mardi , 20 novembre 2018

L’homme fort de Madagascar Rajoelina candidat surprise à la présidentielle

L’homme fort de Madagascar, le président de la Transition Andry Rajoelina, a créé la surprise vendredi en se lançant dans la course à la présidentielle de juillet, en dépit de ses promesses et au risque de raviver les tensions.

M. Rajoelina, 38 ans, avait accepté en janvier de ne pas se présenter sous la pression de la communauté internationale désireuse de faciliter la tenue d’élections libres et sans violence, tandis que son rival et prédécesseur Marc Ravalomanana avait également accepté de se désister.

Mais la liste des candidats publiée vendredi par la Cour électorale spéciale (CES) à trois mois du premier tour a réservé un coup de théâtre, M. Rajoelina figurant parmi les 41 candidats autorisés.

Sur 50 candidatures, en comptant l’ajout du président de la Transition, huit ont été retoquées pour vice de forme et un candidat s’est désisté.

L’autorité électorale n’a pas expliqué comment un cinquantième dossier s’est ajouté alors qu’elle avait divulgué 49 dépôts de dossier fin avril.

Elle a seulement indiqué qu’elle était « soucieuse du principe de la liberté de tout citoyen de se porter candidat à toutes les élections afin de permettre à tout un chacun de choisir librement celui ou celle qui dirigera leur destinée, pour instaurer un climat d’apaisement permettant de tenir des élections justes, crédibles et acceptées par tous ».

Le climat était déjà rendu électrique par la possibilité que la candidate du camp Ravalomanana soit retoquée par la CES.

Le consulat de France a prévenu ses ressortissants par texto de rassemblements possibles ce (vendredi) après-midi et demain samedi notamment au centre ville de Tana, la capitale Antananarivo.

Selon L’Express, les forces de l’ordre ont été placées « sur le pied de guerre » afin de « réprimer toute pression ou manifestation » et d’arrêter les fauteurs de troubles en cas de « casses, pillages ou destructions de biens publics ou privés ».

Ambitions et rivalités personnelles

« Nous ne comprenons pas comment le nom d’Andry Rajoelina a pu apparaître comme par miracle alors qu’il ne figurait pas sur la liste des personnes ayant déposé leur dossier de candidature (…)Il aurait pu présenter sa femme, on aurait accepté (..). Ca devient un jeu d’enfant tout ça, ça tourne un peu à la gaminerie (…) Maintenant nous allons tout faire pour que Marc Ravalomanana rentre le plus vite possible à Madagascar », a déclaré le représentant de la mouvance pro-Ravalomanana, joint par l’AFP au téléphone.

Au pouvoir durant sept ans avant son renversement en 2009, M. Ravalomanana, 63 ans, est toujours en exil en Afrique du Sud et ne sera pas candidat.

Il a choisi son épouse Lalao, sans expérience politique, pour le représenter aux élections, mettant sur la touche plusieurs ténors de sa mouvance.

Rentrée depuis trop peu de temps à Madagascar, et en principe uniquement pour des raisons humanitaires afin de rendre visite à sa vieille mère malade, Lalao risquait d’être disqualifiée mais la CES a finalement validé sa candidature, de même que celle de l’ancien chef d’Etat Didier Ratsiraka, 76 ans.

Mme Ravalomanana ne remplit pas l’obligation de six mois de résidence physique avant le scrutin. Pas plus que M. Ratsiraka, au pouvoir de 1975 à 1993 et de 1997 à 2002, et rentré de son exil en France en avril. Mais selon la CES, « leur absence sur le territoire malgache résulte de faits et de circonstances indépendantes de leur volonté de rentrer à Madagascar ».

Le premier tour de l’élection présidentielle malgache censée tourner la page de plus de quatre ans de crise est prévu le 24 juillet et le deuxième le 25 septembre.

La communauté internationale mise sur ce scrutin pour normaliser la situation et reprendre son aide alors que l’économie du pays est à genoux et le climat politique pourri par la multiplicité des ambitions et rivalités individuelles.

Le nombre important de candidatures à la présidentielle est un signe négatif pour la démocratie malgache, selon les analystes: le climat politique reste pourri par la multiplicité des ambitions et rivalités individuelles que l’obligation de déposer une forte caution de 17.000 euros pour être candidat n’a pas suffi à décourager.

Signe de la très vive tension, M. Rajoelina, en sa qualité de président de la Transition, a proposé jeudi au reste de la classe politique malgache de signer une « convention de paix » pour, a-t-il dit, parer « aux craintes des uns et des autres sur d’éventuels troubles avant, pendant et après les élections ».

AFP

 

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