samedi , 23 février 2019

La destruction des mausolées de Tombouctou au Mali suscite inquiétude et indignation en Guinée

La démolition des mausolées et la profanation des lieux de culte musulman de la ville de Tombouctou par des islamistes du groupe Ansar Dine suscite inquiétude et indignation chez de nombreux habitants de la capitale guinéenne, a constaté xinhua sur place.

Ces réactions émanent aussi bien des milieux intellectuels que de simples citoyens lambdas. Ainsi M. Diallo, professeur de droit dans une université de Conakry juge cette destruction des mausolées des saints de Tombouctou « indécente et immorale ».

Notre interlocuteur qui est d’obédience musulmane regrette que ces actes soient commis au nom de l’Islam, qui pour lui est pourtant une religion qui prêche « la tolérance ».

Mohamed Soumah est ingénieur agronome reconverti en promoteur immobilier. Il fait partie de ceux que le dernier développement de la situation dans le nord du Mali a outrés. « Le comportement des islamistes d’Ansar Dine qui se livrent à la démolition des mausolées de saints vénérés par des communautés musulmanes de l’Afrique subsaharienne relève à mes yeux de la barbarie », lance Mohamed Soumah.

Ce quinquagénaire ne cache pas son pessimiste quant à voir le gouvernement central de Bamako reprendre la main dans le court terme dans cette partie septentrionale de son territoire.

Cela fait maintenant plusieurs semaines que les habitants de cette région couvrant Gao, Kidal et Tombouctou, villes annexées par ces groupes islamistes sont soumises à la charia islamique. Subissant leur sort avec impuissance.

Cette actualité alimente également les causeries dans les cafés de la capitale où les clients entre deux gorgées commentent cette destruction de mosquées construites il y a plus de 5 siècles et des mausolées renfermant les restes des saints avec amertume.

Les gens d’ici nourrissent un grand intérêt pour ce qui se passe au Mali, un pays voisin de la Guinée. La plupart ont en effet un proche parent ou un ami vivant au Mali. Preuve que les liens sont forts entre les populations de ces deux pays, surtout celles de la région de Kankan située à moins de 300 kilomètres du territoire malien. Une partie du mandingue médiévale qui s’étend de cette partie nord de la Guinée au Mali. Ce jusqu’au Burkina Faso.
La condamnation est quasi unanime chez de nombreux habitants de Conakry où l’on suit avec intérêt le « recul » enregistré dans la gestion de l’Etat malien dont le caractère démocratique était envié dans la sous région.

Xinhua

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