lundi , 17 juin 2019

Ils passent devant le CNT sans convaincre

Comme nous l’annoncions ce matin dans l’une de nos dépêches, le ministre de l’Economie et des Finances, Kerfala Yansana, et son collègue des Mines et de la Géologie, Mohamed Lamine Fofana sont passés ce jeudi devant les membres du Conseil National de Transition.

L’exercice consistait à donner des explications sur la présumée tentative de détournement de 13 milliards de francs guinéens aux finances et la convention de prêt signée en avril 2011 entre la Guinée et la société Palladino Capital 2 Ltd.

La présidente du CNT Hadja Rabiatou Serah Diallo a campé le décor à l’entame de l’audition en indiquant que l’exercice n’est pas une chasse aux sorcières. Elle a précisé que le but est de permettre à son institution de mieux apprécier la gestion publique assurée par les gouvernants. « C’est notre mission et notre responsabilité communes car nous sommes tous comptables des résultats positifs et négatifs de la gestion politique, économique e sociale de notre pays ».

Le ministre de l’Economie, très fâché suite aux révélations de la presse, a invité les médias à de la responsabilité et au respect du prochain. Il a affirmé que les journalistes ont dépassé l’acceptable. En révélant l’accord qu’ils ont secrètement scellé avec Palladino ? Mystère.


13 milliards GNF : certains auteurs en cavale

Parlant de l’affaire des 13 milliards de francs guinéens, l’argentier a indiqué que la tentative est l’œuvre d’un circuit parallèle piloté par des agents tapis aux Finances, au Trésor et à la Banque centrale. Il a révélé que ce réseau trouve des ramifications dans certains ministères techniques qui déclarent avoir reçu des bordereaux.

« J’étais en mission. Dès que j’ai appris la nouvelle j’ai demandé de saisir la gendarmerie. Parce que si on prend des inspecteurs, ils s’arrangeront avec les inspectés. Nous espérons que notre Justice se grandira à travers cette affaire pour la transparence soit une culture dans notre pays », a souhaité Yansané. Selon le patron des Finances, l’opération avait permis à ses initiateurs de décaisser 3 milliards de francs guinéens dont 2,5 ont pu être recouvrés à date.  « Les personnes concernées sont en fuite mais on fera tout pour les arrêter. Faisons confiance naïvement à notre Justice en espérant qu’elle fera la lumière dans cette affaire ».

Pour clore ce chapitre, Yansané a déclaré être informé de tractations visant à étouffer le dossier. Pour lui, la stratégie pour ces personnes consiste à mettre à avant le très critiqué accord avec Palladino.

25 Millions USD : un prêt qui sera remboursé

Kerfala Yansané a indiqué que le prêt consenti avec la société sud africaine visait à appuyer l’opérationnalisation de la Société guinéenne de patrimoine minier (Soguipami). Il dit ne pas comprendre pourquoi la presse en fait sa Une. Les média sont libres de dire ce qu’ils veulent, s’est-il défoulé.

Chemin faisant, Yansané a même révélé que l’Etat guinéen, à travers toujours la Soguipami, a contracté un autre prêt de 150 millions de dollars pour toujours aider cette institution dans son fonctionnement. Cet accord n’est pas aussi passé par le CNT. « Ce créancier (Palladino) a eu des prétentions erronées sur les mines guinéennes. On a dit à la Soguipami de rembourser le prêt ».

Dans cette même position défensive, le ministre des Mines et de la Géologie a déploré qu’ils soient accusés par certains organes de presse de détournement du prêt contracté auprès de la société de Walter Henning. « On a signé l’accord et on ne le regrette pas. Dire que nous avons aliéné les actifs miniers de notre pays c’est trop dire. Personne ne sera dans la Soguipami », a tempéré Fofana.

Selon le patron des mines guinéennes, la fuite dans la presse provient du prêteur qui a sollicité, peu avant la diffusion du Sunday Times, deux blocs dans l’offshore guinéen. « Je leur ai dit que nous voulons lancer un appel d’offre international. Mais je leur ai aussi dit que, comme dans la pratique, la taxe à payer variera entre 3 million d’euros et 15 millions d’euros. Quatre jours après, cet article est sorti », a-t-il relaté.

A la question de savoir pourquoi l’accord n’a pas été soumis au CNT pour ratification et si, effectivement, la signature de Yansané a été imitée par les présumés voleurs, les deux ministres ont pris congé en promenant de répondre par voie écrite.


Elie Ougna
Kaloum Presse

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