vendredi , 25 septembre 2020

Boubacar Barry : « Ma démission, Dadis Camara et mon avenir politique »

Le président démissionnaire du Parti National pour le Renouveau, PNR, Boubacar Barry, livre  à présent sa version des faits sur son départ inattendu, le weekend dernier, de toutes les instances du parti.

Dans une interview accordée mardi à la télévision privée Évasion Guinée, celui qui a porté les couleurs du parti à l’élection présidentielle annonce avoir jeté l’éponge  pour la simple raison qu’il n’était pas en adéquation avec certains membres du parti.

Barry fustige des comportements d’égo, nourris et entretenus par certains amis du primaire, du collège, voire d’université. Il estime que ceux qui l’ont poignardé dans le dos sont « jaloux de ce qu’il est et ce qu’il a ». Visiblement furieux contre cette attitude, Boubacar Barry qui dit ne pas être rancunier, annonce en même temps la fin de ses rapports avec ces amis de longue date. Il laisse circuler un nom. Lucien Guilao.

 

Pour se faire comprendre, Boubacar Barry emprunte une expression chère au capitaine Moussa Dadis Camara dont il réclame une amitié vieille d’au moins 40 ans. Il déplore des « dispositions machiavéliques et des mécanismes diaboliques » au sein du PNR. Il dit avoir été victime de trahison orchestrée par certains militants, au point de ne pas voter pour lui au scrutin présidentiel. Pour lui, ces militants étaient greffés au parti par opportunisme et pour un besoin de survie. Pourquoi a-t-il accepté ces individus ? Barry estime qu’un leader doit avoir le dos large et pourvoir composer avec tout le monde. Il ne cherche pas ses exemples ailleurs. « Beaucoup ont migré au PUP par le passé. Aujourd’hui c’est le RPG. Il y en a qui sont là par conviction et d’autres par opportunisme. Les leaders du RPG sont au courant de cela, mais il faut faire avec », se résigne-t-il.

Parlant de l’ancien président de la junte militaire, le Capitaine Moussa Dadis Camara, Boubacar Barry ne cache pas l’importance de ses relations avec ce dernier. Il reconnait que c’est sur conseils de celui-ci que l’idée de créer une formation politique est née. « Dadis est mon ami. C’est lui qui m’a demandé de regrouper des amis jeunes pour créer un parti. J’étais ministre d’Etat, j’étais en fonction et je ne pouvais pas apparaître politiquement. J’avais des obligations gouvernementales. Tout le monde n’est pas venu par conviction. Il y en a qui sont venus parce qu’ils pensaient qu’en venant au PNR, avec la paternité du ministre d’Etat qui est l’ami de Dadis, il y a un poste qui peut tomber. Dadis n’a pas donné un franc au PNR. Et n’a contribué d’aucune manière », dit-il.

 

Enfin, pour ce qui est de son avenir politique, Boubacar Barry calme le jeu. Nous n’en sommes pas là pour l’instant. Il ne pense pas prendre position au sein de la mouvance présidentielle ni à l’alliance Cellou Dalein Président. Il dit avoir répondu à l’appel du président de la République lors du discours de l’an 1 de son investiture par respect pour l’institution que celui-ci incarne. Pour l’heure, il écarte l’hypothèse de prendre la direction d’un nouveau parti. « Ce n’est pas possible que je bascule dans l’opposition ou la mouvance. Je souhaite bon vent au PNR. Je ne vais pas perdre mon temps à suivre les petites mesquineries. J’ai mis croix sur ces gens. »


Elie Ougna
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