jeudi , 18 avril 2019
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Syrie : Le dragon financier occidental fait des victimes

La grande vague de la crise économique qui a sensiblement frappé l’Union Européenne et les USA n‘a pas été maîtrisée que par l’application des seules grandes théories économiques ou autres innovations financières, selon nombre d’experts internationaux, y compris de l’occident.

Une des voies de sortie de crise pour Bruxelles et Washington, aura été, à coup sûr, les milliards du régime Kadhafi. Des milliards, naturellement versés aux vainqueurs après la guerre en Libye. Dans une autre mesure, ce sont les narco milliards venus de l’Afghanistan et qui ont « atterri » en Europe où, au plus fort de  la crise financière, ne se souciera pas de la couleur encore moins, senti l’odeur de cette manne financière issue de la « manipulation » de l’opium.

Les trous financiers constatés dans le budget de l’UE, ont créé en 2011 des disparités au sein de l’Union au point de se faire sentir beaucoup plus amèrement en Grèce et en Espagne. Heureusement que la crise a connu une certaine maîtrise grâce au soutien financier organisé de l’Europe occidentale par voie des retombées de la guerre contre la Libye ainsi que des plantations d’opium d’Afghanistan. Cependant les robinets de milliards de dollars de Libye et d’Afghanistan, bien qu’étant des crédits souvent « salutaires » présentés aux Grecs, ont tari.

Que faire face à la donne que constitue le cas de l’Espagne et la Grèce dont les économies étaient devenues chancelantes et qui réclament une assistance du trésor de l’Union ? On fera vite de solliciter les « penseurs économistes » de l’Europe.

Les « méninges » trouveront vite un certain nombre de variantes pour la sortie de crise :

– la première : se décider à un retour aux devises nationales pour ces deux pays ;

– la deuxième : inviter à une diminution des dépenses budgétaires des pays de la Communauté afin de faire faire au paiement des dettes au travers des réserves.

Mais, comment y parvenir ?

– la troisième variante sera une nouvelle guerre que les stratèges voient « victorieuse » d’avance. Ainsi, le monde sera détourné des problèmes de crise ca, on se sera fait de nouvelles sources du revenus.

Analysons ces trois variantes.

– Retour aux devises nationales pour ces deux pays : les Grecs vers la drachme et les Espagnols  vers la peseta, cela est une possibilité pour Bruxelles. Mais, seulement cela n’est ni dans ses intérêts, ni dans les intérêts des Etats-Unis. Le retour aux devises nationales pour la Grèce et l’Espagne, signifiera le début de la fin de toute l’eurozone et cela pourrait même constituer le début de la fin des finances formées dans le monde. L’eurodevise sera ébranlée à tel point, que Washington, avec son dollar, ne voudrait pas de cette variante.

– La deuxième variante de sortie de la crise, «se mettre la bride». Mais les citoyens grecs ont déjà exprimé par plus d’une fois, y compris dans les bureaux de vote, qu’ils ne sont pas prêts qu’ils ne sont pas prêts à une entente pour la réduction des salaires et des allocations sociales afin de payer la dette immense qui, comme l’épée de Damoclès, menace de la Grèce. En voyant que les Grecs expriment impétueusement leur mécontentement, il ne faut pas s’attendre à Bruxelles, « l’humilité du mouton » du côté des Espagnols. Personne ne veut, côté des Pyrénées, refuser ce à quoi on s’est habitué ces dernières années. Si Bruxelles presse, la situation peut déborder en conflit grandiose et même sanglant, en comparaison des troubles grecs passés.

– De cette façon, se dessine à l’horizon, une troisième variante : la guerre « victorieuse ». Elle semble nécessaire pour l’Occident maintenant comme l’air. Ce qui affermira sérieusement l’euro tout comme le dollar. Ainsi, aujourd’hui, on assiste tristement à un « nouveau donneur » pour le maintien des finances occidentales. Naturellement, il s’agit de la Syrie.

Avec la guerre préparée et mise en œuvre par l’Occident, la plupart des comptes syriens dans les banques européennes sont déjà gelés. L’Union européenne sera la première à annoncer le blocage des actifs de la Banque Centrale Syrienne. L’UE publiera ensuite l’information du gel des comptes de la femme du président Syrien et des autorités nationales du pays. Tout cela prouve à la fois, que les banques occidentales au moment opportun, vont ordonner les investissements qui leur seront avantageux. La situation dans ce pays s’apparente à 100 %, au cas libyen en 2011 quand l’UE et les USA ont ordonné le déblocage des milliards de Kadhafi pour fins que tout le monde connait. Un remake cynique, somme toute.

Quand le Président de la Syrie se trouvera ainsi entièrement privé de ressources se trouvant  en Occident, va commencer la phase active de l’opération militaire malgré les résolutions de l’ONU avec les vetos opposés.  Un vol dissimulé mais, qui ne dit pas son nom.

Ce n’est donc pas fortuit que la Russie se soit toujours opposée à une autorisation par le Conseil de Sécurité des Nations-Unies d’une intervention militaire en Syrie. De même que l’attitude de la Chine à refuser toute intervention armée dans le pays. Car au finish, le soutien des occidentaux aux rebelles pudiquement appelés « les militants de la démocratie », n’est plus ni moins, qu’une duperie visant à déstabiliser le pays.

