dimanche , 22 septembre 2019

Alpha Condé fixe les législatives au 30 juin avec la bénédiction de la communauté internationale

Le président Alpha Condé a pris ce samedi un décret convoquant le corps électoral au scrutin législatif le dimanche 30 juin prochain. Selon nos informations, Alpha Condé avait pris toutes les précautions pour s’assurer que la communauté internationale l’accompagnerait à cette date.

Selon plusieurs sources, la communauté internationale commençait à se lasser de la mésentente des acteurs politiques guinéens autour des conditions préalables pour les élections législatives. « Au début, on partageait le tort entre la mouvance présidentielle et l’opposition et on jouait au bon samaritain, sans donner une position tranchée », rappelle un diplomate étranger en poste à Conakry.

Les choses ont commencé à changer lorsque l’opposition est montée au créneau lors des dernières manifestations populaires et sorties médiatiques pour taxer de partialité le représentant de l’Union Européenne en Guinée, Philip Van Damn, nous informe-t-on.

Lorsque le cadre de dialogue s’est mis en place, l’opposition a d’abord refusé la médiation de la représentante résidente du système des Nations Unies en Guinée la sud-africaine Metsi Makhetha. Au motif que l’opérateur technique Waymark est une compagnie sud-africaine, selon un informateur proche de la primature.

La récusation du Général sénégalais Lamine Cissé par l’opposition comme médiateur international, alors que la communauté garde une image d’un officier supérieur probe pour avoir signifié au président Abdou Diouf en 2000 qu’il avait perdu l’élection présidentielle, a fini par convaincre que l’opposition ne veut pas aller aux élections, ajoute-t-on.

Selon des sources diplomatiques, le porte-parole de l’opposition Aboubacar Sylla avait dit lors d’une conversation téléphonique avec Mohamed Saïd Fofana,Premier ministre qu’il n’avait pas de grief particulier contre la désignation du général sénégalais comme facilitateur dans la crise guinéenne, avant de se raviser alors que le courrier de requête du premier ministre était déjà parti aux Nations Unies……

C’est d’abord la diplomatie américaine qui aurait confondu les opposants guinéens : « vous avez le droit de boycotter les élections, mais vouloir empêcher la tenue des élections, c’est encourager la violence », martelait ces dernières semaines le nouvel ambassadeur des USA en Guinée Alexander Laskaris à chaque rencontre avec les leaders de l’opposition, selon plusieurs sources.

Déjà, dans un discours prononcé en fin janvier à l’occasion de l’annulation de la dette de la Guinée, le nouvel ambassadeur des Etats Unis s’était montré agacé : « La Guinée est à la veille des élections législatives, mais les seuls débats que nous entendons portent sur des questions techniques(…) La démocratie et la prospérité ne viendront pas avec une élection législative, ou même avec deux ou trois campagnes. »

Ensuite, la diplomatie française a fini par pousser Alpha Condé à mettre fin à ses atermoiements. « Il n’est pas compréhensible que le Mali qui est en guerre organise son élection au mois de juillet alors que la Guinée qui est en paix ne puisse pas le faire avant », avaient recommandé des diplomates français à Alpha Condé.

Enfin l’ONU pour ne pas donner un mandat à durée indéterminée à Saïd Djinnit dans sa médiation de la crise guinéenne, aurait exigé cette semaine d’Alpha Condé la fixation préalable de la date des législatives, a-t-on appris d’une source proche de la présidence.

The last but not the least, « la communauté internationale ne pouvait tout simplement pas se permettre le luxe de laisser, ad vitam aeternam, un pays aussi riche que la Guinée, dans les seules mains d’un président de 75 ans, sans un dauphin constitutionnel désigné : on ne sait jamais ! », résume un haut fonctionnaire à la CEDEAO, pince-sans-rire

Source: guineenews.org

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