dimanche , 18 novembre 2018

Assassinat d’Aïssatou Boiro : la police présente un résultat bien maigre

La direction centrale de la Police judiciaire (DPJ) a exhibé vendredi quatre présumés bandits dont certains seraient auteurs de l’assassinat, le 9 novembre, de la directrice nationale du trésor et de la comptabilité publique Aïsssatou Boiro et de l’employé d’une société de téléphonie mobile de la place Paul Cole.

Selon le directeur central de la police judiciaire Abdoul Gadiri Condé seuls deux des quatre présumés bandits présentés aujourd’hui à la presse sont soupçonnés d’avoir participé à l’opération qui a coûté la vie à la patronne du trésor public. Quant aux deux autres dont un jeune de nationalité Sierra-léonaise, recherché par la police de son pays, ‘’ils n’ont pas participé aux attaques mais appartiennent à des gangs très puissants qui ont perpétrés de nombreux braquages’’, d’après l’officier Condé, par ailleurs  vice-président de la Commission d’enquête mise en place.

Les deux présumés sur lesquels pèsent les soupçons du double assassinat se nomment Alpha Oumara Bah et Mohamed Sankhon. Leur arrestation remonte au 12 décembre et jours suivants.

Sankhon aurait été mis aux arrêts alors qu’il était en possession d’une arme PMAK, de plusieurs cartouches de munitions et une quantité de chanvre indien. ‘’Quand nous l’avons arrêté, il a dit avoir acheté l’arme pour traquer des bandits’’, explique le directeur central de la PJ. ‘’Nous soupçonnons qu’il était de la partie’’, dit-il.

Quant à Alpha Oumar Bah alias Mbewa, l’officier de police affirme qu’il a été filé grâce au téléphone portable de l’ingénieur en telecoms Paul Cole qu’il a utilisé 5 heures après le meurtre. Une perquisition à son domicile a permis aux enquêteurs de retrouver la clef USB de Cole, selon le directeur qui précise que ‘’les deux ont avoué avoir participé au double meurtre’’.

Une fille arrêtée au cours de l’opération suivait les présumés bandits à cause de l’argent, s’indignent les agents de la Police judiciaire qui invitent les parents à bien veiller sur leurs progénitures.

Pour revenir à Mbewa et Sankhon, il faut dire que les deux rejettent  les faits et donnent des explications tout à fait loin  de Kipé, lieu où les  deux assassinat  ont été commis. Ils laissent croire que les principaux cerveaux de l’opération sont toujours dans la nature.

Justement, le directeur central de la police judiciaire affirment que trois autres membres du groupe qui auraient pris part à l’attaque sont toujours  en cavale. Il jure que leur arrestation ne tardera pas.

C’est là que la lancinante question se pose. Où se cachent les auteurs de l’assassinat de Mme Boiro pour qu’une police d’état comme celle de la Guinée ne soit en mesure de les démasquer ?

L’indignation suscitée en Guinée et hors de nos frontières avait poussé le président Alpha Condé à prendre l’engagement que plus jamais aucun crime  ne restera impuni. Seulement, voila que le temps passe. Nous sommes à près de deux mois des faits. Sans que la véritable lumière ne soit faite.

Le temps presse. La police doit donc aller vite. Elle doit réactiver tous ses contacts, d’est en ouest, du nord au sud, bref dans les coins et recoins du pays. Pour qu’enfin, les vrais auteurs soient mis hors d’état de nuire.


Fatoumata Kéita
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