On se souvient, à juste titre, d’un article de la presse occidentale avertissant qu’ « une haine passionnée du régime Assad n’est pas une garantie d’indépendance ». Et le confrère de dévoiler : « En effet, un certain nombre de personnalités du mouvement d’opposition syrienne sont des exilés qui recevaient des fonds du gouvernement américain pour déstabiliser le gouvernement Assad, cela avant même que le printemps arabe n’éclate » et que « Bien que le gouvernement des États-Unis n’a pas encore appelé à renverser Assad par la force, ces porte-parole sont les défenseurs de l’intervention militaire étrangère en Syrie et les alliés “naturels” des néo-conservateurs américains, qui ont soutenu l’invasion de Bush en Irak et qui font maintenant pression sur l’administration Obama pour intervenir ».

Un extrait d’article pour aider à la compréhension du martyre que subit le peuple syrien à propos de « ceux qui sont les plus abondamment cités sont les représentants officiels du Conseil National Syrien. Le CNS n’est pas véritablement le groupe d’opposition syrienne, cependant il est généralement reconnu comme la “principale coalition d’opposition”, selon les mots de la BBC. Le Washington Times le décrit comme “un groupe de coordination des factions rivales, basé en dehors de la Syrie”. Ce qui est certain, c’est que le CNS est le groupe d’opposition qui a les relations les plus fortes et les plus fréquentes avec les puissances occidentales et qui a ouvertement appelé à une intervention étrangère dès les premiers moments de l’insurrection. En Février 2012, à l’ouverture du Sommet des Amis de la Syrie en Tunisie, William Hague, a déclaré :  « Je vais rencontrer les dirigeants du Conseil National Syrien dans quelques minutes … Avec les autres nations, nous traiterons désormais avec eux et les reconnaîtrons en tant que représentant légitime du peuple syrien ».

Le plus ancien porte-parole officiel de la CNS est l’universitaire syrienne Bassma Kodmani, vivant à Paris. Citée par l’AFP, elle annonça que : « La prochaine étape doit être une résolution en vertu du Chapitre VII, qui autorise l’utilisation de tous les moyens légitimes, les moyens coercitifs, l’embargo sur les armes, ainsi que l’usage de la force pour obliger le régime à se conformer ».

Cette déclaration s’est traduite par le titre suivant “Les Syriens demandent l’aide des casques bleus armés” (Australie Herald Sun). Lorsqu’une action militaire internationale de grande envergure est demandée, il semble raisonnable de se demander : qui la réclame exactement ? Nous pouvons dire, tout simplement, “un porte-parole officiel du CNS”. Ou bien, nous pouvons regarder d’un peu plus près ». C’est tout dire.

En effet, le système capitaliste est porté par l’enrichissement des pays déjà riches avec à la clé, l’appauvrissement pays déjà pauvres en les conduisant dans une « prison pour dettes» au travers des créances éternelles. Aujourd’hui, il n’est pas donné à tout le monde de s’opposer à un tel système.

Le comportement hostile de certains pays à la guerre contre la Libye par exemple, a eu des conséquences comme la prolifération des armes dans la sous-région ou encore, la chute du Président Amadou Toumani Touré (ATT) du Mali avec son cortège de malheur que l’on connait aujourd’hui.

On peut courageusement dire qu’avec la campagne syrienne de l’Occident, cela peut signifier seulement ce que le système a perdu à nouveau le bon sens.

Cela rappelle la légende du dragon mythique à qui il faut faire des offrandes sacrificielles chaque année, pour qu’il n’attente pas à la vie des gens. Seulement dans le conte de fées, le bien était de vaincre le dragon par la bravoure du « chevalier héroïque ». Mais, quelque part, les corbeaux rodent dans les environs.

« Le dragon financier occidental » avale régulièrement les victimes et une fois « la bouillie » dans son estomac, commence le gargouillement caractéristique et il demande un nouveau butin.

Tant que la Syrie, avec l’aide de la Russie et de la Chine, résiste aux forces du mal, la crise pourrait continuer au niveau de l’Europe. Actuellement, Chypre demande de l’aide en dehors des Espagnols. Si le gouvernement chypriote ne trouve pas 1,8 milliards d’euros avant le 30 juillet, le système bancaire du pays – la zone off shore – plus grand dans le monde, pourrait s’écrouler. La Russie avait accordé à Chypre un crédit d’environ  600 millions d’euros à la fin de l’année passée [2011].

Malheureusement, cela n’a pas sauvé la situation et a même provoqué un mécontentement dans la société russe. L’argent a connu un usage comme le vent qui soulève le sable ; d’ailleurs comme cela est d’usage en Europe moderne. Chypre a demandé de nouvelles injections financières.

En Espagne et en Italie, les taux obligataires continuent à grandir, ce qui veut dire que des investisseurs espagnols et italiens traitent avec méfiance les cours [taux] gouvernementaux. Et la suralimentation des finances occidentales par la drogue d’Afghanistan permet de les stabiliser.

Récemment, une revue occidentale n’a pas hésité à porter des accusations contre l’UNODC d’entretenir la contrebande de l’héroïne d’Afghanistan dans les pays de l’Asie centrale. L’UNODC est l’Organisation des Nations Unies pour  la lutte avec la narcomanie et la criminalité. Les auteurs occidentaux accusent cette organisation qu’elle entretient le trafic de drogues à partir de l’Afghanistan avec l’assistance de la coalition de l’OTAN. Une filière qui permettrait de nourrir l’économie occidentale.

On est à espérer, tel le messie, la venue du « chevalier héroïque » qui, une fois pour toute, vaincra le fameux « dragon financier оccidental » pour la stabilisation du monde

Texte inspiré d’articles de presse

Dr Anna Sylla
Analyste Géo-Stratège

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