mardi , 19 novembre 2019

Législatives : voici comment le pouvoir veut mettre au pas les gouverneurs et préfets

Sauf changement de dernière minute, les élections législatives auront lieu avant la fin de l’année. Le président Alpha Condé l’a confirmé à Paris la semaine dernière. En attendant, les tiraillements à propos de qui doit contrôler la CENI ou qui doit réviser le fichier électoral se poursuivent.

L’opposition regroupée au sein du Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition et l’Alliance pour la démocratie et le progrès, reste accrochée à sa démarche obsolète. Les manifestations de rue et journées ville morte qui ne tiennent plus la route.

C’est dans ces conditions abracadabrantes, où les parties impliquées dans l’organisation des élections législatives peinent à s’entendre sur un minimum de paramètres, que le pouvoir concocte une idée pour s’accaparer de tous les administrateurs territoriaux dont leur rôle dans ce processus est loin d’être négligeable.

Le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation va très prochainement évaluer les gouverneurs, préfets et tous les administrateurs territoriaux du pays. L’on ignore comment cette évaluation va-t-elle se dérouler. Une seule hypothèse parait cependant plausible. Ils ne s’installeront pas dans une salle de classe, bic, crayon, gomme et papier sur la table, pour composer dans une matière en rapport avec l’administration territoriale.

L’évaluation dont il s’agit a pour but, à priori, de se débarrasser des administrateurs moins performants, politiquement.

Ne seront recalés et évincés que les administrateurs proches de l’opposition ou jugés comme tels. Malheur à ceux qui laisseront l’opposition sillonner tranquillement leur juridiction sans être inquiétés.  Gare à ceux qui se révèleront, maladroitement, incapables de mobiliser leurs sujets pour la cause du RPG Arc-en-ciel. En ce moment là, le résultat de l’évaluation sera publié. Quitte à ce qu’il soit au compte goûte, au gré des évènements politiques sur l’étendue du territoire national.

Les exemples sont légions. On a dissout des conseils communaux et des conseils de quartiers jugés à tort ou à raison, proches des partis d’opposition, pour les remplacer par des éléments zélés, qui ne jurent que par le parti au pouvoir. La présidente du conseil de quartier de Lansanayah Barrage est certainement bien placée pour prévenir les gouverneurs et préfets. Parce que le parti Guinée Pour Tous d’Ibrahima Kassory Fofana a tenu un meeting dans son quartier, elle a été balayée et remplacée par d’autres responsables, peut-être plus courageux, capables de barrer la route à « tout fauteur de troubles ».

Le message est donc parti. L’évaluation n’est ni plus ni moins qu’un stratagème pour mettre au pas les gouverneurs et préfets.

 

Note de la Rédaction: Photo : Alhassane Condé, ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation.


Fatoumata Kéita
Kaloum Presse

contact@kaloumpresse.com

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*