lundi , 17 décembre 2018
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Guinée : Le Front d’Union pour la Démocratie et le Progrès demande l’implication de la communauté internationale (Déclaration)

Près de deux ans après l’élection qui a porté au pouvoir un civil, la Guinée est installée dans une dangereuse impasse politique. Plutôt que de travailler à la finalisation d’une transition démocratique, le pouvoir du RPG Arc-en-ciel a entrepris de réinstaller dans notre pays le système oppresseur de Parti-Etat totalitaire, fortement teinté d’ethnicisme et de division de nationalités.

Tous les acquis démocratiques des luttes antérieures du peuple de Guinée sont progressivement réduits à néant. Les médias publics sont totalement aux ordres du pouvoir au préjudice de la probité de la vérité, et de l’objectivité.

La liberté constitutionnelle de réunion et de manifestation est de fait supprimée. Les domiciles de dirigeants de l’opposition sont systématiquement violés.

C’est ainsi qu’un meeting du Comité de crise de Zogota auquel participait le FDP au Stade de Nongo a été violemment réprimé et empêchée le 25 août 2012. Une manifestation de l’opposition le 27 août à Conakry a été interdite et dispersée dans la violence. Les droits humains sont quotidiennement bafoués. Au même moment des contre manifestations sont organisés par la mouvance et une coordination dite « des jeunes du manding » à travers toute la ville de Conakry et aux frais du contribuable guinéen.

Fermement attachés au respect des libertés publiques, individuelles et collectives, nous condamnons énergiquement ces agissements contraires à la légalité républicaine à laquelle nous sommes attachés. En l’absence d’institutions démocratiques crédibles et d’une justice indépendante, le pouvoir exécutif est omnipotent. Des mis en cause des événements du 19 juillet 2011 innocentés par la justice sont toujours détenus. Plusieurs dispositions constitutionnelles importantes sont ouvertement violées par le pouvoir. Entre autres, la CENI à vocation paritaire et indépendante est réduite au rôle peu glorieux de simple exécutant de la volonté du gouvernement de se fabriquer une assemblée monocolore. Toutes nos propositions de recomposition et de restructuration de la CENI ont été rejetées par la mouvance présidentielle. Au contraire, nous avons plutôt assisté à une tentative dérisoire de «blanchiment » de cette CENI, totalement discréditée et inopérante, en se servant de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).

L’économie est au plus bas. Non seulement le nouveau pouvoir ne crée pas d’emplois, mais pire, il en détruit en masse par sa politique désastreuse et illisible. Les pertes d’emplois consécutifs aux fermetures d’entreprises se comptent par milliers. Ainsi, SOTELGUI le fleuron des entreprises guinéennes de télécommunications s’est éteint dans l’indifférence des autorités. Plus grave, à Fria, la direction du conglomérat russe RUSAL, bénéficiant manifestement de la complicité active du gouvernement, se comporte comme en territoire conquis, osant même empêcher les ouvriers de reprendre le travail! Toute une préfecture est entrain d’être réduite à la famine, à la mendicité et à la mort lente. L’incurie du pouvoir et son incapacité à satisfaire même partiellement les besoins élémentaires de la population, se manifestent à tous les niveaux. De larges couches de la population en ville comme à la campagne souffrent de la faim. Les maladies imputables à la malnutrition, au manque d’eau potable et d’hygiène emportent chaque jour des milliers de pauvres gens. Le choléra sévit à l’état endémique dans tout le pays, surtout à Conakry, ville-poubelle. Au plan de la gestion des finances publiques, le gouvernement traîne des scandales retentissants. L’ampleur des dégâts infligés à la fortune publique n’est même pas encore complètement connue à ce jour.  L’usage systématique et disproportionné de la force, la répression, les arrestations arbitraires et les actes d’intimidation constituent l’unique réponse du pouvoir, face aux revendications légitimes du peuple pour une vie meilleure, plus de liberté et de justice. Hormis les crimes régulièrement perpétrés contre des citoyens chez eux, attribués au grand banditisme, à Siguiri comme  a Zogota (Préfecture de Nzérekore) des détachements de l’armée ont été utilisés pour commettre des atrocités incroyables contre des habitants revendiquant leurs droits bafoués. Comme par le passé, aucune enquête sérieuse n’a été menée afin d’identifier et punir les auteurs de ces 7 assassinats avec plusieurs blessés ; assimilables à des crimes contre l’humanité. Des révoltes populaires sporadiques, voir même des conflits a caractère communautaire éclatent à travers tout le territoire pour protester contre la misère et l’abandon : Mamou, Kindia, Fria, Siguiri, Gaoual, Beyla, Galapaye, etc. faisant non seulement des dégâts matériels importants, mais surtout des morts et des blessés graves.

La dégradation de la situation politique, économique, sociale, sécuritaire est telle qu’un retour prochain à l’ordre constitutionnel est devenu illusoire. L’heure n’est plus au dialogue mais plutôt à la confrontation, alors que seul le pouvoir est armé. Si le cours actuel des événements n’est pas arrêté rapidement, notre pays est sous la menace d’une guerre civile aux conséquences incalculables, aussi bien pour son peuple que pour toute la sous-région. Dans ce contexte, nous lançons solennellement un appel à la communauté africaine (CEDEAO et Union Africaine) aux Nations Unies et à tous les pays amis de la Guinée, afin qu’ils s’impliquent de nouveau directement dans la résolution de la crise guinéenne, de concert avec tous les acteurs politiques et sociaux.  Le temps nous est compté.


Fait à Conakry, le  28 Août   2012

Le Comité de Coordination du FDP

Mamadou BAH Baadiko

 

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