jeudi , 13 août 2020

Mali – Le capitaine Sanogo se prend pour le général De Gaulle

« La France ne peut être la France sans la Grandeur » disait De Gaulle, cité ici par le plus célèbre militaire de l’armée malienne. Le capitaine Amadou Haya Sanogo, principal protagoniste du coup d’Etat du 22 mars au Mali, et actuel président du comité militaire de suivi des réformes des forces de défense et de sécurité, a signé une tribune dans le quotidien français Le Monde du 26 octobre dans laquelle il se compare au général français durant la Seconde Guerre mondiale.

« Aujourd’hui, Tombouctou est “outragée”, Tombouctou est “brisée” Tombouctou est “martyrisée”, mais Tombouctou sera “libérée” comme Paris l’a été » a ainsi écrit l’officier. Une référence évidente à un célèbre discours de De Gaulle après la libération de Paris en 1944. « En juin 1940, le maréchal Pétain a accepté le déshonneur de la capitulation, mais De Gaulle a su dire non » a-t-il résumé, comparant l’ancien président de la République du Mali Amadou Toumani Touré (ATT) au maréchal français qui avait capitulé face à l’Allemagne.

Sanogo accuse une fois de plus ce dernier d’être responsable de la perte des territoires du Nord-Mali, rebaptisé Azawad depuis qu’une rébellion touareg a déclaré leur indépendance en avril 2012.

« Le président Amadou Toumani Touré a été pour le Mali ce que le maréchal Pétain a été pour la France en 1940, et je n’ai été pour le Mali que ce que De Gaulle a été pour la France ». Filant la métaphore qui le compare à De Gaulle, le capitaine Amadou Haya Sanogo a précisé dans cette tribune sa volonté de voir le Mali « libéré » avant tout par l’armée malienne. Selon ce principe il a indiqué être d’accord avec la proposition de François Hollande, qui ne souhaite pas pour l’instant envoyer de troupes françaises combattre directement les groupes djihadistes du Nord-Mali.

« L’armée malienne n’a besoin que de soutien logistique pour libérer le nord du pays » a ainsi insisté le capitaine Sanogo. Après avoir expliqué le coup d’état du 22 mars 2012 par le fait que les militaires avaient dû « prendre (leurs) responsabilités », l’officier malien a tenté d’exprimer sa vision des évènements à venir. Pour lui, il faut que la communauté internationale accorde « son appui à l’armée malienne ainsi qu’aux autorités de la transition ». Droits de l’homme et démocratie sont aussi au cœur du projet qu’il dit vouloir soutenir

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