dimanche , 16 décembre 2018

« Démission du CNT – Exclusion de la CENI – $3.500 d’Alpha Condé » : Ditinn se défoule

Le Secrétaire général du Parti de l’Union pour le Développement (PUD), Amadou Oury Ditinn Diallo, livre sa part de vérité sur l’exclusion de son parti de la liste des dix formations devant designer les représentants de l’opposition à la CENI. Il parle d’une manœuvre orchestrée par des personnes ayant quitté le pouvoir avant de  basculer dans l’opposition et qui manifestent aujourd’hui le désir ardent de retourner rapidement aux affaires.


La Commission électorale

Ditinn est très fâché contre le Collectif et l’ADP. Et il l’a fait savoir vendredi 12 octobre pendant une conférence de presse. Et s’il se dit déçu des  leaders de ces deux blocs politiques, c’est parce que dit-il, ceux-ci ont utilisé des arguments non consensuels et illégaux pour éliminer le PUD de la liste des partis devant siéger à la CENI pour le compte de l’opposition. Il fustige particulièrement l’attitude des anciens Premiers ministres Lansana Kouyaté, Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré qui, d’après lui, étant ‘’les plus grands nantis de l’opposition ont décidé de manière unilatérale de qui doit aller à la Commission électorale nationale indépendante’’.

Le Secrétaire général du PUD qui revendique plusieurs participations aux élections communales et communautaires en Guinée, ainsi que des années de combats dans l’opposition aux côtés du Collectif et de l’ADP affirme que son parti est mieux placés pour siéger dans l’institution électorale. ‘’Nous ne sommes pas des partis de 2010 comme l’UFC d’Aboubacar Sylla. Le PUD existe depuis Avril 1992, comme le RPG. Il est petit par la taille, mais il est le grand-frère de ces partis (NDLR : partis du Collectif et de l’ADP). IIl est aujourd’hui comme ça parce qu’il n’y a pas d’anciens argentiers et n’a pas eu de gros bailleurs’’, relève-t-il, ajoutant au passage que l’UFC, crée en 2010, a figure sur la liste puisque son président, Aboubacar Sylla, est un ancien journaliste omniprésent sur toutes les radios privées du pays.

CNT, une démission qui n’en valait pas la peine

Amadou Oury Ditinn Diallo est clair. Son refus de démissionner du Conseil National de Transition, refus brandi par le Collectif et l’ADP comme principal motif de son élimination sur la liste n’est qu’un argument fallacieux. Il dit ne pas comprendre ce raisonnement d’autant que, comme lui, six autres représentants de partis membres des deux alliances, dont l’UFC n’ont pas démissionné du CNT.

Il dit avoir refusé de rendre le tablier pour deux raisons fondamentales. La décision prise par les leaders chez  Lansané Kouyaté  le 27 août n’était pas consensuelle. Il ajoute à cela le fait que le départ de l’opposition du CNT pouvait avoir un impact sur le cours de l’histoire. Pour lui, une démission à la CENI en valait la peine puisqu’elle pouvait avoir une influence sur la crédibilité de l’institution.

‘’Sur 10 conseillers du Collectif et de l’ADP au CNT, il n’y a que 3 qui ont démissionné. Ceux du PEDN, des NFD et de l’UFDG. Les représentants de l’UFR et de l’UFC sont là-bas en chair et en os. Ils disent avoir écrit, mais les opposants guinéens ne connaissent pas la loi. Ils ont compétence de remplacer leurs représentants en cas de démission volontaire ou de vacance. Cependant, ils ne peuvent pas les retirer. Ce qui fait qu’ils ont écrit mais leurs lettres sont nulles et de nul effet’’, enseigne Ditinn.

Pour le patron du PUD, la démission des deux ministres du PEDN du gouvernement a été favorable à ce parti seul. ‘’Le PEDN est devenu un parti d’opposition à partir de la démission de ses membres du gouvernement. Il travaillait dans l’opposition mais était de la mouvance conformément à la loi guinéenne’’, affirme Ditinn pour qui Lansana Kouyaté est à l’origine de tout cet imbroglio.

‘’Nous avons mené notre enquête et avons compris que c’est monsieur Kouyaté qui demande à ce que tout le monde démissionne des institutions puisque ses ministres ont démissionné du gouvernement. Le PUD n’est pas soumis aux injonctions du président du PEDN’’, assène-t-il.


Aux USA avec $3.500 d’Alpha Condé

Pour répondre aux accusations dont il fait objet ces derniers temps à Conakry, Ditinn n’est pas allé du dos de la cuillère. Il reconnait avoir bénéficié des largesses du chef de l’Etat à deux reprises. La première fois en juillet après le retour du président de Paris où il a bénéficié de 5 millions de francs guinéens pour ses soins, et la seconde, en août pour un montant de 3.500 dollars US pendant qu’il s’apprêtait à se rendre aux États-Unis à la fois pour une série de conférences et des soins.

 

Pour ce qui est de la seconde aide, il indique avoir pris contact avec un des conseillers à la présidence de la République pendant que ses démarches pour un visa se compliquaient au consulat des États-Unis. Il dit avoir sollicité l’intervention d’Alpha Condé pour débloquer la situation ne serait-ce que par un simple coup de fil. C’est entretemps que le locataire de Sèkhoutoureyah, par sa curiosité, apprendra que Ditinn veut se rendre aux Etats-Unis pour des raisons de santé. Selon ses explications, tout est parti de là. Jusqu’à l’obtention des $3.500 des mains du même conseiller, en guise de la contribution du président.

‘’J’ai fait 20 ans dans l’opposition avec Alpha Condé. Mon parti a été crée au même moment que le sien. Il me considère comme son frère. Ce sont des relations qui datent de longtemps, avant même qu’il ne soit président. Il y en a qui croit que l’opposition c’est la haine. Ne considérez pas un tel geste comme un problème. C’est un devoir du chef de l’Etat, surtout pour quelqu’un qui appartient à une institution républicaine (NDLR : le CNT) comme moi. Que le président ait fait ce geste, trouvez ça normal. Ce n’est pas de la corruption’’, conclut Amadou Oury Ditinn Diallo.

Elie Ougna
+224 62 85 68 59
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