mercredi , 18 septembre 2019
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Prise de bec au sommet de l’Ufdg : Qui de Bah Oury ou Cellou Dalein va y laisser des plumes ?

“Un exilé n’a plus d’amis, et ce malheur est bien plus cruel que l’exil », disait Théognis. Celui qui a porté sur des fonts baptismaux l’Union des forces démocratiques de Guinée, après avoir claqué la porte de l’UFD alors dirigé par le Pr. Alfa Sow, a dû ressentir davantage le poids de la solitude de l’exil face aux récentes attaques verbales contre sa personne, qui plus est venant de son propre camp politique.

Dr. Fodé Oussou Fofana, également vice-président de l’UFDG, a donné le ton, et de nombreux pro-Cellou Dalein Diallo (le président du parti) ont vite fait de s’engouffrer dans la brèche ainsi ouverte.

De leur côté, d’autres éléments ou sympathisants du parti  ont pris fait et cause pour lui en s’attaquant, notamment sur la toile, au président Cellou Dalein Diallo qualifié de dictateur.

Résultat ? Depuis, règne au sein de la principale formation politique de l’opposition une atmosphère délétère faite d’intrigues et de suspicion. On pourrait penser que ce n’est pas le silence de son président, que d’aucuns qualifient de coupable, qui devrait arranger les choses. Si à l’occasion du cinquième anniversaire de son avènement à la tête de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo a rendu hommage à Bah Oury  pour l’avoir reçu au parti en 2007, il n’a toujours pas réagi face aux épanchements des uns et des autres.

Alors que les positions ont plutôt tendance à se radicaliser, le comité de médiation mis en place a-t-il des chances de réussir ? On pourrait en douter.
Le fossé qui sépare les deux leaders, chacun avec ses inconditionnels derrière, sera difficile à combler. Pis, des voix s’élèvent de plus en plus pour réclamer une solution définitive à cette situation de conflit, de défiance qui caractérise, depuis plusieurs années maintenant, les relations entre les n° 1 et 2 du parti. D’où l’idée, très bien accueillie du reste au sein des militants, d’organiser un congrès extraordinaire pour ‘’départager’’ les deux  »rivaux », et assurer au président qui sera élu une légitimité ne pouvant souffrir d’aucune contestation.

Même si tous les deux ont des atouts, des partisans et du mérite à faire valoir par rapport à l’ascension fulgurante du parti, il est plus que probable que Cellou Dalein Diallo aura largement la faveur des pronostics en cas de congrès électif. A l’avantage que représente le fait qu’il soit sur le terrain, il symbolise toujours, n’ayons pas peur des mots, les aspirations de toute une communauté qui, à tort ou à raison, se croit victime de persécution ou, dans le meilleur des cas, de ségrégation. Un ‘’combat’’ qui dépasse, aux yeux de celle-ci, les sempiternelles questions de personnes et transcende les vieilles ‘’rivalités’’ entre Labé et Pita, ou entre d’autres contrées. Sans avoir forcément des qualités exceptionnelles, il est perçu comme le ‘’messie’’ du moment venu laver l’affront fait aux siens.
Avec une telle posture, Cellou Dalein Diallo a-t-il vraiment besoin d’un congrès extraordinaire ?

Le contexte est en train de lui fournir une occasion inespérée, rien qu’en restant aussi muet qu’une carpe sur la question et en misant sur le temps, de réduire à néant les velléités (réelles ou supposées) de son ‘’alter-ego’’  de devenir calife à la place du calife. Tel un Mansour Kaba en 1993 face au candidat Alpha Condé en Haute Guinée, Bah Oury risque d’apparaître comme le grain de sable dans l’engrenage, celui qui pourrait contrarier la réalisation du rêve commun par ses actions déstabilisatrices.

Reste à savoir si Cellou Dalein saisira cette occasion. L’arène politique est une jungle où – et il devrait le savoir –  avoir une certaine dose de cynisme peut se révéler utile.

Top Sylla
(Le Nimba)

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