vendredi , 24 mai 2019

Kassory Fofana : « L’année 2012 aura été une année perdue pour la Guinée »

Allié stratégique du président Alpha Condé au second tour de la présidentielle de 2010, Ibrahima Kassory Fofana, président du parti « Guinée Pour Tous » a rallié l’opposition depuis quelques mois et n’hésite pas à utiliser des expressions plus dures pour qualifier la gestion du pouvoir. Son discours de vœux du nouvel an adressé à ses compatriotes en fait foi.

Mes chers compatriotes résidents et non résidents en Guinée.

En ces derniers instants de l’an 2012, je voudrais adresser à tous les Guinéens où qu’ils vivent et ce, au nom de la grande famille des membres et sympathisants du parti Guinée Pour Tous ainsi qu’en mon nom personnel les vœux sincères de bonheur pour la nouvelle année qui s’ouvre à nous.

Je souhaite exprimer ma sympathie, ma compassion et ma solidarité pour ceux qui, parmi nous endurent la souffrance, la maladie ou, simplement le désespoir.

L’année 2012 aura été globalement une année difficile pour la Guinée et pour les guinéens. Elle aura enregistré une détérioration de leurs conditions d’existence avec, notamment la recrudescence de l’insécurité, l’accentuation de la pauvreté, et par dessus tout, la détérioration du climat politique et social.

Sur le plan sécuritaire, l’année 2012 a vu s’envoler les progrès pourtant enregistrés et salués l’année précédente. Ainsi les Conackrykas et nos concitoyens des principales agglomérations du pays sont encore retombés dans la violence, la peur et l’inquiétude.

La situation d’insécurité qui prévaut dans la cité a endeuillé de nombreuses familles. Parmi les victimes, elle a arraché à notre affection ma camarade d’école, collaboratrice de service et amie de tous les temps, Madame Aissatou Boiro dont nous pleurons encore de toutes nos larmes la mort tragique. Nous implorons Dieu pour que son âme repose en paix et avec elle l âme de Paul COLLE, ce jeune et brillant expert en informatique, ainsi que toutes les autres victimes qui ont payé gratuitement et injustement de leur vie la situation de l’insécurité ambiante.

Sur le plan économique, malgré la stabilité macroéconomique en voie d’être retrouvée, avec notamment le PPTE pour l’obtention duquel je tiens à redire mon hommage aux autorités pour des efforts consentis, l’année 2012 aura été une année perdue pour la Guinée et pour les Guinéens. Le standing de vie s’est dégradé, notamment la famine et la maladie ont poursuivi leur progression ascendante à cause de la paupérisation généralisée, conséquence des problèmes aigus de gouvernance auxquels le pays est cruellement confronté. En effet, la situation ambiante de mal gouvernance a conduit à la fermeture de nombreuses usines et entreprises tant publiques que privées, au gel des investissements privés notamment dans le secteur prive. Ceci a livré au chômage et à la précarité des centaines voire des milliers de compatriotes.

Que pouvons-nous dire du climat politique et social ?

L’année 2012 aura été marquée par le recul des valeurs en matière de démocratie avec pour corollaire une situation de plus en plus inquiétante d’instabilité politique et sociale. Les droits politiques primaires, droits d’expressions, de regroupement libre de militants de parti etc.… sont quotidiennement bafoues. La confiance et le dialogue sont rompus entre la classe politique et l’autorité gouvernante. Les conséquences de cette situation déplorable se traduisent, entre autres dans le retard pris dans l’organisation et la tenue des élections législatives suivant le calendrier issu des accords de Ouagadougou.

Il y a en effet un manque de consensus politique minimum aggravé par la rupture du dialogue politique. Cet état de fait entretient un climat d’instabilité politique, et par voie de conséquence nuit à l’environnement des affaires.

Notre pays est entrain de perdre ses chances de devenir la destination privilégiée dans la région Ouest Africaine pour les investissements directs étrangers. Pourtant, nous avons pleinement le droit de prétendre à ce privilège compte tenu du potentiel économique du sol et sous-sol guinéen et l’avènement aux commandes de la République d’un Président issu des urnes dans les normes de la démocratie moderne.

Les conséquences sociales de la mal gouvernance politique se révèlent être de plus en plus désastreuses. Elles menacent même les fondements de notre équilibre sociétal. Pour preuves, nous avons connu au cours de l’année 2012 six foyers de tension dans le pays à savoir Zogota, Beyla, Gueckedougou, Labe, Kissidougou, et Siguiri. Foyers qui, pour certains ont enregistré hélas de nombreuse pertes en vies humaines, notamment a Zogota et Gueckedougou.

