samedi , 20 juillet 2019

Affaire Mensalao : au premier jour du procès de la corruption, la défense sème le trouble

Le plus grand procès de corruption de l’histoire du Brésil entre, ce vendredi 3 août 2012, dans sa deuxième journée à Brasilia. La Cour suprême juge 38 personnes : des ex-ministres, des parlementaires, des entrepreneurs et des banquiers, tous impliqués dans un réseau présumé d’achat de votes au Parlement, orchestré par le Parti des travailleurs (PT) de l’ex-président Lula entre 2002 et 2005. Connue sous le terme de « Mensalao » (mensualités), l’affaire symbolise une pratique très répandue au Brésil : l’achat d’appuis politiques. Le procès va durer plusieurs semaines. A peine entamé, les premières polémiques apparaissent déjà.

Avec notre correspondant au Brésil, François Cardona

Plus de 40 millions d’euros détournés, et le schéma de corruption « le plus audacieux » que le Brésil ait connu. C’est en substance ce que le procureur général de la République aurait dû exposer devant les juges de la Cour suprême, lors de la première journée de procès, ce jeudi.
Une synthèse « coup de poing », résumant 50 000 pages de dossiers accumulés que le procureur n’a même pas eu le temps de présenter. Car à peine ce procès emblématique entamé, déjà la défense enfonçait ses piques dans la procédure et faisait gronder le juge rapporteur.

« Nous devons être plus rigoureux sur notre manière de faire dans ce pays, estime ce dernier. Je ne vois pas pourquoi on devrait débattre de nouveau de cette question, je trouve même cela irresponsable. »

En cause : la demande des avocats de la défense, qui souhaitent que les 38 accusés soient jugés séparément. S’ensuit alors une véritable joute verbale entre plusieurs juges de la Cour suprême. Un débat âpre, qui n’en finit plus… Après trois heures de discussion, les juges décident de continuer le procès.

C’est alors le soulagement dans le camp de l’accusation. Mais les avocats de la défense ont réussi à semer le trouble. L’avocat de Delubio Soares, ancien trésorier du Parti des travailleurs et maître d’œuvre du montage financier, se dit optimiste. « Delubio a toujours dit qu’il se sentait serein, rappelle-t-il. Il continue d’être ainsi, il est confiant. Il n’est pas préoccupé. »

Delubio, ainsi que les autres principaux accusés, dont trois anciens ministres, risquent néanmoins plusieurs dizaines d’années de prison, à l’issue de ce procès-fleuve qui est censé durer au minimum un mois.

RFI

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