lundi , 17 juin 2019

Législative, bilan d’Alpha Condé, marche de l’opposition etc: Sadou Kaba, un citoyen donne son point de vue

L’actualité politique guinéenne, vu les soubresauts qu’elle connait depuis plusieurs mois,  ne laisse personne indifférent. C’est ainsi qu’un citoyen guinéen habitant dans la province du Québec, précisément à Gatineau au Canada, a décidé de se prononcer sur un certain nombre de sujets de l’heure. Financier et informaticien de son état, Sadou Kaba, fait dans ce court entretien une « réaction à chaud », suite à la décision de l’opposition guinéenne de  s’opposer à la nouvelle date des législatives fixées par Bakary Fofana, le tout nouveau Président de la Ceni. M. Kaba en profite aussi pour inviter la jeunesse guinéenne à « prendre conscience », et à se trouver de nouveaux leaders capables de défendre ses intérêts. Lisez-plutôt

 

 

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Je me nomme Sadou Kaba, citoyen guinéen vivant dans la région de la capitale nationale du Canada, précisément à Gatineau dans la province du Québec. Je suis ingénieur informaticien de formation. J’ai aussi une maitrise en finance. J’ai été directeur informatique à Ecobank Guinée et à First Bank. J’ai également été directeur informatique à la banque malaysienne, et contrôleur interne de la même institution. Je suis également membre national du comité de la télé composition.

 

 

 

KP : Récemment l’opposition guinéenne a annoncé qu’elle s’oppose à la fixation de la nouvelle date de la législative fixée par le nouveau président de la Ceni. Quel commentaire faites-vous ?

 

 

 

S.K : C’est une décision salutaire, un pas vers l’avant avec pour but final d’arriver à ces élections que tout le monde attend. En six mois, nous pourrons régler entre nous nos petites querelles habituelles et arriver finalement à la mise en place du Parlement. C’est donc un pas important qui a été posé. Une fois l’Assemblée installée, ce sont des milliers d’emplois qui seront crées, les investisseurs viendront en grand nombre. Cependant, je trouve encore regrettable que cette opposition veuille de nouveau s’y opposer. Je crois que ces opposants en font un peu de trop.  Décidément, ils ont  décidé de s’opposer à toute décision susceptible de nous faire avancer. Je trouve cela vraiment dommage. La réalité est qu’ils ont peur de la compétition, parce que durant ces élections, on saura comme on le dit communément qui est qui. Des partis politiques ne résisteront pas à la compétition, par conséquent seront obligés de disparaître. Je pense que c’est quand même un motif de frayeur. Il ne faut pas leur en vouloir. J’ajoute cependant, que chaque guinéen doit penser plus à ce qui nous unit qu’à ce qui nous désunit. Il faut que chacun de son côté s’efforce de faire le sacrifice ultime qui n’est jamais de trop, afin que nous allions aux élections pour mettre fin à cette transition. Quoique nous fassions, cette élection, comme toute élection d’ailleurs, ne sera jamais à 100% transparente. Il n’y aura ni vainqueurs ni vaincus à ces législatives. Le vainqueur, ce sera celui qui aura cédé le plus pour que ces élections aient enfin lieu. C’est pourquoi, chacun des acteurs doit se mettre au dessus des intérêts partisans pour que le débat se transporte dans un endroit plus civilisé qui est l’hémicycle. Et qu’on mette enfin un terme à la chiennelit qui prévaut dans ce pays.

 

 

 

KP : M. Kaba, je suis d’avis que les élections doivent se tenir pour l’intérêt de tous. Mais vous ne trouvez tout de même pas que le nouveau président a péché en prenant tout seul la décision de fixer une date ?

