jeudi , 18 avril 2019
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Sofitel : accord entre Diallo et DSK, fin de l’affaire

L’audience aura duré à peine dix minutes au tribunal du Bronx. Le montant de l’accord négocié reste confidentiel. Un accord financier au contenu confidentiel a été finalisé lundi 10 décembre à New York entre Dominique Strauss-Kahn et la femme de chambre guinéenne qui l’accusait d’agression sexuelle, marquant l’épilogue d’une saga judiciaire qui avait mis fin aux ambitions présidentielles de DSK.

« Il y a environ dix minutes, nous sommes parvenus à un accord », a annoncé dès le début d’une très brève audience au tribunal du Bronx à New York le juge Douglas McKeon, précisant que les termes en étaient « confidentiels ».

Il a ajouté que la femme de chambre, Nafissatou Diallo, 33 ans, était également parvenue à un accord financier avec le quotidien « New York Post », qu’elle avait poursuivi l’an dernier après qu’il l’eut traitée de prostituée.

Les accords financiers, qui mettent fin aux poursuites civiles, sont extrêmement fréquents aux Etats-Unis. Ils évitent aux deux parties un procès long et coûteux à l’issue incertaine. Ils ne sont pas un aveu de culpabilité, mais évitent à un accusé d’avoir à donner sa version des faits et lui permettent d’en finir avec un dossier.

DSK absent

Nafissatou Diallo, pantalon et veste noirs, foulard sur les cheveux, était présente au tribunal du Bronx, mais n’a rien dit pendant l’audience qui a duré moins de dix minutes. Le magistrat n’avait pas requis la présence de l’ancien patron du FMI.

L’avocat de DSK, William Taylor, qui avait confirmé que des négociations étaient en cours la semaine dernière, avait cependant qualifié de « complètement fausses » des informations selon lesquelles l’ancien patron du FMI, 63 ans, aurait accepté de payer six millions de dollars à la femme de chambre de 33 ans.

Avec cet accord, DSK, qui n’a jamais expliqué à la justice ce qui s’était passé dans sa suite de l’hôtel Sofitel, en aura fini avec les tribunaux américains, 19 mois après le scandale qui l’avait contraint à démissionner du FMI et a mis fin à ses ambitions présidentielles en France. Il s’est aussi depuis séparé de son épouse, la journaliste Anne Sinclair.

Diallo remercie « Dieu et ceux qui l’ont soutenue »

A l’issue de l’audience, Nafissatou Diallo a remercié « Dieu et tous ceux qui l’ont soutenue à travers le monde », lors d’un rapide point presse devant le tribunal du Bronx.

Il s’agissait de sa première apparition publique depuis l’été 2011. Depuis le début du scandale, la femme de chambre a déménagé nul ne sait où. Elle n’a pas repris le travail, est toujours en congé maladie, salariée du Sofitel.

Un de ses avocats, Kenneth Thompson, a ensuite rapidement pris la parole: « Madame Diallo est une femme courageuse qui n’a jamais perdu foi dans notre système judiciaire. Avec cet accord, elle peut maintenant continuer sa vie. Nous vous remercions tous pour votre soutien et vos prières ».

Mensonges

Les accusations de la femme de chambre, le 14 mai 2011, avaient lancé une extraordinaire saga judiciaire.

Nafissatou Diallo, une veuve élevant seule une adolescente, avait affirmé que DSK, sorti nu de sa salle de bains, l’avait contrainte à une fellation dans sa luxueuse suite du Sofitel où elle était entrée faire le ménage. Dominique Strauss-Kahn avait été arrêté à l’aéroport JFK en partance pour la France, incarcéré plusieurs jours, affiché devant les caméras, inculpé et assigné à résidence.

Mais trois mois plus tard, dans une étonnante volte-face, le procureur en charge de la procédure pénale en avait demandé le classement, effectif le 23 août. Il avait expliqué que Nafissatou Diallo avait menti de manière répétée aux enquêteurs sur certains épisodes de son passé, et « sérieusement entamé sa crédibilité de témoin » en cas de procès.

Sans attendre, la jeune femme avait porté plainte au civil le 8 août, pour obtenir des dommages et intérêts.

« Une faute morale »

Libre de rentrer en France, DSK a ensuite reconnu dans une interview télévisée une relation sexuelle de quelques minutes avec la jeune femme qu’il ne connaissait pas, « une faute morale », mais « sans violence ni contrainte ».

Une autre affaire a alors surgi, celle de Tristane Banon, une jeune romancière, qui accusait DSK d’une tentative de viol en 2003 en France. L’affaire a été classée sans suite pour cause de prescription des faits. Le parquet a toutefois estimé que des faits qualifiés d’agression sexuelle étaient « reconnus ».

DSK a depuis été mis en examen en France, pour proxénétisme aggravé en bande organisée dans l’affaire dite du Carlton, qui porte sur l’organisation de soirées libertines avec des prostituées. Ses défenseurs ont demandé la nullité de la procédure et la justice doit se prononcer le 19 décembre.

Ces derniers mois, DSK a tranquillement fait sa réapparition dans la vie publique, espérant se façonner une image moins sulfureuse. On l’a vu flâner au marché de Sarcelles, la ville dont il a été le maire, il a accordé une interview à un hebdomadaire et participé à plusieurs conférences à l’étranger. Il a aussi créé une société de conseil à Paris.

Par le Nouvel Observateur avec AFP

 

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