mercredi , 11 décembre 2019

Affaire 1999 carats- Sékouba Konaté : Extrait de l’audition de Bouna Kéita à la barre

Kaloumpresse vous livre un extrait de l’audition de Bouna Kéita, accusé de diffamation au préjudice du Général Sékouba Konaté et Roda Fawaz, le mardi 26 juin dernier, au Tribunal de Première Instance de Kaloum.

Le Président du tribunal : M. Bouna Kéita, comment l’affaire de diamant  s’est-elle passée entre vous et le Général Sékouba Konaté ?

Bouna Kéita : (…) J’ai reçu un appel téléphonique venant  de l’ex-président  de la transition le Général Sékouba Konaté me disant d’aller le voir.  Et qu’il aurait appris que  j’ai des diamants. Il m’a dit quand je sors du  pays il va me couper la tête. Je me suis présenté  immédiatement  chez lui  à 23h45mn avec mes diamants. Arrivé, j’ai trouvé le Général Boundouka  Condé, le Général  Mamadou Korka Diallo et plusieurs autres officiers. C’est à 1h du matin que j’ai voulu quitter les locaux  de la résidence du président. Mais le Général Sékouba  Konaté m’a dit de laisser les  diamants  avec lui et qu’il va les confier à une personne de confiance.

M. le président  j’avais l’espoir de retrouver mes diamants dans les meilleures conditions. Je me suis présenté à la résidence du président où il m’a quitté pour la ville.  Après, je suis allé le trouver. C’est en ce moment  qu’il  a ordonné à « de Gaulle »  de m’accompagner  chercher les diamants chez Roda Fawaz. Arrivé sur les lieux, j’ai constaté la présence des acheteurs de diamants. Et sur place, je me suis  jeté sur lui et j’ai pu lui retirer une partie.

Les  diamantaires et « de Gaulle » m’ont supplié  de  laisser les diamants avec  Fawaz. Je suis reparti voir le président. C’est là que « B-52 » m’a dit de laisser cette affaire de diamant.

Le lendemain j’ai été informé  que Fawaz à voyagé sur le Maroc. Alors monsieur le président depuis ce jour, je n’ai jamais  tenu des propos  ou accorder une interview à une radio  de la place ou un organe quelconque.  J’ai refusé toutes invitations des journalistes  concernant ce sujet de diamants.

Monsieur le président,  c’est après que je suis allé rencontrer le président Konaté pour lui demander de me prêter un montant de 600 millions de francs guinéens pour  battre campagne aux élections présidentielles de 2010. Pour la deuxième fois, je lui ai dit de me donner  10.000 dollars US pour qu’au retour de M. Fawaz en Guinée, je les lui rembourser. 

Le Président du tribunal : Vous n’avez pas  accordé une interview à un site d’internet ou de journal écrit  en tenant des propos diffamatoires à l’encontre de l’ex-président Konaté et de Fawaz ?

Bouna Kéita : Non monsieur le président.

Le Président du tribunal : A combien pouvez-vous  estimer le prix de vos diamants ?

Bouna Kéita : 2 millions de dollars US.

Maître Frederick Sidibé (Avocat de Roda Fawaz) :   Est-ce que vous pouvez nous  déterminer la qualité de vos diamants ?

Bouna Kéita :
Je n’ai pas la réponse à cette question.


Maître Frederick Sidibé : Est-ce que vous avez des papiers  qui vous permettent d’exploiter les diamants en Guinée ?


Bouna Kéita : (Il refuse de répondre).


Maître Rafi Raja (Avocat de Bouna Kéita) :
Mon client  n’a pas droit de répondre à toutes ces questions. Le dossier  du ministère  public contre M. Bouna Kéita  est une  infraction ordinaire  qui est reprochée  à un citoyen ordinaire qui  répond devant la loi. C’est au  ministère public de faire un lien entre les faits et  un prétendu dommage. La suite sera tout à fait ordinaire pour moi. Je crois que la partie civile  veut distraire la galerie. Nous avons  plusieurs fois demandé  au président de  recentrer le débat, puisse  qu’on nous reproche d’avoir  diffamé quelqu’un.  On ne nous reproche pas  d’avoir donné ou d’enlever, de prêter  de diamants. Mais  on nous reproche d’avoir diffamé. Quoiqu’il en soit, tout tourne au tour du diamant. Mais la question principale est la  diffamation.

Rendez-vous le 3  juillet prochain pour la suite des débats.

Un décryptage de Sidiki Mara
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