vendredi , 19 juillet 2019

Yaya Kane : ‘’La SAGEM a détecté 440 doublons en 2010, Waymark en a découvert 7000’’

Directeur des opérations de la Commission électorale nationale indépendante, Yaya Kané, a prouvé à sa manière, samedi, que le système Waymak était devenu plus fiable au fil du temps grâce aux recommandations formulées par différents experts de la communauté internationale.

M. Kane a, au cours d’une conférence de presse justifié cette fiabilité par le fait que la Sagem, l’ancien opérateur qui a géré le fichier électoral en 2010 avait pu détecter 440 doublons en son temps. Tandis que Waymark, décrié par l’opposition comme un opérateur de truquage, a décelé au moins 7000 cas de doublons dans le même fichier.

Selon le Commissaire de la CENI, ce résultat pour autant ne donne pas satisfaction à l’institution électorale qui continue à mettre en place d’autres dispositifs techniques pour sécuriser et crédibiliser davantage le fichier. ‘’Nous travaillons à garantir la réduction des doublons’’, signifie-t-il.

D’après lui, c’est dans cette perspective que le monitoring et un autre système de contrôle et de dédoublonnage recruté hors de l’Afrique, ont été envisagés à l’unanimité par les Commissaires de la CENI, y compris ceux désignés par l’opposition.

Pas de mariage avec Waymark

Pour Yaya Kane, le maintien de Waymark est nécessaire si les Guinéens veulent élire leurs députés cette année. Il soutient que le recrutement d’un nouvel opérateur comme le revendique l’opposition est un processus long, délicat et coûteux qui, lorsqu’il est enclenché maintenant, ne peut aboutir que l’année prochaine. S’agissant du coût, il estime l’installation du nouveau logiciel à 12 millions de dollars et le recrutement de l’opérateur à 22 millions de dollars. Un budget qu’aucun partenaire technique et financier de la Guinée n’est prêt à financer, pense-t-il.  ‘’Si on décide demain de changer d’opérateur, il faut entre 12 et 14 mois. Je défie n’importe quelle personne de prouver le contraire. C’est mon métier’’, jure-t-il.

Très en colère contre ceux qui critiquent la fiabilité de cet opérateur, Kane affirme qu’il s’agit ‘’d’un faux débat’’.  ‘’Les experts dans la biométrie de l’Union européenne qui ont 30 ans d’expérience nous disent que le système Waymark a atteint un niveau de sécurisation incomparable dans la sous-région’’, lance-t-il.

Toutefois, en dépit de cette défense, il apporte une précision. ‘’Si le dialogue aboutit au départ de Waymark pour une autre société, on fera comme on a fait avec la Sagem. On n’est pas marié à Waymark’’, affirme-t-il, en faisant allusion au transfert des données de l’ancien à l’actuel opérateur.

Dilemme

La CENI a adressé ce matin des courriers aux partis politiques leur demandant deux experts informatiques. La mission de ceux-ci consistera à assurer un suivi régulier pendant le processus de révision des listes électorales. La stratégie vise à impliquer les formations politiques dans le processus électoral, dit-on. Seulement, la CENI elle-même est confrontée à un dilemme. A qui faut-il adresser les courriers ? Aux alliances qui avoisineraient la dizaine ? Aux partis politiques estimés par Kane à 149 ? Tout ça pour seulement 2 experts. ‘’Quand on sollicite leur présence (formations politiques, ndlr), on est confronté à un sérieux problème. Ça été plus facile dans l’entre-deux tours car on avait deux alliances. Mais il faut trancher cette question dans les 72h’’, déclare Kane.

Elie Ougna
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