samedi , 18 août 2018
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Manifs contre les délestages intempestifs : à qui la faute ?

Après trois semaines d’accalmie, la capitale guinéenne Conakry a de nouveau renoué avec la violence. Des jeunes gens, essentiellement de la commune de Ratoma, se sont fait entendre bruyamment, pour dit-on protester contre les coupures intempestives et incompréhensibles de courant électrique dans la capitale en général, et dans leurs quartiers respectifs en particulier. Dans leurs marches de protestation, les jeunes  s’en sont violemment pris aux automobilistes privés,  ainsi qu’aux autobus nouvellement mis en circulation.

 

 

Six de ces bus de la SOTRAGUI  ont fait les frais de la colère des manifestants de Bambéto, Cosa, Kipé. Durant ces trois jours « d’enfer », des citoyens ont aussi été gratuitement agressés et leurs biens vandalisés. Pour ramener le calme, les agents des forces de l’ordre ont dû recourir à des tirs nourris, rappelant du coup les dures journées d’extrême tension, suite à la marche dite pacifique de l’opposition guinéenne, pour exiger de meilleures conditions d’organisation des élections législatives, devant mettre un terme à la lancinante et douloureuse transition guinéenne. Si besoin en est, il n’est plus nécessaire de rappeler que les habitants de Conakry ont tout à fait le droit de réclamer une meilleure desserte de fourniture du courant électrique dans leurs ménages, après deux ans de « changement » de la troisième République.  Mais de là à vandaliser de paisibles citoyens, qui faut-il le rappeler subissent la même misère que les protestataires du fait du manque de courant à Conakry est tout simplement inadmissible.


C’est désormais un secret de polichinelle : les jeunes de la bretelle Bambéto, Cosa, Hamdalaye etc, trouvent prétexte, pour la moindre incartade, à s’illustrer négativement en s’attaquant aux biens et à la personne physique des citoyens qui ont le malheur d’avoir librement choisi de vivre dans ces quartiers périphériques de Conakry. Aussi, la moindre intervention des gendarmes et policiers pour freiner leurs élans bellicistes est-elle perçue par l’opposition, ou sinon par l’UFDG de Cellou Dalein Diallo comme une « militarisation » dirigée comme des peuls, pour reprendre l’expression du leader de ce parti.

 

La faute au gouvernement d’Alpha Condé


S’il faille situer les responsabilités, l’on ne pourrait que pointer du doigt la gouvernance du président Alpha Condé, qui après deux ans à la tête de ce pays, peine encore à rétablir la desserte de courant dans les foyers.

 

Force est cependant de reconnaitre que le gouvernement a consenti de nombreux efforts pour permettre aux Conakrycas  de bénéficier de meilleures conditions de desserte du courants dans leurs foyers.

 

Des dizaines de millions de dollars ont été investis dans la réhabilitation des anciens groupes thermiques de Tombo, de même que dans l’achat de groupes électrogènes neufs d’une capacité totale de 150 mégawatts. Le gouvernement a également  lancé les travaux de construction du barrage hydroélectrique de Kaléta qui devrait dans trois ans fournir quelques 240 mégawatts. Pour seulement dans la capitale, 500 transformateurs électriques ont été installés pour améliorer la desserte. Les villes de l’intérieur du pays ont également bénéficié de l’éclairage public grâce aux panneaux solaire, mais aussi, des groupes électrogènes ont été installés pour fournir du courant aux ménages.

 

Comment expliquer donc que les efforts contrastent avec les médiocres résultats enregistrés sur le terrain ? Une bonne partie de l’opinion nationale pointe du doigt la gouvernance d’Alpha Condé, qui après deux ans, pêche dangereusement dans sa façon de nommer des cadres aux postes de responsabilité. Les nominations semblent porter pour la plupart sur des critères subjectifs de la seule appartenance au RPG.

 

A l’analyse, la faiblesse des résultats de l’EDG sur le terrain ne trouve leur explication que dans la médiocrité de la prestation des personnalités en charge du management de cette entreprise.

 

Le volubile Abdoulaye Keita,  directeur de la Coordination de cette société semble plus porté sur la littérature que sur la gestion administrative, qui ne devrait obéir qu’à des règles strictes de management, basées sur des objectifs précis à atteindre. Ses pitoyables interventions télévisées sur le petit écran, vantant les « mérites » de sa direction dans une soi-disant amélioration de la desserte a fini par révolter plus d’un guinéen. La cerise sur le gâteau : Keita a récemment présenté à Paris un livre intitulé  « 14 juillet 2011-14 juillet 2012, une année d’action et d’engagement », qui est en réalité une sorte de livre autobiographie, dans lequel il tente  avec beaucoup de peine, de convaincre sur ses « talents » de gestionnaire. Comme on le voit, au lieu de concentrer ses efforts sur le management de sa coordination pour fournir du courant aux populations, le sieur Keita  préfère nous romancer  une soi-disant amélioration de la desserte du courant, qui en réalité n’existe que dans son imagination.

 

En réalité, nombre des  nominations du président Alpha Condé inquiète, et emmène une frange importante des guinéens à s’interroger sur sa volonté réelle d’opérer le changement tant promis aux guinéens. Pour ce qui est de l’EDG, cela crève les yeux qu’il n’est pas besoin de rappeler ici l’incompétence de la direction de cette société, et qu’il faille absolument la remplacer par une équipe capable, ayant déjà fait ses preuves ailleurs. Que l’on ne nous dise surtout pas que des guinéens compétents et honnêtes manquent en Guinée, ou sur les 5 continents de ce monde ?

 

Mais s’il faut continuer à nommer certains pour les récompenser pour leur militantisme connu ou supposé, il va sans dire que nous continuerons à attendre longtemps avant que le changement ne pointe le nez. Et ce serait un véritable gachis pour l’opposant historique qui a combattu durant plus de quarante années de sa vie, pour que les guinéens aspirent au bonheur.

 

Alpha Camara

Gatineau, au  Canada

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