lundi , 26 octobre 2020

Face à la presse, l’opposition maintient ses revendications

Quelques semaines seulement après sa manifestation, l’opposition guinéenne composée de l’Adp, du Collectif et du Cdr, continuent de dresser un bilan du moins humainement catastrophique. Les leaders de ces trois coalitions : Cellou Dalein Diallo, Lansana Kouyaté, Sidya Touré, Aboubacar Sylla… déplorent les violences qui ont émaillé cette manifestation du 27 et les jours suivants. Devant la presse nationale et internationale ce lundi, les

opposants accusent le pouvoir des exactions qui ont causé la mort de 9 personnes dont un gendarme, plus de 200 blessés et plusieurs autres biens saccagés.

Le branle-bas politique est loin d’atteindre son épilogue en Guinée, malgré le cadre de concertation ouvert il y a deux semaines entre les acteurs politiques et le pouvoir. Et la marche dite pacifique de l’opposition du 27 février dernier contre l’opérateur technique Waymark et l’obtention du vote des guinéens de l’étranger ont beaucoup contribué à durcir les positions.

Pour Aboubacar Sylla, porte-parole des trois coalitions de l’opposition, cette manifestation pacifique qui n’était pas loin du succès a connu la mobilisation de quelques deux millions de personnes dans les rues de la capitale guinéenne. Mais malheureusement, dit-il : « Comme toujours, lorsque nous passions devant le siège du Rpg-arc-en-ciel à Hamdalaye (parti au pouvoir), nous avons été victimes de provocation, d’abord par les forces de l’ordre qui ont barré la route et qui ont donc contraint nos manifestants à chercher le passage pour pouvoir continuer la marche. Et ensuite, par certains loubards qui se sont mêlés aux forces de l’ordre qui nous ont jeté des projectiles… Il y a même eu des tirs à balle réelle dont nous avons été témoins ».

Conséquence de cette perturbation de la marche, le porte-parole de l’opposition parle de plusieurs victimes. Et pire, «les jours qui ont suivi ont connu des actions de représailles par certains loubards recrutés pour la cause qui ont investi et violenté des familles entières. Parfois même tirer sur des citoyens qui ont perdu la vie », déplore M. Sylla qui dresse un tableau sombre de leur manifestation : « Le bilan global de cette manifestation, c’est 9 morts, des dizaines et des dizaines de blessés, des centaines d’interpellés. 199 manifestants encore incarcérés à la maison centrale n’ont même pas le droit de visite non seulement de la part de leurs familles mais aussi de la part des leaders politiques que nous sommes. Et ce n’est pas tout, ajoute t-il, il y a eu aussi beaucoup de biens détruits, chiffrés à des dizaines de milliards de francs guinéens ». Il regrette le fait que toutes ces exactions soient faites sans qu’il n y ait encore aucune information judiciaire à l’encontre des coupables. Pour lui, cette impunité fait que le pays a du mal à renouer avec la paix, la cohésion sociale mais aussi la pratique d’une bonne démocratie.

Parlant de la procédure judiciaire engagée contre les leaders politiques par la justice guinéenne, le président de l’union des forces démocratiques de Guinée (UFDG)Cellou Dalein Diallo déclare : « nous avons organisé une manifestation qui n’a pas été interdite. Nous avons respecté toutes les procédures administratives requises pour appeler nos militants et sympathisants à prendre part à cette marche », explique Aboubacar Sylla.

Conséquemment à cette marche, un cadre de dialogue politique présidé par le Premier ministre Mohamed Said Fofana a été ouvert par les autorités. Là également, l’opposition se dit toujours demandeur d’un dialogue structuré, organisé, franc et sincère sur toutes les problématiques des élections. Mais pas celui qui se poursuit depuis deux semaines au palais du peuple et qu’elle qualifie de juxtaposition de monologue. « Pour le gouvernement, il s’agissait simplement de rencontrer tour à tour toutes les coalitions politiques du pays y compris celles qui n’ont jamais demandé, y compris celles qui ont systématiquement épousé toutes les positions du pouvoir. Nous avons dit qu’un tel dialogue n’était pas celui que nous cherchions», lance t-il. En Guinée, a-t-il ajouté : « On avait pas besoin d’un forum de partis politiques encore moins d’une conférence nationale… Nous ne sommes pas entrain d’élaborer une constitution ni définir le régime présidentiel qui est propre à la Guinée. Nous sommes simplement soucieux d’examiner quelques questions précises : le renvoi de l’opérateur technique Waymark, le vote des guinéens de l’étranger et l’obtention d’un cadre légal à la ceni respectant toutes les procédures de prise de décision prévue dans son texte fondateur, afin que les élections à venir soient transparentes, crédibles pour quelles soient donc des élections apaisées », rappelle M. Sylla.

