dimanche , 18 novembre 2018
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Affaire 19 juillet : Sous « menaces », AOB dit avoir alerté le général Sékouba Konaté

Le procès des présumés auteurs de l’attaque, le 19 juillet 2011, de la résidence du président Alpha Condé à Kipé en haute banlieue de Conakry a enregistré son troisième round mercredi à la Cour d’Appel avec le commandant Alpha Oumar Boffa Diallo ‘’AOB’’. Considéré comme le cerveau de cette opération, AOB ne décale toujours pas, le procureur général William Fernandez aussi.

Ce mercredi, lors des débats entre avocats de la partie civile et ceux de la défense, l’accusé a réitéré sa promesse de faire des révélations dans les prochains jours lorsqu’il sera en face des témoins de la partie civile. « J’attends à ce que les intéressés soient là », déclare t-il devant la Cour. Continuant, il explique qu’il était dans l’état d’inconscience quand son procès verbal du 20 juillet 2011 a été enregistré par le juge d’instruction. Et de préciser : «J’avais commencé à perdre la conscience entre les deux hôpitaux. Du 19 au 20 juillet, j’étais dans la salle de réanimation et c’est en ce moment là que le PV du 20 juillet a été établi ».

Alpha Oumar Diallo dit ne pas comprendre pourquoi le procureur général de la république le menace : « tout le temps que je parle, il me menace. Je ne sais pourquoi ? ». Ajoutant ignorer l’intention des assaillants cette nuit là. « Je suis étonné qu’il y ait eu 2h de tirs dans la capitale et qu’il n’y ait pas eu de patrouille quelconque, aucun barrage », s’étonne AOB.

Votre réaction de cette nuit était-elle la bonne en tant que militaire ? lui demande un avocat de la partie civile. AOB de répondre : « la variante que j’ai choisie est la meilleure façon de faire en alertant la garde ». Et se dit prêt à la confrontation avec les témoins de la partie civile à condition, dit-il, que ces derniers ne soient pas préparés d’avance. « Sinon, je refuserai de témoigner », annonce-t-il.

Il ajoutera par la même occasion avoir alerté le général Sékouba Konaté (ndlr, ex-président guinéen de la transition) à propos des menaces qui pèseraient sur lui. A l’en croire, ce dernier lui a répondu en ces termes : « combien d’hommes as-tu besoin pour ta protection ?  » L’ex-président de la transition, selon AOB, a indexé le général Boundounka Condé (ndlr, ex-chef d’état major de l’armée de terre) comme étant celui qui était derrière tout ça.

AOB a également déclaré que sa famille a été convoquée à la gendarmerie mobile (PM3) de Matam à des fins d’enquêtes. « Mon domicile a été saccagé au moment où ma famille était à la gendarmerie par la garde présidentielle conduite par un des mes anciens élèves en 1993».

Répliquant aux déclarations du commandant AOB, le procureur de la république William Fernandez, apparemment imperturbable, d’indiquer : « j’ai été invectivé hier (ndlr, mardi 8 janvier) par lui (ndlr, AOB) en me traitant de satan et que je ne prie pas ». Et de soutenir avoir été très transparent dans le procès. Cette réaction de l’avocat général fait suite aux altercations qui ont éclaté entre AOB et l’un des avocats de la partie civile.

Toute la journée, l’ex-membre de la garde présidentielle sous l’ancien président général Lansana Conté n’a cessé d’insister sur la présence des témoins de la partie civile à la barre. « A l’arrivée des témoins, j’ai des déclarations à faire » soutient-il. Et d’indiquer : « si c’est un coup fomenté on le saura, et si c’est un vrai coup on le saura aussi ». Selon AOB, feu colonel Issiaga Camara lui aurait dit deux jours avant sa mort qu’il ne regrette rien d’avoir servi la nation loyalement.

Dans la foulée, les avocats du commandant AOB ont fait des observations à l’endroit du président de la Cour Fodé Bangoura quant aux demandes qu’ils ont eu à faire à l’endroit du ministère public pour la mise en place d’une équipe d’experts en balistique. Cette équipe, précisent les avocats, doit vérifier les impacts de balles qui ont été tirées sur la résidence du président de la République, ainsi que l’autopsie sur les victimes de l’attaque. Une requête qui a été refusée, selon les avocats de la défense.

Selon la défense, le ministère public n’a pas toujours trouvé des faits qui inculpent leurs clients. Par contre, déclare-t-elle, « l’avocat général a présenté un spectacle lamentable hier » (ndlr, mardi 8 janvier) lors des débats, lorsqu’il a présenté un PV non signé. Et d’enfoncer : « le procureur de la république est en manque de preuves. Le dossier a été bâclé. ».

Comme pour appuyer leur argumentation, les conseils de AOB ont eux aussi réclamé la comparution des témoins cités par le ministère public en vue d’une confrontation entre le comparant et ces derniers. A vendredi…

MEDIAGUINEE

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