vendredi , 16 novembre 2018

La Guinée et le Niger affichent leur fermeté face aux dossiers maliens et Bissau-guinéen

Les présidents guinéen et nigérien ont réitéré samedi leur volonté de traiter avec intransigeance les juntes militaires en Guinée-Bissau et au Mali ainsi que la rébellion touareg et les mouvements islamistes au Nord Mali.

C’est au cours d’un meeting géant organisé en l’honneur du président Mahamadou Issoufou en visite d’Etat de 48heures à Conakry que les deux hommes, devant une foule mobilisée à l’occasion, ont exprimé leur volonté d’unir les forces pour pacifier la sous-région ouest-africaine.

Alpha Condé, en premier, a d’abord loué le courage de son homologue du Niger pour avoir dit au G8 à Deauville qu’une intervention militaire en Libye engendrerait deux conséquences majeures. La somalisation de la Libye et la prolifération des armes dans la région. Selon lui, l’usage de la force a entrainé une situation chaotique à Tripoli, avec à la clé, des tribus qui se battent à longueur  de journée. Il a ensuite appelé à une mobilisation de ressources financières et matérielles en faveur du Niger pour l’appuyer dans la résolution de ses situations intérieures et l’aider à l’unification du Mali.

« Sur le plan africain, nous sommes opposés au coup d’Etat au Mali comme en Guinée-Bissau. Nous avons refusé de reconnaitre le capitaine Sanogo. Nous avons refusé qu’on lui donne le titre d’ancien président. Nous avons refusé l’humilité présidentielle », a affirmé le président guinéen, ovationné par ses concitoyens.

Le locataire de Sèkhoutoureyah (nom du palais présidentiel de la Guinée, ndlr) a par ailleurs condamné le coup de force de la junte en Guinée-Bissau, estimant qu’on ne doit imposer un homme au pouvoir par force parce qu’il a bénéfice de son soutien au premier tour d’un scrutin. « Nous avons refusé le gouvernement qu’on est en train d’imposer au peuple de Guinée-Bissau. C’est le peuple qui doit désigner son président. On ne peut pas le mettre dehors quelqu’un qui a eu 41% ou 42% pour installer quelqu’un parce qu’il a été son candidat au premier tour », a-t-il dit.

M. Condé a conclu ses propos en appelant à une intervention armée au Mali pour déloger le Capitaine Sanogo. « Il faut intervenir militairement à Bamako comme l’Afrique du Sud l’a fait au Burundi pour assurer la sécurité des hommes politiques. Comment peut-on rentrer dans un palais présidentiel et malmener un président ? », s’est-il interrogé.

Le président Nigérien a aussi appelé à l’union et à un engagement des dirigeants du continent pour venir à bout des récalcitrants qui s’agitent et perturbent la quiétude dans la sous-région.  « Depuis notre tendre enfance nous raisonnions en Africain parce que nous savions que l’union fait la force », a-t-il introduit. Mahamadou Issoufou s’est dit convaincu qu’ils sont sur la bonne voie en ce qui concerne leur politique d’intégration sous-régionale. « Nous sommes sur la bonne voie », a assuré le numéro un nigérien. « L’heure est venue pour nos pays de prendre en charge leur problème commun de façon collective. Ils se doivent de renforcer l’organe d’intervention pour le renforcement de l’intégration à tous les niveaux. », a conseillé Issoufou.

Il a renouvelé la confiance placée au président Alpha Condé pour la médiation dans la crise bissau-guinéenne. Parlant du Sahel et de la prolifération des groupes djihadistes dans La zone il a été on ne peut plus clair. « Nous avons le plus grand intérêt à avoir des positions communes fortes pour la défense de l’intégrité du territoire malien et la sauvegarde de la démocratie dans ce pays. Nous devons nous engager dans la construction de réelle capacité de sécurité collectives à l’échelle régionale pour assoir une paix durables et de démocratie apaisée ».

La visite de Issoufou prend fin dimanche. le départ de Conakry est prévu aux environ de 8h. Mais avant, sa délégation composée  du  ministre d’Etat chargé des Affaires Étrangères et de la Coopération, celui de l’Aménagement Territorial et de  29 conseillers techniques va peaufiner avec le gouvernement guinéen les nouvelles axes de coopération entre les deux pays.

Elie Ougna
contact@kaloumpresse.com

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