lundi , 21 octobre 2019

La Guinée veut s’inspirer de certains modèles de réconciliation en Afrique

L’Organisation Internationale de la Francophonie et le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme (HCDH) viennent d’organiser, à Conakry, un séminaire de partage d’expérience sur le thème « Le processus  de réconciliation dans les pays sortant d’une crise : en jeux, défis et perspectives ». 
Des experts venus du Togo, Burundi, et d’ailleurs ont pris part à ce séminaire, tenu du 19 au 21 juin,  dont l’objectif était de mettre à la disposition des acteurs guinéens des outils sur les processus de réconciliation, échanger sur les enjeux et les défis liés à ce processus.

La Guinée éprouve un besoin de réconciliation. Les injustices commis par les différents régimes qui se sont succédé depuis l’indépendance du pays en 1958 ont contribué à fragiliser le tissu social.

Du tristement célèbre Camp Boiro aux tueries survenues en 2010 durant la présidentielle, en passant par la répression sauvage du 28 septembre 2009, prouvent à suffisance, si besoin en était, que les autorités doivent s’impliquer dans un véritable processus de réconciliation nationale.

Le Co-président de la Commission provisoire de réflexion sur la réconciliation, Monseigneur Vincent Coulibaly,  reconnait le besoin éprouvé par tous les Guinéens d’aller de l’avant et de se réconcilier entre eux. « Nous reconnaissons que notre jeune démocratie est encore fragile  et que  notre histoire est jalonnée de regrettables faits majeurs de violations de droits humains, hérités de ses profondes divisions et  de méfiances politiques et sociales », a indiqué l’homme de l’Eglise.

« Nous avons la lourde responsabilité d’œuvrer, sans relâche, pour ressouder nos communautés entre elles, et nos communautés avec l’Etat. Cela, pour pouvoir construire un Etat de droit respectueux », conseille-t-il.

Dans cette démarche,  le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme et l’OIF entendent accompagner la Guinée. Yves Bounkipessi, Représentant du HCDH est précis. « L’originalité d’un processus de réconciliation dans un pays sortant de crise réside dans l’utilisation minutieuse de mécanisme judiciaire et non judiciaire débouchant sur des garanties de non répétition.  Le bureau du HDCH s’est engagé à fournir à la Commission provisoire, les moyens techniques, logistiques et financiers  pour la réussite de sa mission », dit-il.

Anthony Kwaku  Ohemineng-Boamah, Représentant du Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD), conseille aux Guinéens de se prémunir de vérité et de patience pour aboutir à une réconciliation sincère et durable. « La réconciliation nationale ne se décrète pas. Elle exige du temps pour la cicatrisation des blessures et de deuils.  Elle repose sur le droit à la vérité, le droit à la justice, le droit à la réparation ».
Le Représentant du PNUD,  la Guinée doit aujourd’hui adoptée une démarche politique  qui prend en compte à la fois des valeurs d’efficacité, de sagesse et d’objectivité.

Sidiki Mara
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