dimanche , 16 décembre 2018

Guinée : La première mauvaise nouvelle de 2013

L’année 2013 est déjà là. A Conakry, la fête est accueillie avec morosité. Conjoncture économique difficile oblige ! Le président de la République invite ceux qui veulent vivre un beau spectacle à se rendre au Palais du peuple pour voir « un feu d’artifice géant jamais vu à Conakry ».

 

En attendant, à chacun son souci. Pour le gouvernement, la préoccupation majeure était la subvention allouée mensuellement à l’achat des produits pétroliers. Mais le moins que l’on puisse dire est que la solution est trouvée. Le gouvernement a décidé de supprimer cette subvention qui coûtait au pays environ 80 milliards de francs guinéens par moi.

Le budget 2013 estimé à 13 539,83 milliards en recettes et dépenses ne prend pas en compte la subvention des produits pétroliers. La décision d’arrêter cette subvention qui était quand même une véritable saignée financière émane des partenaires de la Guinée. Elle fait partie des engagements prix  par le gouvernement avant l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE.

 

Kerfalla Yansané est clair sur cette suppression qui entrainera à coup sûr dans les prochaines semaines une augmentation du litre à la pompe. « Le PPTE n’est pas une sinécure. Nous sommes observés dans la manière de dépenser et de conduire notre politique d’endettement, pour qu’on ne retombe pas dans la même politique. 2013 ne sera pas une année de repos. C’est une année de responsabilité. Nous espérons que nos produits d’exportation, notamment dans le secteur minier pourront trouver preneurs. Nous avons quand même quelques préoccupations concernant des produits comme le pétrole’’, introduit le ministre d’Etat chargé de l’économie et des finances, Yansané, pour qui, le prix du baril de pétrole aujourd’hui aux environs de 100 dollars, peut s’envoler à tout moment.

« On ne sait de quoi demain sera fait. Est-ce un accord sera trouvé en Syrie ? Est-ce une entente sera trouvée entre la Palestine et l’Israël. Nous devons rester vigilants. C’est pour cette raison que nous pensons qu’il faut qu’il y ait un système flexible de fixation du prix de du carburant pour en réduire le poids sur le budget de l’Etat. Car c’est à des centaines de milliards qu’on évalue la subvention dans le cadre du soutien au prix du pétrole. Cela pose un problème car il s’agit d’un arbitrage en faveur de ceux qui consomme le carburant au détriment d’autres secteurs comme les routes, les écoles, la santé etc. Il est temps que nous puissions réfléchir et adopter une attitude déterminante. Dans le courant de l’année 2012, on était sensé avoir un système flexible. Mais pour des raisons que nous avons suffisamment expliquées, nous avons préféré avoir quelques réajustements (augmentation) seulement dans le courant de la fin de l’année 2011 et rien en 2012’’.

D’après le ministre d’Etat chargé de l’économie et des finances, le gouvernement mise sur une croissance de 5%, insuffisante pour la réalisation de certains grands projets. Il faudra passer le cap de 5% et atteindre rapidement un taux de croissance à deux chiffres pour pouvoir ‘’faire de miracles’’.

« S’il y a activités économiques, il y aura de recettes. Nous sommes un pays de subvention et nos subventions sont intenables. Je profite de cette tribune pour dire certaines vérités parce que tôt ou tard la vérité peut nous rattraper. Nous avons atteint le PPTE mais il ne veut pas dire qu’on nous remettre la dette qui a été annulée’’.

Selon les autorités guinéennes la flexibilité signifie aussi une baisse du prix  du carburant à Conakry en cas de chute du prix du baril à l’international. Mais ce qu’il faut retenir est la suppression de la subvention entrainera d’abord une hausse du prix des produits pétroliers à la pompe.  Avec pour conséquence fâcheuse,  la hausse des prix des produits de première nécessité dans les marchés.

Elie Ougna
+224 62 85 68 59
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