samedi , 7 décembre 2019

Législatives : « Face aux manœuvres du pouvoir », Cellou Dalein appelle au soutien de la presse

« Dénoncer et arrêter les manœuvres du pouvoir dans son élan de perversion du document de sortie de crise proposé par le CNT », voilà le but de la rencontre restreinte tenue, ce mardi 21 août, par l’opposition guinéenne, regroupée au sein du collectif des partis politiques et de l’ADP, au siège du PEDN à Lambanyi, dans la commune de Ratoma.

Au sortir du huis clos entre Cellou Dalein de l’UFDG, Sidya Touré de l’UFR, Aboubacar Sylla de l’UFC et Lansana Kouyaté du PEDN ont, tour à tour, exprimé leur amertume et toute leur indignation face à ce qu’ils qualifient tous de « manœuvres dilatoires du pouvoir ».

Le leader du PEDN Lansana Kouyaté, d’un air furieux, confie: « Il nous est parvenu que des manœuvres sont en cours pour vider de son contenu le document de proposition de sortie de crise que le Conseil National de Transition ( CNT ) a soumis au président de la République. Trois points précis font l’objet de ce document. Premièrement, l’amendement de l’article 162 du code électoral qui a fait l’objet d’une loi entérinée par le président Alpha Condé. Deuxièmement, la recomposition intégrale et paritaire de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) et enfin la loi organique. Le tout suivi de l’accord politique avec les acteurs de ce paysage. Voilà, les 3 points consignés dans le document que la CNT a soumis au président.
Mais, à notre grande surprise, après des séries de pingpong, le CNT a été infiltré par des ONG, le patronat et on ne sait quoi d’autres. Et, le jour que le CNT devait tenir sa plénière, ce sont des corps externes qu’on vient greffer au CNT. Ils ont fait irruption dans la salle et il a été demandé à la présidente Hadja Rabiatou de les accepter. Ensuite, sur la question de la recomposition de la CENI, ils demandent que celui qui est décédé soit remplacé à savoir Ben Sékou. Et, si l’opposition représentée à la CENI, désir changer ses hommes, elle peut le faire. Et puis, le rajout de deux vice-présidents. Comment peut-on pervertir, diluer le CNT. Nous dénonçons très sérieusement ces manœuvres qui ne sont pas dignes d’un pays qui se veut démocratique ».

Sidya Touré d’enchaîner: « Je veux confirmer la narration de Kouyaté. Le CNT était entrain de jouer pleinement son rôle mais, le pouvoir vient phagocyter des individus et des organisations on ne sait venus d’où pour tripatouiller le travail du CNT. Pourtant, la proposition de la CENI pour une fois allait nous permettre d’aller rapidement aux élections législatives. Le président lui-même disait dans sa dernière communication que nous sommes dans la transition toujours. Alors, pourquoi on ne va pas privilégier le consensus ? Or, il nous faut un accord politique. Cela est dit dans le document du CNT pour sortir de cette crise qui n’a que trop fatigué les populations. Mais pourquoi, ils veulent gommer tout un paragraphe d’un accord politique d’un document ? Pour uniquement faire plaisir au président, pour lui permettre de tricher les élections législatives ? Alors, qu’ils sachent que nous sommes plus que déterminés à arrêter ces manœuvres qui relèvent d’un autre âge ».

Dans la foulée, le leader de l’UFC Aboubacar Sylla a lui auusi renchéri en ces termes : « Nous dénonçons l’incursion de l’exécutif dans le principe sacro-saint de la séparation des pouvoirs qui caractérise un régime démocratique. L’exécutif est entrain de faire incursion dans le fonctionnement des autres institutions de la République. Sinon, comment le pouvoir peut se permettre de greffer des organes consultatifs (Ong, associations…) au CNT. Tout ceci, c’est pour extirper les propositions faites par le CNT pour les remplacer par autres choses par des manœuvres dilatoires. L’objectif, c’est vider le document proposé par le CNT de son contenu pour que le président puisse choisir ce qui l’arrange et lui plait ».

Cellou Dalein Diallo de l’UFDG, mine crispée, charge le pouvoir : « Alpha Condé a un problème. Il veut à tout prix avoir une CENI à sa solde, maniable pour voler les élections. Il sait qu’il a déçu tout le monde car il n’a pas respecté ses promesses vis-à-vis des populations. Le CNT a pris l’initiative de rencontrer tous les acteurs de la vie politique afin de trouver la solution à la crise que traverse le pays. L’institution fait un travail qu’elle soumet au président, et contre toute attente, on apprend que c’est une commission montée de toute pièce par le pouvoir, à l’absence des conseillers du CNT, qui doit désormais produire un document selon la volonté du président pour une éventuelle sortie de crise. Cette commission est composée de Mansa Moussa, Dansa Kourouma qui fait office de rapporteur, Michel Kamano du Conseil Economique et Social, Hadja Rabiatou, présidente du CNT et Makalé Traoré, présidente de ladite commission. Comment ces gens peuvent se retrouver en catimini pour décider de la destinée de la Guinée. Ils veulent utiliser la CENI et le fichier électoral pour atteindre leur objectif. Mais, ils nous trouveront. C’est le moment que la presse dénonce ces manœuvres du pouvoir ». Et de conclure : « La marche du 27 août sera grandiose. Le peuple aura l’occasion d’exprimer son désaccord face aux manœuvres du pouvoir ».

 

Médiaguinee

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*