 

 

 

Ce que je ne comprends pas, c’est qu’on continue de nous rabattre les oreilles comme quoi il ne devrait pas fixer unilatéralement une date, sans que ces mêmes personnes qui dénoncent cet état de fait, ne nous sortent un seul article de notre loi fondamentale, ou encore des textes régissant le fonctionnement de la Ceni, qui dit que le président doit forcément discuter avec les autres avant de fixer une date. Qu’ils nous sortent un article dans ce sens. Jusqu’ici je n’en ai pas vu. On se contente de dire qu’il a violé la loi. Quand on viole la loi, c’est par rapport à quelque chose. Où est donc cet article qui nous dit qu’il a violé la loi ? Ces messieurs là cherchent toujours des prétextes pour mettre des bâtons dans les roues des autorités guinéennes pour qu’on dise qu’elles ont refusé d’organiser des élections. A leur place, je me serais tût. Regardez le désastre que ces anciens premiers ministres ont crée dans ce pays. Qu’ils se regardent un peu dans leurs miroirs. Même le Liberia et la Sierra Leone qui pourtant ont connu chacun plus d’une décennie de guerre civile étaient plus avancés que nous quand Alpha Condé venait au pouvoir il y a deux ans.   Pas d’eau, pas d’électricité, pas de routes, pas d’écoles, de centres de santé adéquats, etc  rien. Ces gens là ont été pires pour la Guinée que ne l’ont été les guerres fratricides pour le Liberia et la Sierra Leone. Je ne prendrai que ces deux exemples. Je pourrai en citer des dizaines d’exemples. Les dégâts sont incommensurables.

 

 

 

KP : M. Kaba, pour autant, Alpha Condé aussi n’a pas encore réussi à régler les questions d’eau et d’électricité, de même que d’autres besoins sociaux ?

 

 

 

 

 

 

 

SK. Attention, vous ne comprenez rien, parce qu’il faut semer d’abord avant de récolter. Et c’est ce qu’Alpha Condé est en train de faire. Il est facile d’aller chercher des moteurs pourris en haute mer à des tarifs surfacturés au détriment du contribuable guinéen comme l’ont fait certains ancien PM. Ainsi, on donne le courant à la capitale pour quelques mois, et puis après c’est l’obscurité totale. S’ils ont donné le courant à Conakry, où est ce courant électrique là ? Alpha Condé, durant la campagne a clairement dit qu’il ne fera pas de raccommodage en achetant de la pourriture ailleurs. Il a promis de construire des barrages hydroélectriques pour que nous ayons le courant en suffisance, et qu’au-delà nous le vendions à nos voisins ? Et il a déjà commencé. En plus de trouver des moteurs neufs qui sont en phase d’installation à Tombo, il a financé avec la Chine la construction du barrage de Kaléta qui fait 240 mégawatts. Certes nous connaissons encore des difficultés pour la desserte, mais dans moins de trois ans, Kaléta sera opérationnelle. Ainsi, Conakry et une bonne partie de la basse-côte jusqu’à Mamou même aura du courant et cela pour toujours. C’est ce qu’on appelle un investissement sérieux et durable. Vous n’êtes pas sans savoir que Conakry était l’une des seules capitales au monde à ne pas avoir d’hôtels dignes de nom. Il nous était même impossible d’organiser le moindre petit colloque, à plus forte raison des rencontres internationales. Mais aujourd’hui, vous voyez vous-même les hôtels de luxe, tous des 5 étoiles qui poussent partout à Conakry comme des champignons. A la place de l’hôtel Kaloum que Cellou Dalein avait bradé à Mamadou Sylla de Futurelec, des partenaires sont en train de bâtir un splendide hôtel de 18 étages. A l’hôtel Niger pousse un autre de 10 étages. L’hôtel Camayenne est aussi repris et est sur le point d’être livré. Je ne vous parle même pas des hôtels à Kipé et du jardin de l’hôpital Ignace Deen. Tous ces hôtels que je viens de citer, ils sont environ huit, sont tous des 5 étoiles.

 

 

 

