mardi , 26 mars 2019

Lansana Kouyaté serait-il lâché par ses ministres démissionnaires ?

Le débat politique national reste depuis deux semaines polarisé par la démission de deux ministres du gouvernement de la République, issus du Parti de l’Espoir pour le Développement National (PEDN) de l’ancien Premier ministre de consensus, Lansana Kouyaté, notamment Souleymane Cissé et Aboubacar Sidiki Koulibaly. Respectivement, ministre du Plan et ministre du Contrôle économique et financier.

Selon des informations corroborées par diverses sources, lors des échauffourées de ce 27 août 2012, c’est le leader de l’Union des Forces du Changement (UFC), Aboubacar Sylla, qui a proposé en représailles à leur « séquestration », le retrait des représentants de l’opposition dans toutes les institutions.

En réaction, le leader de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), Elhadj Cellou Dalein Diallo a, quant à lui, suggéré à Lansana Kouyaté de ne pas prendre des décisions hâtives pour retirer ses ministres du gouvernement en ajoutant : « un ministre est plus que dix commissaires à la CENI. »

Et quelques minutes après ces échanges de haute maturité, Monsieur Mamadi Condé et sa sœur Mme Kouyaté Fanta Condé se sont retirés avant de revenir réitérer cette décision relative au retrait de ces ministres du gouvernement. A l’instant, Lansana Kouyaté fera injonction aux deux ministres de rendre le tablier et d’accepter d’avaler la couleuvre avec lui.

Dans cette filature, nos sources indiquent, qu’à chaque dix minutes, soit c’est Lansana Kouyaté en personne ou Mme Kouyaté qui appelait les deux ministres surtout celui du Contrôle économique, Aboubacar Sidiki Koulibaly, en disant : « Monsieur Koulibaly, vous allez m’humilier devant les Guinéens ? Hé Koulibaly ! ». Ce cri de cœur de Kouyaté a été finalement entendu par les deux ministres qui ont ainsi rendu leur démission du gouvernement pour dit-on, le respect de la doctrine syncrétique de leur mandant.

De toute évidence et contre tout principe démocratique, le Bureau politique du PEDN n’a même pas été consulté pour ou contre cette décision. L’on se demande d’ailleurs qui gère ce parti. Et depuis que l’on a obtenu cette démission, ces deux cadres intègres se sont vus purement et simplement isolés, considérés comme persona non gratta. Est-ce dire que l’on a obtenu ce qu’on voulait et que ces derniers ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes ? En tout état de cause, il s’avère que depuis cet acte digne de la nouvelle école, ces ex-ministres n’ont plus eu un coup de fil ni de Kouyaté ni de « sa gouvernante ». Il convient pourtant de rappeler que Kouyaté lui-même a été nommé au poste de Premier ministre chef du gouvernement de consensus suite aux émeutes de janvier-février 2007 au cours desquelles la Guinée aura enregistré plus de 300 morts. Et quand ses projets de restructuration ont été bloqués par feu le général Lansana Conté, le mouvement social guinéen qui a proposé sa nomination au poste de Premier ministre lui a suggéré et demandé de démissionner pour que le printemps reprenne afin de ne pas compromettre les acquis ainsi obtenus au prix de sang, il a affirmé : « ceux qui pensent que je vais démissionner qu’ils se détrompent. Le mot démission n’existe pas dans mon vocabulaire.»  En revanche, aujourd’hui, c’est lui qui somme ses ministres de claquer la porte du gouvernement. Peut-on parler en effet d’insulte à la mémoire collective ?

Toujours est-il, assurent des sources concordantes et dignes de foi, loin d’avoir le moral en berne, ces deux ministres qui auraient d’ores et déjà fait savoir leur intention de démissionner du PEDN seraient actuellement sur le point de départ de ce parti. Cependant, au niveau du PEDN, l’on se refuse à tout commentaire relatif à ce sujet. Est-ce dire que Lansana Kouyaté serait lâché par ses ex-ministres ? En tout cas l’atmosphère s’avère délétère au sein de cette formation politique aujourd’hui. Si fait que d’autres cadres et non des moindres ayant été frustrés du fait qu’ils n’ont point été consultés avant cette décision, seraient en train de débrayer également, estimant qu’il n’y a plus de visibilité dans les prises de décisions au sein du PEDN. Est-ce la fin d’un précoce rêve utopique ?

Quoi qu’il en soit, aux dernières nouvelles, des informations font état d’une imminente dislocation de cette formation politique et ce, à cause dit-on, des divergences qui y règnent actuellement. Par ailleurs, en ce qui concerne le sort postérieur des deux ministres, l’on apprend qu’ils sont toujours dans la bonne grâce du chef de l’Etat qui d’ailleurs, reconnaît leurs compétences. Vont-ils donc très prochainement revenir dans l’équipe gouvernementale en tant que citoyens guinéens ?

D’après des indiscrétions en tout cas, cette hypothèse ne serait pas à exclure car les deux ministres bénéficieraient toujours de la confiance du chef de l’Etat mais aussi et surtout, leur démission du PEDN ne serait qu’une question d’heure maintenant. Toutefois, au moment où nous publions cet article, il semblerait que des caciques du PEDN avec l’appui de certains « sages » seraient en train de convaincre Kouyaté de revoir sa copie et de déplacer les tractations politiques ainsi que les débats qui en résultent. C’est-à-dire la fin de la recréation ? Au demeurant, il va falloir que ces deux ex-Ministres démissionnent du PEDN pour ainsi sauver leur carrière. Pour qui sonne enfin, le glas ?

Mohamed Kaba

 

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