samedi , 23 février 2019

Débat Obama – Romney : ce qu’il faut retenir de ce premier round

La revanche de Mitt Romney, la passivité de Barack Obama… le premier débat qui a opposé les deux candidats a livré bien des surprises.

S’il faut attendre les premiers sondages post-débat pour savoir si le candidat républicain a vraiment réussi son débat, les commentateurs ont déclaré Mitt Romney vainqueur. S’il a sauvegardé ses chances de revenir dans la course à la présidentielle américaine, il devra encore confirmer pour triompher le 6 novembre. Entre cette surprise et le bilan en demi-teinte de Barack Obama, que fallait-il retenir de ce premier débat ?


Mitt Romney, le come-back kid des débats télés

Le premier round des débats présidentiels a été largement dominé par le candidat républicain qui, d’un ton posé, courtois, sans fausse note, a réussi à imposer une attitude qui contraste avec ses bourdes en série qui ont rythmé les dernières semaines de sa campagne. Un sondage CNN publié dans l’heure a donné l’ancien gouverneur du Massachusetts vainqueur pour 67% des personnes interrogées.

Les téléspectateurs voulaient du sang, il n’y en a pas eu. Offensif et déterminé, Mitt Romney a cité à bon escient et en fin tacticien les mauvais chiffres de l’économie américaine pour attaquer Barack Obama. Il a rappelé le niveau du déficit budgétaire qui est resté supérieur à 1.000 milliards de dollars malgré les promesses du président.

Il a affirmé que l’économie avait suivi un « chemin infructueux » et affirmé que la classe moyenne avait été « écrasée ». « Le président a une vision très similaire à celle qu’il avait quand il s’est présenté il y a quatre ans, celle d’un gouvernement plus important, avec plus de dépenses, plus d’impôts, plus de régulations ».

Pourtant, le challenger républicain a assumé de rester flou sur son programme, ce que Barack Obama n’a pas manqué de faire remarquer. Il a répété qu’il créerait « 12 millions d’emplois » et rappellant que le pays enregistre un taux de chômage de plus de 8 %.

Bien que les sujets ne prêtaient pas à sourire, Mitt Romney s’est laissé aller à un brin d’humour qui est très bien passé : alors que Barack Obama déclare qu’il « ne fêtera pas devant 40 millions de personnes » ses 21 ans de mariage avec son épouse Michelle, Mitt Romney lui rétorque : « Je suis sûr que c’est l’endroit le plus romantique que vous pouviez imaginer, ici avec moi. »


Obama aux abonnés absents

Où est passé Barack Obama ? se demandent de nombreux commentateurs américains une heure à peine après le début du débat. Ton professoral, à la limite de l’ennui, il est apparu plus passif que d’habitude.

Les journalistes marqués le plus à gauche, n’ont pas été tendres, à la limite de l’énervement. Barack Obama n’a même évoqué la vidéo volée sur laquelle on voit le républicain pointer du doigt les « 47 % d’Américains », qui ont une mentalité de « victimes » et qui sont selon lui des assistés.

Une occasion en or, que Barack Obama n’a pas saisie. Presque toujours face caméra, distant et crispé, le président sortant s’est évertué à défendre son bilan. « Quand je suis entré dans le Bureau ovale, j’avais un déficit de plus de 1.000 milliards qui m’attendait. Et nous savons d’où il venait », a-t-il déclaré sans prononcé le nom de son prédécesseur Georges W. Bush. Il a insisté sur le fait qu’il avait crée « cinq millions d’emplois créés dans le secteur privé » depuis 2009 se faisant le défenseur de la classe moyenne.


Les classes moyennes, stars de la soirée

En effet, les classes moyennes étaient au cœur des discussions. Au centre de la campagne de Barack Obama, ce dernier les a caressées dans le sens du poil. « Vous allez tailler à la hache dans nos investissements dans les écoles et l’éducation », a-t-il déclaré à Mitt Romney, son plan de réductions des dépenses de Mitt Romney. « Concrètement, cela signifie une coupe de 30 % dans les programmes pour les personnes âgées dans les maisons de retraite, pour les enfants handicapés, et ce n’est pas une bonne stratégie ».

L’ancien homme d’affaires qu’était Mitt Romney, bienfaiteur de Wall Street et de la classe aisée, a lui aussi eu à cœur de défendre cette catégorie de la population, en accusant Barack Obama de vouloir amputer plus de 700 milliards de dollars du Medicare « programme d’assurance-maladie des séniors » pour financer l’assurance maladie universelle de Barack Obama.

Storytelling

Femmes et enfants étaient au premier rang dans la salle. La famille, vieux ressort de story telling à l’américaine a tenu sa promesse pour attendrir les téléspectateurs. La première phrase de Barack Obama a été adressée à sa femme. Au cours du débat, il a également évoqué sa grand-mère, décédée en 2008, pour démontrer l’importance des programmes sociaux.

Jim Lehrer, modérateur peu mordant

Pourtant vieux routier de l’information, le journaliste de PBS et animateur du débat, Jim Lehrer, est apparu absent, comme dépassé par ce qui se déroulait sous ses yeux. Ceux qui attendaient des questions mordantes qui mettraient en difficulté les candidats, ont été déçus. En cours de débat, un compte Twitter @SilentJimLehrer, a été créé pour se moquer de son manque de questions corrosives.

Source : Le nouvel Observateur

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