C’est avec l’âme meurtrie, le cœur déchiré, et le moral affaissé, que nous déplorons ces pertes en vies humaines dont on aurait pu faire l’économie. En effet, les tragédies que nous vivons aujourd’hui tirent leur origine dans la volonté des autorités de récréer en Guinée le système de gouvernance de parti-état et d’instaurer une démocratie à double standard. Une démocratie dans laquelle tout est permis aux uns, c’est le RPG Arc en Ciel, et ou tout est refusé aux autres, ce sont tous les autres partis. Une démocratie dans laquelle l’administration républicaine a perdu ses titres de noblesses.

En effet nous assistons, peu à peu, à la mise en place d’une nouvelle administration dans laquelle l’allégeance et la loyauté au RPG Arc en Ciel sont des critères privilégiés de promotions des cadres au détriment de celui de la compétence. Sont quotidiennement relevés de leurs postes de responsabilités les cadres qui ne militent pas dans le parti RPG Arc en Ciel. Finalement, la « Rpégisation » des structures de l’Etat et de l’administration territoriale a démotivé les fonctionnaires. Cette politique d’exclusion a affecté les performances d’une administration structurellement déjà faible dans la fourniture de services de qualité attendus des utilisateurs de services publics.

La politique d’exclusion ainsi pratiquée, érigée en système de gouvernance doit cesser afin de restaurer le climat de confiance indispensable à la paix sociale. A cet égard, je prie le gouvernement de la République de libérer son esprit, pour favoriser le dialogue avec la classe politique afin de promouvoir le consensus national minimum autour des préoccupations majeures qui interpellent les Guinéens.

A propos des futures élections législatives dont la tenue est projetée pour Mai 2013 j’invite le Gouvernement a engager sans délai le dialogue avec les acteurs politiques passer. Il est nécessaire de résoudre certaines questions préalables qui ne relèvent pas de la responsabilité de la CENI, de passer en revue le chronogramme et les modalités du scrutin proposé par celle-ci pour valider ou non le choix de l’équipementier proposé : WayMark. La tenue et la crédibilité des dites élections dépendent en effet d’un climat politique apaisé.

C’est par le dialogue que l’on peut y arriver. En ce qui nous concerne, nous réaffirmons l’engagement de GPT a ne ménager aucun effort pour participer de manière active a la mise en place des institutions républicaines fortes. Nous restons convaincus que les institutions fortes sont une garantie d’avenir pour notre démocratie naissante. C’est a cet égard que la majorité des membres du Groupe Centriste, le Club des Républicains a pris la décision de conjuguer les efforts avec le Collectif et l’ADP pour poursuivre le combat républicain pour parachever de façon ordonnée , structurée et coordonnée l’exécution de l’agenda de la transition démocratique. Il ne s’agit pas d’une alliance électorale, encore moins d’une fusion de partis. Il s’agit de la mise en place d’une structure ad hoc de concertation et de coordination pour garantir la transparence des élections. Chaque Parti conserve son identité et ira aux élections sur la base de la liste et des conditions qui lui sont propres.

Dans cette perspective, je voudrais exprimer toute mon appréciation aux membres et sympathisants de GPT pour le travail accompli et les exhorter a plus d’efforts pour promouvoir notre parti qui a de sérieuses ambitions pour la Guinée.

Je voudrai saisir l’occasion du présent hommage de vœux pour rendre un vibrant hommage a ceux de nos compatriotes qui se sont faits distingues en 2012 par leurs prouesses culturelles. Ce faisant, ils ont contribué à soigner l’image de notre pays sur la scène internationale. Il s’agit de Thierno MOMONEMBO qui a remporté le prestigieux « prix RENAUDOT » ; de Takana Zion qui a lui aussi remporté le trophée de meilleur reggae man Africain et de Mademoiselle Diallo pour sa brillante élection en qualité de miss CEDEAO de l’année 2012. Son élection est ainsi un rappel au monde entier que la Guinée demeure le berceau de la beauté Africaine et la femme Guinéenne incarne bien cette beauté. A cet égard, mes félicitations vont à notre sœur Johanna Barry promotrice de l’initiative Miss Guinée et à son mari.

Pour conclure sur ce volet culturel, il me plait de féliciter et encourager Mr. Sanoussy Kaba pour ses efforts soutenus dans la renaissance du livre en Guinée au cours des dix dernières années.

Que tous reçoivent ici les vives félicitations et les encouragements de Guinée Pour Tous.

Je voudrais enfin exhorter mes compatriotes à prendre le pari avec moi en souscrivant à l’idéal GPT pour qu’ensemble nous menions le combat politique de construction d’une Guinée nouvelle que nous appelons tous de nos vœux. Une Guinée débarrassée des pratiques d’exclusion qui garantira les chances égales à tous ses fils, notamment à la jeunesse désespérée et cela, dans le travail, la justice et la solidarité : valeurs cardinales qui fondent même la devise nationale de la République.

L’heure de la vérité a sonné pour une garantie d’avenir.
Bonne année à tous.
Que Dieu bénisse la Guinée.

Le président de GPT

Ibrahima Kassory Fofana

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