mercredi , 24 juillet 2019

Fin du dialogue politique : la joie et le regret de l’ancien médiateur Sékou Kouréssi Condé

L’ex facilitateur  de résolution de la  crise politique guinéenne et directeur exécutif du cabinet conseil « African-Crisis-Group », Dr Sékou Kouréssi Condé, a félicité lundi les leaders guinéens  et la mouvance présidentielle pour la volonté de parvenir à un accord affichée de part et d’autre pendant le dialogue qui s’est achevé dimanche à Conakry.

Selon Condé, c’est avec beaucoup de satisfaction qu’il a suivi les différents accords intervenus entre les protagonistes sous l’égide du Représentant spécial du secrétaire général des  Nations-Unies.

« Encore une fois c’est le sens de la responsabilité historique, de la  mesure, la retenue qui a prévalu et qui a été démontré », a dit Dr Condé, espérant que les Guinéens « ne connaissent plus de rebondissement » des violences liées aux élections et une démarcation par rapport à cette ligne ainsi tracée.

Pour lui, le regret qu’il ressent c’est les nombreux morts, les dégâts matériels enregistrés et le temps perdu,  deux (2) ans, durant sans que les guinéens au plus niveau, l’opposition  comme mouvance, ne soient pas parvenues  à se faire confiance, à intégrer la notion d’acceptation mutuelle et de  considération  qui doit en principe prévaloir quand on n’est à des niveaux de représentation de la classe politique. Malgré cette amertume, il se réjoui que les deux camps soient parvenus à comprendre ce que lui et son cabinet conseillent depuis longtemps à savoir les négociations sans préalables.

« Nous n’avons pas attendu les conclusions de discussions au Palais du Peuple, pour constater  avec beaucoup de Guinéens qu’il y a une culture de violence inter-ethnique  qui est entrain de s’amorcer en Guinée. Nous sommes complémentaires à ce qui se passe au palais du peuple. Nous sommes engagés  dans la facilitation civique en vue de rassurer les citoyens de ce qui concerne le processus électoral.  Pour leur dire que la violence n’est pas la solution, mais plutôt le vote », a-t-il dit.

Bien que les acteurs politiques soient parvenus à s’entendre sur un minimum de consensus, Dr Condé prévient le risque est toujours présent. ‘’Il y a une compétition qui est en cours pour la majorité à l’Assemblée nationale. Cette compétition politique qui est  constitutionnelle, en Afrique est accompagnée d’appels  à la mobilisation qui passent,  malheureusement, par des raccourcis ethniques et qui dans les pays africains se transforment souvent en violences interethniques. Et ces violences déstabilisent  les fondamentaux de la société dans les États africains’’, déplore le médiateur.

Selon celui qui avait été décrié par l’opposition lorsqu’il fut désigné par le Premier ministre pour assurer la médiation, il faut éviter toute improvisation, tout débordement et tout extrémisme en cette période et même au-delà. ‘’Il faut de la pédagogie dans la communication des leaders et de l’Etat. La réaction des forces de sécurité face aux manifestants. Ceci est regrettable que les manifestants se soient sentis violentés, abusés par les forces de l’ordre.et si tel est le cas, il appartient à l’Etat de prendre toute la mesure des dérapages’’.

Sidiki Mara
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