mercredi , 3 juin 2020

Cour d’assises : 20 ans de réclusion criminelle pour Souka, le bandit qui faisait trembler Conakry

Au terme des plaidoiries et réquisitions qui ont eu lieu ce vendredi, la Cour d’assises de la Cour d’appel de Conakry a rendu sa décision dans l’affaire ministère public contre Mohamed Conté ‘’ Souka’’ et ses quatre co-accusés poursuivis pour associations de malfaiteurs, vol à main armée, détention et vente illégale d’arme de guerre.

L’accusé principal, Souka, a écopé de 20 ans de réclusion criminelle, Mohamed Lamine Sylla et Mory Keita ont été condamnés à 10 ans d’emprisonnement de réclusion criminelle chacun. Et quant à l’adjudant Zaoro Bilivogui, il a écopé la plus petite peine avec cinq (5) ans de réclusion criminelle conformément à l’article 17 de la loi 008 portant sur les armes, les munitions, les poudres et les explosifs.

Au cours de la délibération, la Cour et le jury ont unanimement estimé que tous faits reprochés à l’accusé Mohamed Conté ‘’ Souka’’ sont fondés. Toutefois, ils ont estimé qu’il existe des circonstances atténuantes en sa faveur, tout comme en faveur des autres accusés.

Sur l’action civile, le criminel confirmé, a été condamné au paiement de 50 millions de francs guinéens au capitaine Cécé Théa sur lequel il a porté des coups et blessures volontaires ayant entrainé la perte d’usage d’un de ses organes (l’organe génital).

Concernant l’accusé Mohamed Lamine Sylla, la majorité des membres du jury et de la Cour l’a reconnu coupable des faits d’association de malfaiteurs, de vol à main armée, de détention et de la vente illégale d’arme de guerre.

Sur les trois chefs d’accusation pour lesquels ils étaient poursuivis, seul un – celui d’association de malfaiteurs – a été retenu contre Mory Keita dit ‘’Kif’’.

Quant au militaire du groupe, l’adjudant Zaoro Bilivogui, il a été retenu dans les liens de culpabilité de détention et de vente illégale d’arme de guerre.

La peine prononcée par la Cour a irrité les avocats de la défense qui ont promis de se pourvoir en cassation pour diminuer les peines infligées aux accusés. « Souka est un accusé pas comme les autres. Il a défendu vaillamment la nation guinéenne quand elle a été attaquée par des rebelles à la frontière avec la Sierra-Leone. Il ne devait donc pas écoper une telle peine », a réagi Me Labila Michel Sonomou à cette décision.

Au cours de leurs plaidoiries, les avocats ont démontré que c’est par le fait de l’État que Souka est devenu ce qu’il est aujourd’hui. « C’est l’État qui l’a formé, et qui l’a abandonné…Toutefois, c’est une personne récupérable », a plaidé en substance Me Sonomou. La défense a aussi dénoncé les tortures dont ses clients ont été victimes au cours de l’enquête préliminaire. Partant de ces arguments, les avocats ont signifié à la Cour qu’il existe des circonstances atténuantes en faveur de Mohamed Keita.

Le ministère public représenté par l’avocat général de la Cour d’appel de Conakry, William Fernandez, a requis la réclusion criminelle à perpétuité contre Souka. Contre Mohamed Lamine Sylla et Kif, il a requis 20 ans de réclusion criminelle chacun et cinq (5) ans contre Zaï Bilivogui.

A préciser que la Cour, conformément aux dispositions de l’article 232 du code de la procédure pénale, s’est abstenu de se prononcer sur le cas du colonel Amadou Bangoura. Cet article stipule : « La Cour d’assises a plénitude de juridiction pour juger les individus renvoyés devant elle par l’arrêt de mise en accusation. Elle ne peut connaître d’aucune autre accusation. »

En outre, le procureur général a rassuré la Cour qu’une procédure spéciale est déjà en cours contre le colonel Amadou Bangoura selon l’article 232 du code de procédure pénale.

Devant l’absence de preuves d’innocence du colonel Bangoura, M. Fernandez a demandé au haut commandement de la police de le radier des effectifs de la police guinéenne comme l’a fait le ministre délégué à la Défense nationale avec la radiation de 11 militaires pris en flagrant délit dans le braquage à Mamou du véhicule de l’opérateur économique, Yoro Condé.

Concernant le gouverneur de Conakry, le commandant Sékou Resco Camara, le procureur Fernandez l’a accusé d’immixtion dans les affaires judiciaires en déclarant à la télévision nationale que Souka a tué 25 personnes.

« Le gouverneur Resco a déclaré à la télé que Souka a tué 25 personnes ; ce qui n’a pas été prouvé ici à la barre pendant quatre jours de débats. Il n’y a eu aucun plaignant contre Souka. C’est pourquoi, je lui demanderais de nettoyer la ville de Conakry qui est sale. Le gouverneur ne s’occupe pas des attributions de la justice. C’est lui qui a diabolisé Souka. Il n’a qu’à s’occuper donc de ses attributions », a-t-il dit à celui qu’on considère comme le sheriff de la ville de Conakry.

Mediaguinee

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