vendredi , 23 août 2019

Fin du dialogue politique : La déclaration du médiateur des Nations-Unies

Le dialogue entre acteurs politiques guinéens en vue d’élections législatives apaisées et inclusives a pris dimanche à Conakry sur une note d’espoir. En témoigne la déclaration du médiateur désigné par les Nations-Unies.

« Le dialogue a commencé par l’examen de la question portant sur le fonctionnement de la Ceni. Et les parties sont vite arrivées à des conclusions sur cette question en ce sens qu’elles se sont mises d’accord pour que des mesures soient prises pour remédier au dysfonctionnement constaté. Notamment le respect strict du règlement intérieur, le renforcement des capacités de la CENI, le retour de l’harmonie au sein de l’institution, la correction des dysfonctionnements et le respect de la périodicité des réunions y compris des réunions statutaires du bureau exécutif. En plus de cela, les parties sont convenues de la nécessité de mettre en place un comité de veille qui sera inclusif qui représentera toutes les parties concernées avec une présidence et un représentant de la Cour Suprême, la Ceni, le gouvernement et les partis politiques pour accompagner la CENI et pour s’assurer que la CENI fonctionne sur une nouvelle base et rétablir une confiance entre toutes les parties autour du processus électorale.

Ensuite sur cette base, il a été convenu au sein du dialogue qu’on discute ensemble les autres questions dans le cadre d’un paquet qui constituerait l’examen des questions liées à l’opérateur technique et au fichier électoral, ainsi que celle qui porte sur la question du vote des Guinéens de l’étranger. S’agissant du vote des guinéens de l’étranger, la délégation de la mouvance présidentielle qui avait des réserves sur cette question a fini par lever ses réserves. Ainsi, il a été convenu que les Guinéens vivant à l’étranger pourraient participer aux élections législatives dans les mêmes conditions qui avaient prévalu lors de l’élection présidentielle de 2010. Sur la base des mêmes listes de l’époque.


S’agissant de la question de l’opérateur technique et du fichier électoral, les deux parties ont eu des positions divergentes. La mouvance présidentielle n’ayant exigé aucune objection par rapport à l’opérateur technique sur le processus électoral en général. En revanche, la délégation de l’opposition a remis en cause l’opérateur technique y compris la sélection de l’opérateur technique et a exprimé des réserves par rapport à tout ce qui a trait à l’opérateur technique et au fichier électoral et a même souhaité qu’il y ait des corrections à cet égard. A ce niveau du débat, les représentants des partenaires techniques et de la communauté internationale ont été invités à prendre la parole pour apporter des clarifications et des assurances nécessaires pour permettre aux uns et aux autres de prendre des décisions sur la base de ces informations et éventuellement des assurances qu’ils pourraient apporter.


De toutes ces déclarations, notamment de l’Union européenne, de la Francophonie, du PNUD, des représentants des Etats-Unis, de la France, de la CEDEAO, tous ont relevé le processus de confection du fichier électoral sur la base du travail de l’opérateur technique actuel a été sécurisé et un certain nombre de mesures ont été prises pour sécuriser correctement ce processus et qu’ils considèrent qu’il y a toute la panoplie de mesure de sécurisation qui ont été faites. Ils ont fait également état de leur disposition à prendre des mesures additionnelles pour sécuriser davantage ce processus s’il en était besoin. De plus, ils ont exprimé leur disposition pour mobiliser des moyens exceptionnels pour accompagner toute décision enregistrée par des partis guinéens. C’est pour dire l’engagement de la communauté internationale avec les partis guinéens, les institutions et la CENI en particulier.


Sur la base des assurance de la communauté internationale, je dois rélever que dans le cadre de la clarification qui a été apportée, les représentants de la communauté internationale notamment le partenaire technique directement impliqué dans le soutien à la CENI et à la confection du fichier électoral ont précisé à toutes les parties prenantes que l’opérateur technique actuel qui a été impliqué dans la confection de la liste électorale ne sera pas en revanche impliqué dans le reste des opérations du processus électoral. Il sera conduit par des organes compétents, mais pas par ce partenaire technique dont le mandat est limité.


Au retour de leur concertation, l’opposition a déclaré qu’elle serait prête à se joindre à ce processus sur cette base avec l’opérateur technique actuel à condition qu’un certain nombre d’assurances, de préoccupations soient couvertes et des garanties apportées sur un certain nombre de questions. Elles sont au nombre de dix à savoir : Des mesures sociales que doit faire le gouvernement : la question de l’indemnisation des familles touchées par les violences qu’à connues le pays ; Ils ont demandé à ce que le gouvernement s’engage à diligenter des enquêtes pour que les responsables des violences soient jugés et sanctionnés conformément à la loi ; Ils ont proposé que les élections soient aussi inclusives et que les conditions soient permises à tous dans les mêmes conditions et en particulier les leaders politiques de participer pleinement et librement à ses élections et qu’ils ne fassent l’objet d’aucune restriction ; Ils ont également demandé à ce que l’administration territoriale reste neutre par rapport aux élections ; Ils ont demandé la reconstitution des CARLE dans le respect et la lettre de l’esprit du code électoral ; Ils ont demandé la réouverture de la révision des listes électorales ; Ils ont demandé à ce qu’on permette à l’opposition de recruter deux experts qui viendront s’ajouter à l’équipe des experts internationaux ; Evidemment ils ont appelé à assurer le fonctionnement correct et statutaire de la CENI avec la tenue régulière des sessions, des organes compétents ; L’opposition a demandé que pour les échéances à venir, notamment les élections présidentielles qu’il y ait le recrutement d’un nouvel opérateur pour lever le doute et rassurer tout le monde ; Ils ont suggéré que le couplage des législatives et des communales pendant ces élections pour profiter de la mobilisation de la communauté internationale et pour éviter qu’il y ait trop de frais.

En réponse à ses dix préoccupations de l’opposition, toutes les questions qui sont de la compétence d’organe de l’Etat notamment le gouvernement, ou le Conseil national de la Communication ou d’autres institutions, il a été convenu au nom du dialogue qu’un certain nombre de recommandations soient faites à toutes ces institutions pour qu’elles apportent des corrections et des garanties nécessaires. S’agissant des questions clés de la reconstitution des CARLE et de la révision des listes électorales, les délégations se sont exprimées et elles sont convenues en dernier ressort de s’en remettre à la CENI pour faire des propositions. La CENI s’est prononcée en annonçant que ces deux demandes sont possibles, mais qu’elle souhaitait disposer d’un délai raisonnable pour en discuter avec le soutien de l’expertise internationale et revenir avec des propositions. Sur la question du chronogramme, il a été convenu que depuis le début de l’ordre du jour que cette question ne serait qu’une conséquence d’un certain nombre de conclusions qui seront tirées sur les trois premières questions et cette question est encore entre les mais de la CENI.« 

Kaloum Presse

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