lundi , 16 décembre 2019

Jean-Marc Ayrault nommé Premier ministre

François Hollande a nommé mardi Jean-Marc Ayrault, un modéré à la fibre germanophile, au poste de Premier ministre au terme d’une journée d’investiture marquée par la volonté du nouveau président de respecter à la lettre la Constitution de la Ve République après « l’omniprésidence » de Nicolas Sarkozy.

La nomination du chef de file des députés socialistes, qui était attendue et avait été éventée par Jean-Pierre Jouyet mardi matin sur RTL, a été annoncée peu avant 17h00 sur le perron de l’Elysée par le nouveau secrétaire général de la présidence nouvellement nommé, l’ex-préfet Pierre René Lemas.

Les noms de Martine Aubry et Manuel Valls avaient également circulé pour ce poste que François Hollande entend réhabiliter.

Le député-maire de Nantes, âgé de 62 ans, est un proche du président socialiste qui, en choisissant un homme de consensus aux fortes convictions européennes, a voulu souligner deux des lignes de force de son mandat: le rassemblement national et la construction européenne.

Avant de quitter Paris pour Berlin, où il doit s’entretenir avec Angela Merkel de la crise grecque et des moyens de relancer l’économie européenne, notamment, François Hollande a chargé Jean-Marc Ayrault de nommer un gouvernement.

L’organigramme de la nouvelle équipe gouvernementale, qui devra ménager un savant équilibre entre les diverses sensibilités de gauche et la parité hommes-femmes voulue par François Hollande, sera dévoilé dans la journée de mercredi.

La passation de pouvoirs entre François Fillon et son successeur est prévue mercredi matin à Matignon.

LES LÉGISLATIVES POUR PREMIER DÉFI

Le premier conseil des ministres de l’ère Hollande est prévu jeudi, « pas avant la fin de matinée, voire le début d’après-midi », a-t-on précisé mardi dans l’entourage de François Hollande. Les passations de pouvoirs dans les différents ministères sont programmées jeudi matin.

Lors de son discours d’investiture à l’Elysée, François Hollande a déclaré qu’il fixerait les priorités, mais « ne déciderai pas de tout, pour tous et partout ».

« Conformément à la Constitution, le gouvernement déterminera et conduira la politique de la Nation », a-t-il affirmé.

Jean-Marc Ayrault sera également chargé, en tant que chef de la majorité, de mener la bataille des élections législatives des 10 et 17 juin pour donner « une majorité solide » au nouveau chef de l’Etat.

Félicitant Jean-Marc Ayrault pour une nomination qui « met fin à dix ans de pouvoir de la droite », le secrétaire national du Parti communiste français, Pierre Laurent, souligne que « les urgences du pays sont grandes ».

« Chaque mesure qui ira dans le sens de plus de solidarité et de progrès social trouvera notre soutien. Nous serons tout aussi exigeants et déterminés chaque fois que ce ne sera pas le cas », dit-il dans un communiqué.

Ségolène Royal, ex-compagne de François Hollande et candidate du Parti socialiste à l’élection présidentielle de 2007, s’est réjouie sur BFM TV de la nomination « d’un homme d’une très grande qualité, d’une très grande probité, qui connaît parfaitement les rouages de l’Etat, qui est aussi un élu local plébiscité sur son territoire ».

Pour l’UMP, ce choix est un premier « manquement » du chef de l’Etat. Le parti de Nicolas Sarkozy rappelle que Jean-Marc Ayrault a été condamné en 1997 pour favoritisme. L’intéressé affirme que sa probité personnelle n’a jamais été mise en cause.

« François Hollande a dit ‘nous aurons maintenant une République totalement irréprochable, je ne m’entourerai pas de personnes ayant fait l’objet d’une condamnation' », a dit la ministre UMP Nadine Morano sur France Info.

« Et le premier acte qu’il pose le jour de sa prise de fonctions à l’Elysée, c’est de nommer une personnalité qui lui-même a évoqué cette condamnation », a-t-elle ajouté.


Reuters

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