N’oublions pas aussi qu’actuellement, pour la plupart des préfectures de l’intérieur, les routes sont bitumées et d’autres sont en train de l’être. Des panneaux publics illuminent presque l’ensemble des villes. Avec l’aide aux agriculteurs, petit-à-petit, les populations guinéennes commencent à consommer leur riz local produit chez nous en Guinée. A ce rythme, nous serons auto-suffisants, tout au moins en riz, je pense dans les trois ou quatre prochaines années. On est en train mettre au propre  le cadastre minier pour que n’obtienne des concessions, que ceux qui sont prêts à vraiment travailler en Guinée. Le gouvernement d’Alpha Condé a réussi à obtenir l’annulation de dettes de plusieurs milliards de dollars avec le PPTE que les anciens Premiers ministres reconvertis en opposants ont pourtant empochés.  Cela aussi a entraîné l’annulation de la dette par le Club de Paris. Je vous rappelle qu’il l’a obtenu seulement en 15 mois, alors que les anciens PM ont tous couru après le PPTE durant 15 ans sans jamais l’obtenir, à cause de la corruption et de la mal gouvernance. Tout cela parce qu’il a mis fin à la planche à billets, et qu’il a réussi à maitriser les recettes et l’inflation. Les indicateurs macro-économiques sont tous au vert. Ce sont les voies les plus autorisées qui le disent et l’attestent. La note de crédit de la Guinée est satisfaisante, et maintenant on peut même emprunter. Tout cela a été réalisé en moins de deux ans, où d’autres n’ont pas pu faire le dixième de cela en des décennies. Je préfère m’arrêter là pour ne pas parler de projets futurs comme le barrage hydroélectrique de Fomi dont le lancement sera fait en 2013, ainsi que d’autres grands projets. Mais je m’arrête là d’abord, rien qu’à ce qui est déjà fait. Je crois que le bilan est positif.

 

 

 

KP. Vous dites que le bilan est positif, mais Ibrahima Kassory Fofana, ancien ministre de l’économie et des finances et leader d’un parti politique le GPT, pense le contraire. Dans une interview accordée à un confrère, il a même qualifié le bilan du professeur Alpha Condé de « globalement négatif ». Qui de vous deux a raison ?

 

 

 

SK. Non, je ne reviendrai pas sur les réalisations du Pr Alpha Condé. Je viens de vous citer quelques réalisations qui prouvent à suffisance que le pays commence à se remettre sur les rails. Mais Kassory Fofana, lui, qu’est-ce qu’il a à nous dire ? Rien ! C’est eux qui sont à l’origine de la débâcle de ce pays. Ce monsieur doit se rappeler les dégâts colossaux qu’il a commis dans ce pays. Il se vantait du TOEF, mais c’était sur du faux. Pour tromper les bailleurs de fonds, Kassory Fofana allait en son temps chercher de l’argent auprès des commerçants de Madina et autres, qu’il venait placer dans des comptes pour réduire l’endettement du trésor vis-à-vis de la BCRG. Kassory maquillait les comptes. Je préfère ne pas répondre à des messieurs pareils. Mais s’il veut qu’on aille en profondeur des choses, on le fera. Je suis banquier, donc je sais de quoi je parle.

 

 

 

KP. Nous arrivons au terme de notre entretien. Avez-vous un message particulier que vous voulez adresser à nos lecteurs ?

 

 

 

SK. Mon message s’adresse essentiellement aux jeunes de mon pays. Je leur demande de se mettre au dessus des querelles partisanes, et de ne voir que la Guinée dans son ensemble. Il faut privilégier ce qui nous unit plutôt que ce qui nous désunit. Qu’ils arrêtent de marcher pour des gens qui ne se soucient jamais de leur sort. Ils ne l’ont pas fait hier, ils ne le feront pas demain. Lansana Kouyaté lors de l’une de leurs nombreuses et inutiles marches avait avoué que lui-même et ses amis Dalein et Sidya n’avaient eu la vie sauve que parce qu’ils se trouvaient dans sa voiture blindée à lui. Vous voyez ? La jeunesse doit comprendre qu’elle doit éviter de se tuer pour des gens qui se barricadent dans des blindés lors des manifestations, alors que les enfants des autres sont à pied sans aucune protection. C’est un aveu qu’il a fait. La jeunesse doit méditer sur cette déclaration. C’est pareille pour  Dalein et Sidya qui ont honteusement et en cachette pris 2 milliards chacun, au lendemain des événements du 28 septembre. Le prix du sang de leurs militants. Ces messieurs ont empoché cette fortune sans jamais acheter un seul comprimé pour les nombreux blessés. Juste des politiciens alimentaires. La jeunesse guinéenne doit se débarrasser de la vielle génération et se préparer à trouver de nouveaux leaders plus soucieux de leurs problèmes.

 

 

 

 

 

 

Interview réalisée par Alpha Camara

 

 

 

Gatineau CANADA

 

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