dimanche , 18 novembre 2018
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N’Zérékoré : « Le pacte de non-agression » traine dans du sang humain

Il y a deux ans et bientôt deux mois, on signait à N’Zérékoré, « un pacte de non-agression » entre les communautés du terroire. La signature de ce pacte par les représentants des communautés linguistiques de N’Zérékoré, était censée mettre fin au bain de sang inexplicable enregistré régulièrement dans la région.

Plusieurs personnages clés de la région de N’Zérékoré avaient pourtant apposé leur signature sur le document. Ils avaient ensuite échangé quelques cadeaux symboliques avant de nous faire croire que c’est la fin du cauchemar dans la région forestière.

Le pacte de non-agression, signé le jeudi 26 mai 2011, au lendemain du massacre intercommunautaire de Galakpaye, faisait obligation à toutes les communautés vivant en Guinée Forestière, spécifiquement les Guerzés et les Koniakés, de s’abstenir de recourir à la violence pour la résolution de leurs différends. Les ethnies s’engageaient de régler tous les problèmes sous l’arbre à palabre, ou de faire recours à la justice au pire des cas. Pour barrer définitivement la route à la violence, les communautés avaient décidé de la mise en place d’un comité de veille, composé de 9 membres, dont un représentant par communauté, en vue d’un meilleur suivi du pacte. Ce comité avait pour siège N’Zérékoré, devenu depuis hier, le théâtre des affrontements malheureux qui ont coûté la vie, hélas, à des dizaines de morts et fait une centaines de blessés et causé d’importants dégâts matériels.

Comme par coïncidence, le pacte de non-agression avait été signé par des sages y compris ceux des Koniakés et des Guerzés, en présence du colonel Moussa Tiegboro Camara, secrétaire général de la Présidence chargé des Services spéciaux, de la lutte contre la drogue et des crimes organisés. Celui-là-même qui vient d’être dépêché sur le champs de bataille (N’Zérékoré) pour calmer les frères-ennemis.

 

C’est donc tout ce travail qui avait pourtant donné de l’espoir aux Guinéens qui s’est effondré depuis lundi au petit matin, comme un château de carte. Il faut quand même dire qu’il était déjà voué à l’échec d’autant que les membres du Comité de veille, sans s’occuper de l’enterrement des haches de guerres qui trainaient ici et là dans les cases, s’étaient empressés de solliciter un appui financier et matériel du gouvernement avant de commencer leur job.

 

Le clashs survenu à N’Zérékoré doit amener les Guinéens à revoir leur copie. Pas besoin de délégations ministérielles comme ce fut le cas, ce samedi  6 août 2011, au Palais Sèkhoutouréya, pour prévenir de tels conflits.   Ce jour, pour besoin de mémoire, des ministres issus de la région, soucieux de préserver leur poste et es pseudo-sages enquête des larges du président de la République, venaient exprimer leur soutien à celui-ci et promettre que plus jamais, aucune goutte de sang ne sera versée à N’Zérékoré par suite d’un conflit à caractère ethnique. Malmouze Haba, président du fameux comité de veille qui, en réalité n’a fait que dormir, pouvait-il dire autrement que de jurer la main sur le palpitant pour le respect du pacte de non-agression ?

Plus que jamais, le drame survenu à Koulé puis à N’Zérékoré doit interpeller les pouvoirs publics sur l’impérieuse nécessité de lancer un processus de réconciliation crédible et fondé sur la vérité. Les discours prometteurs et autres analyses politiciennes ayant montré leurs limites.

Elie Ougna
+224 622 85 68 59
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