne sillonnent la ville pour ramasser les blessés et les corps.

Du matériel médical a été distribué à l’hôpital de N’Zérékoré. (…) Et samedi, une infirmière du CICR viendra renforcer l’équipe du CICR déjà en place, selon la même source.

Vendredi, le Haut commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme a également fait état d’un retour au calme, évoquant au moins 57 morts, plus de 160 blessés et des centaines de déplacés par les violences.

Les affrontements ont opposé, entre les 15 et 17 juillet, des Guerzé, majoritaires en Guinée forestière, et des Konianké, d’abord à Koulé, puis à N’Zérékoré et Beyla, trois villes distantes de quelques dizaines de kilomètres.

Selon une source policière guinéenne, tout est parti du passage à tabac de trois jeunes Konianké par des gardiens guerzé d’une station-service de Koulé. Deux des jeunes ont trouvé la mort quelques heures plus tard, entraînant une série d’attaques et de représailles à coups de machettes, haches, coupe-coupe, bâtons, pierres et armes à feu.

Les affrontements ont entraîné la mort d’au moins 57 personnes, dont trois ont été décapitées à coups de machettes, d’autres tuées à la machette ou brûlées vives. Plus de 163 personnes ont été blessées et des centaines d’autres ont été déplacées et ont trouvé refuge dans des camps militaires à N’Zérékoré et Beyla, a déclaré le porte-parole du Haut commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme, Rupert Colville, dans une note de presse reçue par l’AFP à Dakar.

Le calme semble avoir été restauré. (…) Les forces de sécurité et de défense qui ont été déployés pour rétablir l’ordre, avec l’aide de troupes supplémentaires de Macenta et Guéckédou (préfectures voisines, NDLR), continuent de patrouiller la région de N’Zérékoré, a-t-il affirmé.

AFP

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