Pour notamment ce cadre de dialogue, l’opposition demande un facilitateur étranger et de préférence un représentant de la communauté internationale. Les raisons qu’elle évoque sont tirées des expériences du précédent dialogue politique. « Nous avons eu de semblants de dialogue de décembre 2011 à février 2012 qui a été mené par un collège de nationaux qui n’ont pas pu échapper à la forte pression qui a été exercée sur lui.

Finalement, la facilitation que nous avons contribuée à mettre en place n’a pas joué le rôle de neutralité que nous attendions de lui », se justifie le porte-parole de l’opposition non sans souligner au passage que la conclusion de ce dialogue soit encore dans les tiroirs de la présidence, sans être appliquée. « Lorsqu’il y a eu des discussions à bâtons rompus, nous avons accepté de faire une concession, celle de retenir une facilitation mixte, composée de guinéens et de représentants de la communauté internationale », mais malheureusement, déplore t-il, le gouvernement s’est opposé farouchement à ce scénario. « Nous avons dû nous séparer sans avoir eu avoir un accord sur cette question importante et sans fixer un autre agenda », martèle Aboubacar Sylla.

La conférence de presse des opposants s’est tenue au dehors et non dans la salle de conférence de la maison de la presse à cause du délestage électrique

Le président de l’Ufr qui déplore ce nouveau cadre de conférence, le fait dans l’humour. « Deux ans et demi après la mise en place du changement, vous comprendrez qu’il soit important de changer le changement. L’opposition n’empêche pas un gouvernement de produire de l’électricité, de balayer les rues de Conakry, de soigner les malades dans les hôpitaux, vous pouvez faire le lien avec d’autres secteurs dont je n’ai pas cité, ils ont confirmé votre propre constat, notre pays recule tous les jours», se moque Sidya Touré.

Abordant le cadre du dialogue, il accuse le camp adverse de subversion. « Si on n’avait pas d’arrière pensée de l’autre côté et qu’on souhaitait vraiment faire avancer le pays, on aurait trouvé une solution à la question », lance t-il même s’il estime que le premier volet qui est le cadre de dialogue est acquis. Il dit à propos de la facilitation que : « nous avons souhaité que ceux qui nous ont accompagné financièrement et politiquement dans le cadre de cette période difficile de notre pays puisse également être témoins en participant à la facilitation». En effet, Sidya qui souhaite l’implication de la communauté internationale n’exclut pas comme facilitateur une représentation de la Cedeao, l’UA ou la Francophonie insiste pour autant sur une médiation mixte. Pour lui, la position de l’opposition est claire : « Nous voulons que ce soit un œil neutre pour regarder cette question», note t-il fermement.

Dans son intervention, Cellou Dalein Diallo lui, dément toute velléité rendant l’opposition responsable des violences qui ont suivi la marche de l’opposition, le 27 février dernier. « Les victimes issues du rang de l’opposition ont été assassinées par les forces de l’ordre appuyées par les loubards et les donzos financés par le pouvoir. Il y a peut-être des policiers qui ont été blessés et qui ont même reçu la visite du président de la république mais nous, nos blessés et nos morts non pas suscité la moindre indignation de monsieur le président. Comme si ce n’était pas des citoyens guinéens», affirme le président de l’Ufdg et chef de l’opposition guinéenne. Cellou Dalein qui dit totaliser 24 opposants tués lors des différentes manifestations avoue que certaines victimes ont été prises dans leurs domiciles et bastonnées à mort.

« Jamais une commission d’enquête n’a été mise en place, la justice n’a cru devoir se saisir pour faire la lumière sur ces cas assassinats, nous sommes révoltés et ce ne sont pas les leaders seulement, c’est toute la population guinéenne», se défend-il refusant le caractère intercommunautaire donné aux affrontements qui ont été enregistrés suite à la dernière manifestation.

L’opposition accuse principalement quelques cadres de l’administration publique notamment Malick Sankon, directeur de la caisse nationale de sécurité sociale, Sékou Resco Camara, gouverneur de la ville de Conakry, Moustapha Naité, directeur général du patrimoine bâti public et Moussa Kabassan Keita, directeur général du centre national de surveillance de pêche d’avoir financé des groupes de loubards qui se sont attaqués en blessant et tuant ses militants.

Sur ce point et d’autres questions sur les différents points de revendication de l’opposition et notamment le bilan de son parti qui souffle ses quatre ans de bougie ce lundi 18 février 2013, le président du pedn Lansana Kouyaté a comme d’habitude harangué les journalistes

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