lundi , 23 septembre 2019

Tierno Monenembo ou une référence perdue pour la jeunesse guinéenne

CONAKRY-Il y a quelques jours, notre écrivain national Tierno Monénembo a effectué une sortie médiatique au vitriol revancharde sur la gestion de notre pays. Ce qui est son droit le plus absolu. La maison Guinée est une jeune démocratie en construction dont les travaux sont encore en cours. Une nation ne se construit pas avec une pierre ni avec un seul Homme mais avec l’effort de ses Forces Vives la composant. Et vous faites partie de cette force vive.


Mr Monénembo, vous êtes certes un grand écrivain qui continu de marquer la littérature Africaine sous toutes ses formes. Mais il reste que vos sorties médiatiques sur notre pays, la Guinée, sont plutôt revanchardes et haineuses. Ce qui fait de vous une référence perdue pour la jeunesse guinéenne. Ne se voient en vous que ceux qui sont de votre ethnie ! Malheur ! En outre, avoir pris la décision d’assister à une réunion publique d’un parti politique(UFDG) (sans jamais avoir assisté, à ma connaissance, à celles des autres y compris ceux de la mouvance) prouve à suffisance votre partie prise, prouve que votre regard sur la Guinée a un axe politique basé sur l’Ethnie.

A la lecture des livres de Mr. Thierno Saidou Diallo ou Tierno Monénembo son nom de plume , je formule deux remarques importantes : d’une part les personnages principaux de vos romans sont majoritairement de votre Ethnie (Peulh), et d’autre part, on y sent une forte apologie de la communauté Peulh, et de la région du Fouta Djallon. Sur ce point, je mets aux défis toute personne me prouvant le contraire !

Votre stratégie consiste, dans vos différents romans, à choquer la jeunesse peulh pour éveiller leurs consciences sur la zizanie intracommunautaire en les amenant à se voir dans le miroir en vue de taire leurs contradictions. Sur ce plan, il semble que vous avez réussi. Quelques extraits de votre livre intitulé “Le Roi de Kahel – Prix Renaudot 2008” (Editions du Seuil, mai 2008) ; Page 51 : « …race peule, réputée rusée, méfiante, fanatique et perfide, toujours sur ses gardes, jamais vraiment amie » ; Page 114 : « …notre éthique, le poulâkou, nous commande de nous conduire comme le caméléon… » ; Page 168 : « …les Anglais sont sournois et les Peuls cupides et versatiles.

La rencontre de ces deux races perfides … » ; Page 224 : « Ils savaient que, chez les Peuls (…) le fruit de l’amitié cachait toujours un noyau : celui, toxique, de la perfidie et de la trahison » ; Page 268 : « C’est vrai que l’on était au Fouta où rien n’était jamais sûr, surtout avec les frères de sang et les alliés ». Page 60 : « Se montrer franc est un manque de finesse, se regarder face à face un impardonnable signe de grossièreté. Chez les gens de la côte, la franchise passe pour la meilleure qualité de l’homme, au Fouta, la duplicité, pour un signe de noblesse et de raffinement»

Aux dernières élections présidentielles, le slogan « c’est notre Tour » a pris une ampleur considérable. A aucun moment vous n’aviez critiqué un tel slogan au sens méprisant, revanchard et haineux. Pourquoi ?

Au lieu de faire l’apologie de votre seule région, il serait intéressant que vous mettiez vos brillantissimes connaissances au service de la Nation Guinéenne à travers l’enseignement, la lecture, l’histoire de la Guinée bref l’Education Nationale. Que vous deveniez un intellectuel engagé au service des causes justes, critiquant tant la mouvance que l’Opposition. Vous cesserez alors d’être la référence perdue pour devenir la RÉFÉRENCE tout court.

Ainsi vos réflexions seront « bues » par les jeunes de tous bords. Critiquer est certes une bonne chose car elle permet de corriger les imperfections, les tares. Mais proposer des solutions non revanchardes et moins haineuses vous fera rentrer dans notre panthéon national vous installant ainsi dans le cœur de tous les Guinéens. Il est temps que vous observez votre Guinée avec une loupe moins occidentale et totalement a-partisane.

Votre place dans la maison Guinée est ailleurs plutôt que sur les champs politiques. Des imperfections existent et existeront dans le processus démocratique de notre jeune nation. Pour les corriger, il serait important que vous vous associez, oh brillant intellectuel, au peuple dans son ensemble afin d’ériger une nation unie et prospère. N’attendez donc pas l’arrivée du « parent peul » au pouvoir pour le faire. C’est maintenant ou à jamais !

En effet, une nation peut se construire sur des divergences seulement lorsque ces dernières sont constructives. Faites en sorte que vos analyses ne sèment pas la haine en Guinée d’aujourd’hui et de demain. La haine est pour les esprits faibles et maléfiques. C’est pourquoi le Dalaï Lama classe la haine dans les « émotions négatives », celles qui poussent à la destruction de tout genre.

Sirady Diallo
siradydiallo@yahoo.fr

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