lundi , 22 juillet 2019

Affaire 19 juillet: Les piques du procureur général contre AOB

Affaire 19 juillet 2011. Les assises les plus attendues en Guinée ces dernières années se poursuivent à la Cour d’appel de Conakry. Au deuxième jour mardi de son audition, le commandant Alpha Oumar Boffa Diallo « AOB », le présumé cerveau de l’attaque de la résidence privée du chef de l’Etat professeur Alpha Condé, s’est de nouveau prêté aux questions du ministère public, des avocats de la partie civile et de ses conseils.

« Je suis commandant Alpha Oumar Diallo « AOB ». Né en 1962 à Boffa. Je suis de grade chef de bataillon, père de cinq enfants … Je reconnais avoir été l’instigateur de cette attaque… ». C’est en substance le contenu du procès-verbal d’enquête préliminaire lu par l’accusateur (le parquet) pour contredire l’accusé qui rejette en bloc les chefs d’accusation portés contre lui.

Dans ce procès-verbal fait à Conakry, mercredi 20 juillet 2011, à 15 h 00 (NDLR : au lendemain de l’attaque), tout comme dans le procès-verbal du juge d’instruction, AOB reconnaît les faits qui lui sont reprochés. Mais, devant la Cour d’assises, il a rejeté la paternité de ces propos qui font de lui un accusé qui plaide coupable des faits, et a accusé William Fernandez d’être parmi ceux qui les lui ont attribués.

En revenant sur « ces propos » de l’accusé, William Fernandez dira que le code de procédure pénale a toujours été strictement appliqué depuis le début de la procédure judiciaire. Mais l’accusé rétorquera en disant que le juge d’instruction a établi ce procès-verbal à un moment où il était dans un état d’inconscience.

« Étant dans l’inconscience, comment avez-vous pu répondre aux questions du juge d’instruction ? », lui a demandé le parquetier. En réponse, AOB a réitéré qu’il était sous les effets de la grenade lancée contre lui à Coronthie par les inconnus qui le pourchassaient depuis la résidence du président de la République.

Les scellés – les armes de guerres exposées par le parquet – ont été aussi niées par AOB.

« A ma connaissance, ces armes (NDLR : les scellés) sont utilisées contre le blindage. On les utilise contre un char qui est à 200 ou 300 m. Si ces armes avaient été utilisées contre la maison du chef de l’État, je ne pense pas qu’au moins deux personnes puissent s’en sortir », a expliqué le commandant AOB en tant que fin connaisseur des armes. Ce que reconnaît plutôt AOB est que ceux qui l’ont conduit à la résidence du chef de l’Etat étaient armés d’armes d’assaut.

Partant du procès-verbal de l’enquête préliminaire, le procureur général dira que ce 19 juillet 2011, il a été saisi dans le véhicule de AOB des lance-roquettes anti char, des fusils mitrailleurs, des pistolets mitrailleurs, des grenades, des boîtes chargeurs de fusils, des roquettes… La longue liste d’armes de guerre a apparemment choqué l’accusé qui a traité de « satan » le procureur.

Énervé, AOB n’est revenu sur ses meilleurs sentiments qu’après l’intervention du président audiencier Fodé Bangoura qui lui a expliqué que son adversaire dans ce dossier n’est personne d’autre que le représentant du ministère public. Et que ce dernier a pour devoir de chercher à établir la véracité de ses accusations.

Peu avant les chaudes questions du parquetier, AOB qui répondait aux questions aisées de ses avocats, a expliqué qu’il n’a jamais pensé à un coup d’État contre le pouvoir actuel.

« On prépare d’abord l’échec d’un coup d’État avant de le perpétrer. Si je voulais faire un coup d’État, j’allais d’abord chercher à mettre à l’abri de tout danger ma famille… », a soutenu l’accusé qui a essuyé un feu roulant de piques…

Par MEDIAGUINEE (avec GUINEENEWS)

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