mardi , 20 novembre 2018

Brésil : deux décès accidentels lors des manifestations historiques

Une marée humaine de plus d’1,25 million de personnes a envahi jeudi les rues du Brésil, à l’appel des réseaux sociaux, avec quelque 300 000 manifestants dans la seule ville de Rio de Janeiro. Les protestataires ont exprimé, souvent avec humour, parfois avec une grande violence, le profond ras-le-bol de nombreux Brésiliens face à des services publics indigents, à la corruption de la classe politique et aux dépenses somptuaires — 11 milliards d’euros — engagées pour l’organisation du Mondial 2014 de football.

Après une semaine d’inertie et de manifestations d’abord violemment réprimées, les autorités ont pensé pouvoir désamorcer la crise en renonçant à une augmentation du tarifs des transports en commun qui avait allumé la mèche. Mais rien n’y a fait. Confrontée au plus vaste mouvement de protestation depuis 21 ans au Brésil, la présidente Dilma Rousseff a annulé une visite d’Etat au Japon, prévue du 26 au 28 juin. Elle a convoqué une réunion de crise avec ses ministres les plus proches, qui doit se tenir ce vendredi à 9h30 (14h30 heure française).

Le ministre de la Justice, Eduardo Cardoso, participera notamment à la réunion, selon le site du quotidien brésilien la Folha, assurant que les autorités de Brasilia ont été «effrayées» et «choquées» par l’attaque du ministère des Affaires étrangères dans la soirée de jeudi par un groupe de manifestants, repoussée de justesse par la police. Selon la Folha, les participants évalueront la situation, les slogans et revendications des manifestants, ainsi que l’opportunité d’une adresse radiotélévisée de Mme Rousseff à un pays en révolte.

De son côté, le «roi Pelé» a cherché à clarifier sa position en affirmant qu’il soutenait pleinement les manifestants après un précédent appel, jugé ambigu, à l’union derrière l’équipe nationale de football, qui dispute à domicile la Coupe des confédérations. «S’il vous plaît, ne vous méprenez pas! Je suis à 100% en faveur de ce mouvement pour la justice au Brésil!», a-t-il écrit sur son compte Twitter. «Je veux demander aux Brésiliens de ne pas se tromper », avaitt dans un premier clamé l’ancien attaquant. « Nous allons oublier toute cette confusion qui règne dans le pays et nous dire que l’équipe du Brésil incarne notre pays, que c’est notre sang. Nous n’allons pas abandonner notre sélection. Nous allons la soutenir jusqu’au bout. » Des propos qui avaient fortement irrité les manifestants.

Leparisien.fr

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