vendredi , 17 août 2018
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Législatives : Le président guinéen s’engage à respecter le résultat des urnes

Le président guinéen Alpha Condé s’est engagé mercredi, à la veille d’une marche de l’opposition, à respecter les résultats des élections législatives plusieurs fois reportées par suite de mésententes entre pouvoir et opposition.

« Je m’engage en ma qualité du Président de la République dans l’intérêt supérieur de la nation, à respecter les résultats des élections quels qu’ils soient », a dit Alpha Condé dans une déclaration transmise par son bureau de presse.

« Je veillerai à ce que tout soit mis en œuvre avec l’appui des partenaires internationaux pour garantir la transparence et la fiabilité du processus électoral », a-t-il dit à l’issue d’un entretien avec l’Algérien Said Djinnit, désigné comme facilitateur des Nations Unies, et deux autres  médiateurs nationaux représentant la mouvance présidentielle et l’opposition.

Alors que les élections législatives devaient se tenir six mois après la présidentielle de 2010 qui a porté Condé au pouvoir, l’opposition et la mouvance présidentielle peinent à s’accorder sur un minium de critères devant conduire à la tenue du scrutin.

Le président Alpha Condé a fixé la date de ce scrutin parlementaire au 30 juin. Ce qui n’est pas du goût de l’opposition républicaine, une coalition d’une quarantaine de partis politiques.

Les centristes, menés par l’ancien Premier ministre Jean-Marie Doré jugé pourtant proche du président Condé s’oppose contre une fixation « à contresens de la procédure et des faits sur le terrain » de la date des élections parlementaires. La fixation de la date a réduit toute chance de réussite du dialogue qui était en phase de démarrer sous la houlette du Premier ministre Mohamed Saïd Fofana et du facilitateur de communauté internationale.

« Par la volonté du président, Monsieur Saïd Djinit est en touriste à Conakry. Le président lui a enlevé l’objet, le motif d’être à Conakry’’, a dit Doré dans une interview accordée à RFI.

L’opposition a décidé d’organiser une série de manifestations sur la voie publique pour contraindre le pouvoir à annuler la date, résilier le contrat de Waymark et accepter le vote de la diaspora guinéenne. « Nous allons organiser une série de manifestations jusqu’à la satisfaction complète de nos revendications’’, a dit Aboubacar Sylla, porte-parole de l’opposition. Le groupe soupçonne l’opérateur sud-africain Waymark chargé de la révision du fichier électoral et sa filiale guinéenne Sabary Technology d’être des machines à gagner des suffrages pour le parti pouvoir.

Au moins dix morts ont été enregistrés dans ces affrontements en deux ans entre forces de l’ordre et militants de l’opposition d’une part, et entre opposants et supporters du régime d’autre part. Les dernières protestations remontent au jeudi 18 avril et ont fait au moins un mort, selon l’agence Reuters.

Le Gouvernement, les partis d’opposition et de la mouvance ont appelé mercredi les forces de l’ordre, les militants et sympathisants des partis politiques à faire preuve de retenue, selon une déclaration transmise par la présidence guinéenne. Ils ont aussi invité les différentes parties à « éviter toute forme de violence, notamment, à l’occasion des manifestations organisées par les partis politiques ». « Dans l’intérêt de toutes les populations guinéennes sans distinction, nous nous engageons à régler nos différends uniquement par les moyens pacifiques », ont-ils signifié  dans la déclaration conjointe.

L’engagement de toutes les parties à résoudre les différends par voie pacifique sonne comme un signe fort allant dans le sens de l’apaisement. Le collège des facilitateurs devant concilier les différentes positions avant les élections législatives s’est réjoui de la déclaration sur la non-violence.

« Nous saluons également la déclaration solennelle que vient de faire le Président de la République, chef de l’Etat, dans laquelle il prend d’importants engagements relatifs au processus électoral et qui sont de nature, nous l’espérons vivement, à créer une atmosphère plus propice à la concertation et au dialogue’’, a indiqué Saïd Djinnit.

Elie Ougna
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