mercredi , 20 novembre 2019

Elections en Afrique : le ROASE encourage l’implication des forces de sécurité, félicite la Fossepel

Le Réseau Ouest-Africain pour la Surveillance des Élections (ROASE)  a tenu lundi 22 octobre, à Conakry, sa réunion académique de formation axée sur le rôle du secteur de la sécurité dans l’organisation des élections crédibles et apaisées au cours de laquelle il a encouragé les forces de sécurité à une implication dans les processus électoraux.

Le ROASE pense que l’implication des forces de défense dans le processus électoral revêt une importance capitale eu égard au double rôle qu’elles jouent. D’une part la nécessité d’assurer la sécurité électorale et le maintien de l’ordre, et de l’autre, la nécessité de ne pas faire obstacle aux citoyens et d’assurer un climat sans intimidation.

La rencontre de Conakry était symbolique pour la Guinée qui a tenu en 2010 sa première élection jugée libre et démocratique après la prise du pouvoir par la junte militaire suite au décès du Général Conté. Une aubaine pour le réseau ouest-africain d’encourager les Guinéens à aller de l’avant dans le processus de démocratisation de leur pays.

« Le ROASE est convaincu que le peuple guinéen a des leçons nécessaires pour aller de l’avant, mais également pour aller  plus haut. Nous sommes convaincus que la République de Guinée va aller vers une élection législative consensuelle, crédible », a commenté Oumar Diallo, président l’organisation sous-régionale.

Dans cette même lancée, le Général Fernand Amoussou du Réseau Ouest-Africain de Surveillance des Élections a salué l’expérience guinéenne lors des élections présidentielles, notamment avec la création de la Force spéciale de sécurisation du processus électoral (FOSSEPEL).

 

Pendant une conférence de presse, il a cependant déploré les contestations post-électorales et l’incursion de plus en plus fréquente des forces de sécurité dans le débat politique ces dernières années en Afrique. Une situation qui dénote selon lui, de l’absence de vision en faveur de la grande muette en période de paix. « Les forces armées doivent être le dernier recours  et l’ultime rempart pour préserver l’unité et la cohésion nationales. Mais c’est l’histoire de nos pays qui a implicitement donné aux forces armées cette mission. Au moment des indépendances, les forces armées ont été créées pas comme un instrument de  souveraineté, mais plutôt  comme un attribut de souveraineté. L’armée appartient au peuple, elle appartient à la nation. L’armée n’appartient à aucune fraction de la nation. Elle n’appartient à aucune section de la nation. Elle n’appartient à aucune ethnie de la nation, ni à une fraction majoritaire du peuple’’, a conseillé le Général Amoussou. « L’armée doit rester au service du public et avoir  une neutralité politique pour conserver  son éthique », a-t-il indiqué.

En outre, le conférencier a encouragé les dirigeants africains à faire participer les forces  de sécurité aux élections. ‘’La sécurité des élections est une partie de l’organisation des élections. Le déploiement massif peut se comprendre, parce que les confrontations politiques pourraient dégénérer en confrontations armées’’.

Le ministre délégué à la Défense nationale  Me Kabèlè  Camara, a indiqué que la Guinée ne compte pas se limiter seulement à la création de la FOSSEPEL, mais que le pays mise sur la formation  de toutes les parties prenantes au processus électoral. « Il faut une bonne dose de formation bien avant les élections. Cette formation ne concerne pas seulement que les  forces de sécurité. Elle concerne l’ensemble des acteurs du processus électoral », a souligné le ministre Camara.

On rappelle que le ROASE a pour objectif de promouvoir l’adoption et la mise en œuvre des normes internationales et régionales sur les élections, la démocratie et la bonne gouvernance.  Il œuvre aussi au renforcement de la capacité et de l’indépendance des organisations membres à monter des projets sur l’observation et la surveillance de  tout le cycle électoral. Le ROASE s’engage dans diverses formes de plaidoyers et d’éducation du public sur les élections crédibles et apaisées, la primauté du droit, la démocratie et la bonne gouvernance.  Depuis sa création, le réseau a déjà observé des élections dans 11 pays. Le Burkina Fasso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Ghana, le Liberia, le Mali, le Niger, le Nigeria, le Sénégal, la Sierra Leone et le Togo.

 

Sidiki Mara
+224 63453095
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