vendredi , 17 août 2018
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La société Civile pointe du doigt des violations graves des droits humains

L’Alliance des Organisations de la Société Civile  vient de publier un rapport  dans lequel elle déplore des violations  graves des droits humains en Guinée forestière où 53 villageois  sont détenus dans  une prison, après avoir été jugés suite à un  conflit  domanial qui a dégénéré dans la localité  de Saoro faisant 1 mort et plusieurs blessés, il y a environ 4 mois.

Ces détenus vivent  dans des conditions extrêmes de précarité avec une alimentation insuffisante et de mauvaise qualité, dans un dortoir surchargé  avec une toiture délabrée qui coule, selon le rapport de la société civile.  Le rapport signale au passage l’extrême précarité  de vie  que mènent les 174 enfants de 15 ans maximum dont les parents sont détenus à la prison civile de Yomou.  Des enfants confrontés à une insuffisance alimentaire, au phénomène  de la déscolarisation, l’insécurité, la maladie et la sexualité précoce.

Les populations de Saoro  reprochent à la SOGUIPAH (Société guinéenne de palmiers à huiles et d’hévéa) d’expropriation de façon unilatérale des paysans du district sur leurs terres et plantations.  Cette société  agroindustrielle a pour vocation le développement d’un  programme  d’aménagement agro-industriel axé sur les cultures de palmiers à huile, d’hévéa et de riziculture irriguée.  Et la mise en œuvre d’un programme de développement socio-économique des communautés autochtones victimes de prélèvement de leurs terres ancestrales.

La société civile dans son rapport, rappelle que depuis près de deux décennies, la Guinée forestière  témoigne de plus en plus sa vulnérabilité au déclanchement de la violence. Le premier et le plus important conflit d’envergure a éclaté en juin 1991 dans cette région.  Ce conflit d’origine politique a été  instrumentalisé au plan ethnique et a abouti  à des affrontements  entre autochtones (Manon, Kpèlè et Loghoma) et allogène (Koniaké et Malink) n souligne le rapport.

Depuis cette date, on y enregistre  d’intermittents conflits ethniques et de grandes violences.  Au niveau de  la nature des relations sociales est telle que moindre incident peut conduire à une recrudescence de violence  est la résultante  de la combinaison  de plusieurs  facteurs  sont la modification du code foncier domanial, les populations ayant été dépossédées de leurs terres au profit de l’Etat, les rivalités intra et inter ethniques persistantes souvent liées aux droits fonciers ou aux considérations ethniques et religieuses persistent encore.  Avec une population de plus en plus jeune mais peu formée et  désœuvrée.  D’une manière générale,  75% de la population guinéenne ayant moins de 35 ans.  Avec un taux de scolarisation est inférieur à 70%  et seulement 35% de la population peut lire et écrire. «  Ce   manque d’éducation et de formation professionnelle laisse à la jeunesse  des opportunités réduites d’avoir le pain quotidien et d’aspirer à un avenir meilleur.  Cette population est donc  sujette à toutes les manipulations », selon l’Alliance des Organisations de la société civile.

La présence des jeunes non démobilisés provenant des récentes guerres fratricides du Libéria, de la Sierra Léone, de la Côte d’Ivoire est un autre facteur aggravant de cette vulnérabilité.

Le Démocrate

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