vendredi , 30 octobre 2020

Mali : 25 Burkinabè tués dans un village lors d’affrontements intercommunautaires

25 Burkinabè auraient été tués dans un village du Mali, lors d’un conflit intercommunautaire entre Dogons du Mali et peuls originaires du Burkina. L’absence d’administration du côté malien n’aide pas à la résolution du conflit, et des centaines de Peuls affluent vers le Burkina Faso.

Instabilité et violence au Nord, crise politique à Bamako et désormais conflits intercommunautaires frontaliers, la situation Mali se dégrade de jours en jours. Un conflit a en effet éclaté dans le village de Sari (dans le centre du pays), entre Peuls originaires du Burkina Faso et des Dogons maliens.

Bilan : 25 Burkinabè ont été tués entre le mardi 22 et le jeudi 24 mai. C’est ce qu’a déclaré jeudi le ministre burkinabè de l’Administration territoriale, Jérôme Bougouma.

Ces affrontements entre agriculteurs dogons du Mali et éleveurs peuls originaires du Burkina ont entraîné « un afflux de réfugiés » peuls vers le Burkina, a déploré le ministre. Une information confirmée par Abdoul Ouarma, correspondant de l’Agence d’information du Burkina (AIB) à Titao, dans la région nord-ouest du Burkina. « Nous avons commencé à accueillir des centaines de réfugiés venant de Sari », a-t-il expliqué, précisant qu’entre 800 et un millier de Peuls se sont réfugiés dans des villages proches de la commune burkinabè de Banh, à 30 km du village de Sari.

« Chasse à l’homme »

« Les réfugiés expliquent que leurs domiciles ont été encerclés par les Dogons après que les Peuls ont protesté pour le fait que les agriculteurs dogons ont semé sur des périmètres réservés au passage des troupeaux d’éleveurs peuls », a rapporté le journaliste.

« Il me semble que la chasse à l’homme se poursuit et nous risquons d’enregistrer davantage de réfugiés », a pour sa part averti un responsable au gouvernorat de la région nord du Burkina.

Pour mettre un terme au conflit, encore faudrait-il que l’administration malienne soit encore en poste. « Du côté malien, on n’a pas d’interlocuteur afin de mener des négociations pour un retour au calme, toute l’administration est partie donc on se contente de dire aux réfugiés de ne pas aller lancer des attaques à Sari et de revenir s’installer au Burkina », a expliqué la source au gouvernorat.

Selon ce responsable régional, la crise au Mali a envenimé les récriminations contre les populations burkinabè ou d’origine burkinabè. En cause : des allégations relayées au Mali sur la présence de ressortissants burkinabè lors d’affrontements récents entre des éléments de l’ex-junte et des fidèles du président Amadou Toumani Touré, renversé le 22 mars par un putsch.

Jeune Afrique Avec AFP

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