dimanche , 17 novembre 2019

Jusqu’à preuve du contraire … En avant, marche !

 »Les promesses n’en­gagent que ceux qui y croient ». A l’origine de cette assertion, l’histoire d’un barbier qui avait pla­cardé devant sa baraque ces mots : « demain on rase gratis ». Notre ‘’capillicul­teur’’ qui n’entendait faire de cadeau à qui que ce soit, se garda bien de décrocher la pancarte. L’homme qui, le lendemain du jour où il avait vu l’offre, venait se raser ou couper les che­veux et qui s’étonnait de se voir réclamer de l’argent, s’entendait naturellement répondre : « oui, mais il est écrit que c’est demain » !

Ceux qui avaient jubilé quand le pouvoir et la fraction dure de l’opposi­tion ont pondu un appel à la non violence ont vite déchanté. La première marche qui a suivi leur a fait tomber les écailles des yeux. Dans un brouillard fait de ces gaz qui titillent les glandes lacrymales, les hommes de Maramany (le ministron qui trône à la Sécurité) ont pu s’exer­cer, grandeur nature, à l’usage de leur nouvelle arme conventionnelle : le jet d’eau chaude, à partir d’une citerne, pour refroi­dir l’ardeur des mani­festants les plus chauds. Avec le cynisme ambiant, il se pourrait que l’on assiste prochainement à la création d’une brigade cynophile, histoire pour certains de vivre en live des scènes où l’on verrait de féroces dobermans mordre dans les fesses de quelques protestataires. Les beaux discours sur la paix et les vertus du dialogue, ou encore les promesses de lutter contre les violences peuvent attendre.

Cela promet ce jeudi encore.

Même si l’épouvantail que représentait la marche, avec le souhait qu’elle soit le moins pacifique possible de la part des organisateurs (sinon quelle pression sur le pouvoir ?), a tendance à se banaliser. Tel un épouvantail qui ne fait plus peur aux oiseaux et aux enfants maraudeurs. D’où les craintes justement de voir ce jeudi, Cellou Dalein Diallo et ses pairs de l’opposition s’engager, de toutes leurs forces, pour faire plier le pouvoir ou le pousser à la faute, à travers par exemple de ‘’bavures’’ dont se rendraient cou­pables les forces de main­tien d’ordre.

Ainsi continue la vie dans le pays : accusant Alpha Condé et son gou­vernement de ne pas faire marcher le pays à l’endroit, les leaders de l’opposition, dont certains font partie de ceux-là qui l’ont fait marcher sur la tête durant de longues années, n’en­tendent pas abandonner l’activité qu’ils semble mai­triser le mieux : empêcher de tourner en rond ! Tout le monde parle de paix, de dialogue mais avec un regard aussi ardent qu’un chalumeau.

Pendant ce temps les appréhensions, les cris de détresse du Guinéen ordi­naire laissent de marbre les acteurs politiques, trop préoccupés à se faire la peau dans une arène où tous les coups sont permis.

En avant, marche (si au moins on savait où on allait) !

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