mardi , 18 décembre 2018
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Centrafrique: la rébellion confirme le choix de Tiangaye comme Premier ministre

La rébellion du Séléka a confirmé mardi la désignation par l’opposition – démocratique et armée – de l’avocat Nicolas Tiangaye comme futur Premier ministre du gouvernement d’union nationale de la Centrafrique, ouvrant la voie à sa nomination par le président François Bozizé.

« Nous venons de confirmer (le choix de) M. Tiangaye comme Premier ministre. C’est le futur Premier ministre, il n’y a plus d’objection », a déclaré le chef du Séléka Michel Djotodia à sa sortie à Brazzaville d’une audience avec le président congolais Denis Sassou Nguesso, qui dirige le Comité de suivi de l’accord de paix de Libreville.

Les négociations dans la capitale gabonaise avaient réuni la semaine dernière le pouvoir, l’opposition politique et les rebelles qui avaient conquis une grande partie du pays après leur soulèvement le 10 décembre.

L’accord de sortie de crise signé vendredi à Libreville prévoit « un nouveau Premier ministre issu de l’opposition ». Dimanche soir, Josué Binoua, le ministre de l’Administration territoriale du gouvernement démis la veille, avait déclaré que le président Bozizé, informé de la désignation de Me Tiangaye par l’opposition démocratique, attendait d’être informé « par écrit » du nom proposé par les rebelles avant de le nommer.

L’annonce depuis Brazzaville après une entrevue avec Denis Sassou semble donc lever le principal obstacle à la nomination de Me Tiangaye, « le président Bozizé jouant un peu sur les mots pour retarder la nomination de Tiangaye qu’il n’apprécie pas », a souligné un observateur avisé.

« Nous sortons de cette entrevue avec beaucoup d’optimisme quant à l’avenir de notre pays. Il n’y a plus de dissensions parce que l’accord de Libreville a prévu que le Premier ministre doit être issu de l’opposition démocratique et l’opposition démocratique m’a désigné à l’unanimité. Cela a été approuvé par la coalition Séléka », a commenté Me Tiangaye.

« Je vais rentrer avec le Séléka à Bangui qui va confirmer la proposition faite par l’opposition démocratique », a-t-il précisé.

De source de la délégation de Me Tiangaye, les rebelles et lui rentreront mardi en fin d’après-midi à Bangui.

Depuis Paris, Guy Simplice Kodegue, ancien porte-parole du président défunt Ange-Félix Patassé, s’est aussi rangé à ce choix, assurant « apporter personnellement un appui politique sur le fond à la candidature de Nicolas Tiangaye » bien que  » la procédure de désignation n’a pas été respectée ».

Toutefois, l’ancien ministre de la Défense Jean-Jacques Demafouth, qui a dirigé le comité de suivi des accords de Démobilisation, désarmement et réinsertion (DDR) des anciens combattants, a jeté un pavé dans la mare, en se proposant « comme recours ».

Il affirme être soutenu par d’ex-rebelles adhérant aux anciens accords de paix (opposition politico-militaire non combattante) et des partis politiques ne faisant pas partie de la coalition d’opposition que M. Tiangaye coordonne et assure que « des hommes sur le terrain sont contre cette nomination ».

Selon un observateur, « cette candidature a toutefois peu de chance d’aboutir, le président Sassou devant vraisemblablement appuyer la candidature de Tiangaye conformément à l’accord de Libreville ».

Le président Bozizé devrait donc nommer Me Tiangaye dans les heures qui suivent l’arrivée de la délégation opposition-rebelles à Bangui. Selon l’accord de Libreville, il n’aura pas le pouvoir de le révoquer par la suite.

Si des éléments de la rébellion ont maintes fois réclamé le portefeuille de la Défense du futur gouvernement, M. Djotodia s’est montré mesuré: « Le partage des portefeuilles est une échéance à venir. Il est trop tôt pour dire si oui ou non nous réclamons la Défense. Après la formation du gouvernement on verra comment procéder au regroupement et au retrait de nos troupes ».

La rébellion, qui n’a pas obtenu le départ de Bozizé et a fait la concession sur le poste de Premier ministre, devrait obtenir sinon ce portefeuille, au moins des ministères clé du futur gouvernement.

AFP

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